samedi, 21 juillet 2018
 

Le président Macron sur le continent africain : Il fait sembler de marcher sur l’eau.. pour dissimuler qu’il ne sait pas nager ?

L’accrochage le plus visible a eu lieu samedi après-midi, 03 février 18, sur le tarmac de l’aéroport de Dakar : les avions présidentiels respectifs d’Emmanuel Macron et de Macky Sall se sont alors brièvement entrechoqués. Les dégâts sont restés limités.

Pour le reste, en apparence, le président Macron aurait accompli un sans-faute, lors de ses visites en Tunisie puis au Sénégal, du jeudi 1er février au samedi 03 février 2018. En tout cas si on en croit la majorité des médias dominants, même si le quotidien Libération s’est montré un petit peu agacé. Ce dernier a ainsi commenté : « Façon secrétaire général de l’ONU, Macron multiplie ainsi les occasions de s’adresser aux peuples du monde. Il y prend manifestement beaucoup de plaisir et ne semble pas douter de l’intérêt qu’éveillent ses paroles. (…) Sans doute conscient que cela ne vas pas durer, il en profite pour conforter ce qu’il appelle lui-même son < leadership international >. (…) Faute de résultats et de calendriers concrets, de promesses tenues sur des ambitions martelées, il ne pourra pas se reposer sur ses lauriers de pourfendeur de la vague populiste. » (Numéro du 02/02/18)

A Tunis, Emmanuel Macron aura loué en paroles le « printemps arabe » devant les député-e-s, il aura souhaité la réussite du succès démocratique de la Tunisie et il aura même critiqué le passé colonialiste de la France. Au Sénégal, le président français aura d’abord promis quinze millions d’euros – une somme plus que dérisoire, comparée aux enjeux mais aussi aux possibilités budgétaires de la France – pour lutter contre l’érosion côtière, dans la ville de Saint-Louis particulièrement concernée par le phénomène. Macron a lui-même établi un lien avec le réchauffement climatique, et évoqué le fait que le continent africain n’a contribué que très peu aux émissions de CO2 qui en sont responsables (au total 04 % des émissions planétaires pour un continent d’un milliard d’habitant-e-s)… à la différence des pays riches dont la France. A Dakar, aux côtés de la chanteuse Rihanna, Emmanuel Macron aura promis une contribution de 100 millions d’euros à un fonds international pour l’éducation. Là aussi, il s’agit plutôt d’une goutte d’eau versée dans un lac…

Le président Macron aura ainsi évité de fâcher ouvertement, comme son prédécesseur Nicolas Sarkozy avec son sinistre « discours de Dakar » aux accents paternalistes (juillet 2007). Mais les belles paroles, à l’évidence, ne suffiront pas pour faire illusion. Au-delà des annonces portant sur la responsabilité planétaire commune et un avenir partage, il faudra bien aborder les raisons d’être du chaos mondial et des inégalités faramineuses à l’échelle de la planète : le pillage des pays du Sud, l’échange structurellement inégalitaire dont le système néocolonial de la « Françafrique » constitue un pilier, la Dette extérieure des pays anciennement colonisés qui restent ainsi maintenus sous une domination économique.

Comme l’a à juste titre observé le Front populaire en Tunisie, la première chose, si le président français était animé d’intentions honnêtes, aurait été d’annuler la « dette » tunisienne envers la France (800 millions d’euros), accumulé en grande partie sous la dictature de Ben Ali.

Au lieu de cela, Macron a tenté de mettre au goût du jour feu l’ « Union pour la Méditerranée » conçue en 2008 par Nicolas Sarkozy, en évoquant une « ambition méditerranée commune » et une réunion, courant 2018, entre pays européens et pays du Sud de la mer méditerranéenne. Jusqu’ici, feu l’UPM (version 2008) n’a constitué qu’un instrument de domination, au service des ambitions néocoloniales de la France mais aussi des dictateurs : Hosni Moubarak en était vice-président, Bacher Al-Assad fut « invité d’honneur »…

Nous resterons, quant à nous, vigilant-e-s sur toutes les futurs manifestations de la politique de grande puissance de l’Elysée. Nous observerons toutes les actions réelles cachés derrière les grands discours. Nous soutiendrons aussi toutes les résistances dans les pays du Sud.

 
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