mardi, 21 novembre 2017
 

Sankara, le joueur de tam-tam

Il n’y a rien d’absolu dans la vie, même pas la mort. Sinon, nous ne vibrerions pas à l’évocation du nom de Sankara.

Ils ont, sans aucun doute, éliminé physiquement Sankara. Ils ont procédé par la même méthode, qu’ils utilisent depuis la colonisation.

Tout d’abord, il faut repérer les têtes qui débordent, c’est-à-dire celles des récalcitrants, celles qui ne veulent pas rentrer dans les rangs, celles qui pensent qu’il est temps, qu’il est grand temps, que l’Afrique soit libre.

Ensuite il faut faire couper ces têtes là par les autres, les sages, les dociles, ceux avec lesquels, disent-ils, "On peut discuter" : Ahidjo, Houphouët-Boigny, Mobutu, Compaoré, etc.

Et enfin, il faut abrutir, il faut saouler les Africains avec la musique du néocolonialisme, du néolibéralisme, la bonne musique, bien sur, celle qui prône : la ré-colonisation économique de notre continent par les capitalistes occidentaux et par le bien de la magie de la privatisation de nos économies, avec en prime l’ouverture des marchés et frontières, la libre circulation des capitaux et la déréglementation. Tout cela pour des économies qu’ils auront au préalable fragilisées ; la spécialisation économique de l’Afrique à qui ils assignent le rôle de pourvoyeur de matières premières et main d’œuvre bon marché ; la mise en place du carcan néolibéral Fmi - Banque Mondiale, qui, aujourd’hui, ne trouve guère plus de fervents supporters, tant les dégâts qu’il a occasionnés sont abominables.

Par contre, Sankara jouait une tout autre musique. Celle de l’autodétermination des Africains. Cette musique là, qui donnait le change à celle des maîtres de l’occident et des élites bourgeoises au caractère rançonneur, corrompu et anti patriotique avéré, cette musique devait absolument être arrêtée.

Alors ils ont décidé de supprimer le joueur de tam-tam : Thomas Sankara.

La messe était dite ! Ont-ils pensé.

C’était oublier que la mélodie de cette musique là, celle du joueur de tam-tam, Sankara, allait continuer à trottiner dans les têtes des Africains. Et comme il fallait s’y attendre, et au grand dam des bourreaux, d’autres joueurs de tam-tam comme Sankara, et avant lui, comme Um Nyobè, Lumumba, Moumié, Ouandié, etc., allaient naître de l’Afrique profonde.

Et nous sommes là. Nous sommes bien là, camarade Sankara. Les nouveaux joueurs de tam-tam, décidés à jouer la même musique que la tienne. Une musique améliorée. Persuadés, bien sûr, que ta musique, notre musique, va encore gagner du terrain.

Et comme par enchantement, leur tam-tam, celui du capitalisme triomphant et qui prétend assurer le bonheur de l’Humanité, ce tam-tam là vient d’être troué par la crise financière mondiale.

Les Sawa disent : "O pudi ngando. O ma kusa ngando.Loko le nde botea" c’est-à-dire : tu as voulu danser. Tu vas danser. Le bal ne fait que commencer. Sankara, ton idée de l’Afrique, d’une autre Afrique maître de son destin, avance résolument.

Et comme disait Victor Hugo : "Aucune armée n’est aussi puissante qu’une idée dont l’heure est venue."

Par Anicet Ekane Membre du Bureau politique du Manidem

Source : http://alternative-revolutionnaire....

 
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