dimanche, 22 septembre 2019
 

Les « Nègres » de Guerlain

« Pour une fois je ne suis mis à travailler comme un nègre. Je ne sais pas si les nègres ont tellement travaillé, mais enfin… », parlant de la création du parfum Samsara, c’est ainsi que le parfumeur Jean-Paul Guerlain, s’est exprimé en direct, le 15 Octobre 2010, lors du journal télévisé de 13 heures de France 2, devant une Elise Lucet, gloussant de complaisance. L’homme se serait excusé, par mail, de la portée de ses propos. Comme si cela suffisait. Comme si les Nègres devaient se contenter qu’on efface juste le crachat qu’on leur balance perpétuellement au visage sans qu’ils ne bronchent. Cette parole, profonde pensée, loin d’être un dérapage est une offense aux Nègres, en niant l’horreur de la traite négrière et de l’esclavage dont ils furent victimes par millions pendant quatre siècles. Et pourtant, en 2002, la société Guerlain, a été condamné par l’Inspection du Travail de Mayotte pour emploi illégal de travailleurs comoriens. Le fin « Nez », déclarait sur RFO, un brin fataliste : « On sait très bien qu’ici la main d’oeuvre clandestine est un mal endémique »… Voir nécessaire pour le parfumeur. D’ailleurs l’industrie de la parfumerie de luxe, du cosmétique, est souvent épinglée pour exploitation de travailleurs dans des conditions particulièrement inhumaines. Par exemple, sous l’étiquette du Bio, se cache très souvent une réalité nauséabonde et pas très équitable, sauf bien sur, pour les commanditaires dont beaucoup de marques françaises communiquant sur l’ « éthique ». Quand au respect des travailleurs …. C’est une autre histoire. Au moment même ou le pouvoir colonial français exerce une répression syndicale en Guadeloupe, fait interdire l’expression du Kréyol au sein des tribunaux, le silence assourdissant des Elus après de tels propos démontre bien que le Nègre on s’en fout car qu’il n’existe pas politiquement ou tout juste pour servir la soupe. Mis à part Audrey Pulvar, qui avait déjà exprimé sa pensée, lors du « remaniement » de France Télévision, aucune réaction de nos intellectuels et élus nègres des dernières colonies qui pourtant sont les premiers à verser des larmes à chaque fois qu’on s’en prend de la sorte à une autre communauté. Ce larbinisme les conduisant même jusqu’à nous expliquer que « travailler comme un nègre » ce n’est qu’une expression courante dans la langue française et qu’il ne faut pas y prêter d’autres intentions tout en oubliant la seconde partie de la phrase qui relève de la négation de crime commis contre l’humanité qu’est l’esclavage. On peut aussi nous dire que c’est l’expression d’un seul individu. Et c’est justement là le problème ! Prononcée sur une chaine publique, coutumière du fait, elle révèle, finalement que le colonialisme, le racialisme ce n’est pas fini, mais ca continue sous d’autres formes. Mais le silence des politiques de gauche, ne parlons pas de la droite, est logique. LVMH étant l’employeur de certains cadres du PS, on comprend aisément que ceux-ci préfèrent se taire et aller pleurer sur la tombe de Georges Frêche, sous peine de pointer à pôle emploi. Leur complicité en la matière il y a déjà longtemps qu’elle n’est plus à démontrer. Ils ont beau nous chanter les louanges de leur humanisme, il n’empeche que sous le même poil se cache la même bête. Soyons sur qu’en 2012, la bande à Aubry saura nous solliciter, comme l’avait fait Madame Royal en son temps. Elle aussi, trouvera les mots, afin que nous lui offrions l’Elysée. Et alors, il ne tiendra qu’aux Nègres de rappeler à ses messieurs-dames nostalgiques du bon vieux temps, que le bal (Nègre) c’est terminé. A bon entendeur, salut ….

 
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