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Cameroun : la CGT exige la liberté pour les membres de Dynamique Citoyenne.

D 21 septembre 2015     H 12:14     A CGT (France)     C 0 messages


Au Cameroun, sous l’ère du président Paul Biya, classé 9ème dans la liste des dictateurs du monde[i], on célèbre la journée internationale de la démocratie… en prison !

Mardi 15 septembre, Dynamique Citoyenne, réseau d’organisations de la société civile camerounaise, organisait un atelier de réflexion sur la gouvernance électorale et l’alternance démocratique. Il avait pour objectif le lancement au Cameroun de la campagne internationale portée par le collectif « Tournons la page », alliance de syndicats, dont la CGT, et de mouvements sociaux militant pour le respect de la démocratie en Afrique. Non content d’interdire la tenue de cet atelier, la police de P. Biya a embarqué avec violence 5 membres organisateurs et un journaliste.

Parmi les personnes arrêtées et aujourd’hui emprisonnées, Jean Marc BIKOKO, Président de la Centrale Syndicale du secteur Public (CSP) du Cameroun, organisation syndicale avec qui la CGT a tissé de forts liens.
La confiscation des libertés, l’emprisonnement et la répression, mais aussi la corruption, « l’achat des conscience » et le tribalisme sont les armes de P.Biya. L’autocrate de 83 ans, au pouvoir depuis 33 années, est considéré comme parmi les plus anciens du pré-carré néocolonialiste français et tient le pays d’une main de fer.

Il est aidé en cela par des groupes industriels français. Privatisant les services publics camerounais, P. Biya a confié la concession des chemins de fer (Camrail) au groupe Bolloré jusqu’en 2034. La première mesure prise par Bolloré fut de licencier tous les délégués syndicaux de l’entreprise.
Le président François Hollande s’est rendu le 3 juillet dernier à Yaoundé. Il s’est entretenu avec P.Biya sur le terrorisme et sur d’importants dossiers économiques et commerciaux. Il aurait été inspiré de prendre position publiquement en faveur des droits des citoyens dans ce pays aux libertés muselées.

La CGT exprime sa pleine et entière solidarité vis à vis des femmes et hommes camerounais qui , au mépris de la répression, se sont engagés dans le combat en faveur de la démocratie et des libertés.
Elle exige notamment la libération immédiate et sans condition des personnes emprisonnées.

Elle saisit ce jour le Ministre des Affaires Etrangères français pour que l’Etat français exprime son inquiétude devant de tels agissements.

Montreuil, le 16 octobre 2015