samedi, 25 novembre 2017
 

MALI : quand l’impérialisme français prétend venir secourir la veuve et l’orphelin Adresse au Président de la République française

Communiqué du Parti de gauche - Paris le 1er octobre 2012

Car lorsque Monsieur le Président de la République française François Hollande vous vous exprimez lors d’une réunion destinée à justifier une intervention de la CEDEAO avec le soutien de la France, vous mettez en avant les femmes outragées, la mise en œuvre de la charia, les monuments historiques détruits et enfin les otages aux mains des rebelles. Bien évidemment nous compatissons avec toutes celles et tous ceux qui ont à souffrir dans leur chair du fondamentalisme islamiste et nous condamnons fermement cette négation de la laïcité de la République du Mali.

Mais d’une part nous ne sommes pas sûrs qu’une intervention militaire soit salutaire pour les otages, d ‘autre part nous sommes persuadés qu’elle aura un effet désastreux sur les populations qui auraient à subir les conséquences de combats meurtriers. Car Monsieur Hollande, vous n’êtes pas sans savoir qu’il y a d’un côté un adversaire déterminé, fanatique, inséré dans la population et de l’autre côté des troupes connaissant mal le désert et certainement moins motivées que l’adversaire. Vous savez donc que les militaires français seront obligés d’être présents au sol, s’ils ne le sont déjà, pour faciliter les opérations de repérage, de coordination et d’intervention. Vous allez donc les exposer inutilement ainsi d’ailleurs que le peuple français dans son ensemble si des représailles devaient avoir lieu sur son sol.

Seriez-vous le Bush français ou souhaitez vous reprendre la posture guerrière en Libye de votre prédécesseur, posture dont on voit aujourd’hui les conséquences en termes de déstabilisation de la zone sahélienne ? Ou peut-être reprenez vous à votre compte le vieux fantasme gaullien de l’OCRS (Organisation Commune des Régions Sahéliennes) ?

Sont-ce les intérêts économiques et financiers de la France avec le Quatar et l’Arabie Saoudite, ces deux parangons du fondamentalisme islamiste, qui vous empêchent de dénoncer leurs interventions et la propagation à travers le monde de leur conservatisme au service du grand Capital ? Nous notons d’ailleurs que vous laissez votre gouvernement au lieu de refuser l’aide financière intéressée d’un de ces pays continue à négocier les modalités de leur pénétration des territoires de la République.

La France préférerait elle préserver ses intérêts économiques dans de futures activités extractives au Nord du Mali en renforçant sa présence sur place plutôt que d’aider le peuple malien à retrouver sa souveraineté en reconstituant ses institutions mises à mal par une classe politique aux ordres de l’impérialisme français ?

Monsieur le Président, vous avez vite oublié votre slogan de campagne mais nous constatons qu’en ce qui concerne l’Afrique vous n’avez jamais songé à le mettre en œuvre et que vous vous inscrivez délibérément dans « la continuité toujours » en recevant sans précaution particulière une série de dictateurs africains et maintenant en recourant aux bon vieux interventionnisme militaire.

Monsieur le Président, il est encore temps de reconsidérer votre politique : la relation politique avec l’Afrique n’est pas qu’une série de désagréments à gérer au mieux comme vous semblez le penser, c’est un véritable engagement pris en commun pour une émancipation mutuelle de nos peuples et vous devez prendre des initiatives en ce sens, c’est du moins ce que nous attendons de votre part.

La Commission Internationale du Parti de Gauche- secteur Afrique

 
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