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Djibouti : le Commandant Elmi Jess, persona non grata aux États-Unis.

D 27 septembre 2014     H 05:30     A     C 0 messages


Selon des sources bien informées, pour raisons de torture, traitements inhumains ou dégradants qu’il a fait subir à de nombreux opposants depuis les législatives de 2013, l’ambassade des États-Unis à Djibouti a déclaré persona non grata sur son territoire, le commandant Elmi Daher Miguil dit Elmi Jess, chef de la brigade spéciale de la police Djiboutienne.

C’est dans le cadre des accords de coopération entre les deux pays qui vise à fournir des équipements et à dispenser des formations afin d’accroitre l’état de préparation des Forces spéciales de la Police Djiboutiennes dans la lutte contre le terrorisme que l’ambassade des États-Unis à Djibouti a octroyé un stage de formation de deux mois aux États-Unis à 20 éléments de cette unité spéciale. Le Colonel Abdillahi Abdi, directeur de la Police désigna à la tête de cet élément, le commandant Elmi Jess afin qu’il bénéficie de ladite formation. Or celui ci se heurta à une fin de non-recevoir de la part des autorités américaines qui ont inclus Elmi Jess dans leur liste nominative des tortionnaires interdits d’entrée et de transit sur le territoire américain.
C’est par ces mots que le chef de la Police s’est vu notifier de cette décision :
« c’est nous qui finançons cette formation, c’est à prendre ou à laisser. Pas de tortionnaire sur notre sol. »

Cette délégation s’est finalement envolée ce samedi 13 Septembre 2014 pour les États-Unis, à sa tête un nouvel officier au "casier vierge".

Pour mémoire :

Sous la présidence d’Ismaël Omar Guelleh, les principales organisations internationales de défense des droits humains dénoncent la multiplication de graves violations commises par le régime à l’encontre des droits universels les plus fondamentaux telles que l’assassinat d’opposants et de militants politiques ; la torture et les mauvais traitements infligés à toute personne qui conteste pacifiquement le régime au pouvoir ; le harcèlement et la criminalisation des syndicalistes et des journalistes indépendants ; les arrestations et les emprisonnements arbitraires ; la détention de prisonniers politiques. À l’occasion de la modification constitutionnelle de 2011 qui a permis au président Guelleh de rester au pouvoir contre la volonté du peuple, les Djiboutiens ont pour la première fois osé exprimer en public leur volonté profonde de changement. La population a aussitôt subi une très violente répression de la part du régime qui a arrêté, emprisonné et torturé des centaines de personnes durant plusieurs mois à Djibouti. Depuis la tenue des élections législatives de février 2013 à Djibouti et la victoire contestée du parti présidentiel, la population reste massivement mobilisée contre le régime. Malgré les promesses du gouvernement d’entamer un dialogue politique pour résoudre la crise politique qui secoue le pays depuis des mois, la population continue de subir chaque jour une intense et minutieuse répression qui passe par le meurtre de militants pacifiques.

En effet, entre fin février et début mars 2013 sous le commandement de Elmi Jess, une dizaine de manifestants étudiants et lycéens ont trouvé la mort et une quinzaine d’autres ont été blessés après avoir été touchés par des tirs à balles réelles des forces spéciales de la Police. Plusieurs centaines de personnes ont été arrêtées arbitrairement et placées en détention sur des périodes plus ou moins longues, durant lesquelles un certain nombre d’entre elles ont fait l’objet de violences physiques.

Sahal Ali Youssouf, âgé de 24 ans, pour ne citer que lui, a ainsi été interpellé dans la soirée du 6 juin 2013 après avoir participé à plusieurs manifestations de protestation. Il a été emmené dans un véhicule de police de l’unité spéciale commandée par le commandant Elmi Jess vers un lieu à ce jour inconnu. Le lendemain, le même véhicule de police a déposé Sahal Ali Youssouf dans le quartier dit « carton » de la capitale.

Il était encore vivant mais dans un état très critique. Son corps portait les marques de nombreux actes de torture, notamment des brûlures sur la plante des pieds. Certains de ses membres étaient brisés, son crâne défoncé. Il a rapidement succombé à ses blessures.
Obama, aurait-il finalement mis en application les propos de son livre "l’Audace d’espérer, une nouvelle conception de la politique américaine" où il promettait « d’exercer des pressions économiques et diplomatiques sur ceux qui violent constamment les droits de leurs propres peuples » ?

Si c’est le cas, nous ne pouvons que nous en féliciter !

Huno Djibouti

Source : http://fr.africatime.com

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