vendredi, 24 novembre 2017
 

Débat : Où en sont les révolutions arabes ? Samedi 22 mars 2014 à 14h30 Impasse Crozatier Paris

Debat sur les révolutions arabes organisé par le Club politique Bastille samedi 22 à 14h30 Impasse Crozatier à Paris introduit par Luiza Toscane, Mohand Bakir et moi-même Françoise Clément

Club Politique Bastille http://www.clubpolitiquebastille.org

Réunion-débat samedi 22 mars 2014 à 14 heures 30 (précises) Où en sont les révolutions arabes ? Salle EDMP – Impasse Crozatier – Paris 12e (métro : Gare de Lyon)

Introduction au débat avec la participation de : Luiza Toscane (sur les révolutions arabes) Françoise Clément (sur la Libye) Mohand Bakir (sur l’Algérie)

Présentations des interventions :

1- Les processus commencés il y a trois ans pour la justice sociale et la démocratie, portés dans la plupart des pays arabes par des populations paupérisées, au chômage ou vivant dans des régions périphériques, ont débouché rapidement sur la chute de trois présidents (Tunisie, Egypte, Yémen) et la disparition d’un régime (Libye). Partout, au slogan unanime « le peuple veut », ont succédé les revendications des groupe opprimés (femmes, minorités culturelles, religieuses ou ethniques, réfugiés, travailleurs étrangers etc,). Et des luttes écologiques ont émergé lors de ces révolutions. Pourtant l’exigence première est toujours là pour les révolutionnaires de Syrie et de Bahrein, et elle revient en boucle lors des soulèvements qui touchent tour à tour les populations de ces pays. Partout, les luttes sociales incessantes et parfois explosives sont là pour rappeler que nulle part les revendications portées par les révolutionnaires n’ont été satisfaites, quelles que soient les équipes qui se sont succédées pour gouverner. Ces révolutions ont révélé le caractère éphémère des organes d’auto organisation que les populations s’étaient donnés pour organiser leur mobilisation et l’absence de toute structure à même de conduire ce processus révolutionnaire. LT

2- La révolution libyenne n’est pas reconnue comme telle parce que permise par l’intervention de l’OTAN sur décision de l’ONU. Les appareils sécuritaires du régime déchu ont été remplacés par des milices, régionales ou politiques. Nées dans la résistance à Khadafi, elles se sont maintenues, faute de consensus sur le partage des ressources et l’organisation du pouvoir. La seule instance politique, le Congrès national, est composé de 120 élus des régions, divisés par leurs intérêts respectifs, et de 80 élus de partis, partagés entre islamistes et laïcs libéraux. Le courant fédéraliste (non représenté au Congrès) a capitalisé en Cyrénaïque et dans le Sud le refus des dirigeants de l’Ouest, plus peuplé mais dépourvu de pétrole, de laisser les régions plus riches en ressources gérer ces dernières. Misrata a reçu la gestion du port de Benghazi, mais sa milice a été exclue de Tripoli par ses habitants. Les Islamistes et la majorité arabophone du Parlement ont refusé aux Berbères un statut identique à l’Arabe pour leur langue, ce qui a les poussés à boycotter le Parlement puis exiger sa dissolution. En retour, les Islamistes ont profité de l’échec du premier ministre laïc libéral Zidan à empêcher les fédéralistes de l’Est de vendre directement du pétrole, pour obtenir d’une majorité de députés régionaux sa destitution et l’envoi de la milice islamiste « Bouclier de Libye » restaurer l’autorité centrale à l’Est. Le processus démocratique avance pourtant avec l’émergence de milliers d’associations, de partis, le débat et les affrontements sur les questions de partage des richesses, d’organisation politique, d’identité et de genre. FC

3- L’Algérie, l’exception au « printemps arabe » est elle sur le point de connaître une éruption ? Les élections programmées pour le 17 avril 2014 ont fait naître des tentions au sein de l’establishment, mais aussi, une réaction au sein de secteurs particuliers au sein de la société, journalistes, intellectuels, universitaires prennent la parole avec une exigence de rupture. Le mouvement, naissant, BARAKAT avance l’idée d’une transition vers une seconde République « Démocratique, Sociale et Moderne ». La rue ne bouge pas encore, mais… Que vont charrier les prochaines semaines ? Le régime autoritaire, en place depuis 1957 –date de la liquidation de l’orientation Nationale-démocratique arrêtée au congrès de la Soummam -, va-t-il céder à la demande d’une société inquiète pour son devenir, ou aura-t-il la tentation de chercher à perdurer au prix d’une répression féroce ? Quelles évolutions prévisibles face aux enjeux et à l’ampleur potentielle que pourrait prendre l’irruption de la société dans une équation politique dont elle est restée exclue ?" MK

 
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