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Ensemble pour une alternative anticapitaliste en Afrique

D 10 juillet 2010     H 13:37     A     C 0 messages


« Françafrique » : ensemble des mécanismes de maintien de la domination française en Afrique avec la collaboration d’alliés africains. Domaine réservé de l’Elysée, quel qu’en soit le locataire ! Une pièce maîtresse du dispositif international de la France, pérennisée par les gouvernements de droite, et tacitement tolérée par la gauche plurielle.
Preuve de la persistance de ce système politico-mafieux, économique, financier, policier, militaire qui prospère en toute illégalité : les célébrations du cinquantenaire des indépendances se déroulent à Paris sous la férule du gouvernement français. 14 chefs d’Etat africains, dont quelques dictateurs, affidés de la France assisteront aux côtés de Sarkozy au défilé triomphal sur les Champs Elysées, le 14 juillet, de leurs armées dont beaucoup se sont rendues coupables des pires exactions contre leur population. Certaines, par l’embrigadement forcé d’enfants soldats, bafouent en toute impunité la Convention Internationale des droits de l’ Enfant en enrôlant dans leurs rangs des gamins qu’ils droguent, fanatisent et détruisent jusqu’à une mort certaine.

Seront, entre autres, mis à l’honneur :
- le Tchad, où Déby assassine ses opposants avec l’absolution de la France ;
- le Congo Brazzaville, hier chasse gardée de Elf, qui vendait le pétrole, gérait la dette et achetait les armes ! Aujourd’hui encore Total continue son développement au Congo, ainsi que le financement de dictatures, notamment par le versement de « bonus » fort peu transparents. Les miliciens de Sassou, armés par les pays voisins et aidés par les mercenaires français, liés à l’extrême droite, ont à répondre de crimes contre l’humanité, villages rasés, milliers de morts, viols collectifs qui propagent le SIDA.
- Madagascar, empêchée de sortir d’une période de troubles par les manœuvres de la diplomatie française pressée de légitimer le putschiste Rajoelina.

La France a mis en place un système qui enserre et maintient les pays africains dans une situation de dépendance grâce à cet outil essentiel qu’est le Franc CFA. L’appellation actuelle de Communauté Financière Africaine ne fait pas oublier qu’il s’agissait de la monnaie des Colonies Françaises d’Afrique. Cette devise est au coeur d’un projet qui permet l’évasion de capitaux, l’alimentation de caisses noires destinées au financement occulte de campagnes électorales, l’augmentation de la dette au travers de prêts dévoyés qui n’ont jamais profité aux peuples africains.
L’administration fiscale applique à l’Afrique la politique de la Banque Mondiale.

La Françafrique, c’est tout un mécanisme de réseaux :
- politico-affairistes, liés aux grands groupes capitalistes tels que Bouygues qui contrôle les Services Publics en Côte d’Ivoire, ou Bolloré, qui gère transports et logistique dans de nombreux pays africains ;
- militaires : des cadres de l’armée française y font des carrières fulgurantes et bénéficient de soldes très confortables ;
 en relation avec le Renseignement, la DST y intervient aux fins de contrôler l’immigration.
 amicaux, de nombreuses personnalités gravitent tout autour, par exemple dans le domaine des médias (TF1).

La politique françafricaine détruit l’agriculture locale, accélère le réchauffement climatique et contraint les populations à migrer vers l’Europe. Cette Europe forteresse qui fabrique des sans papiers, les exploite et les expulse en subordonnant l’aide au développement à la signature d’accords de réadmission codifiés dans la Circulaire de la Honte, au mépris de la Déclaration des Droits de l’Homme qui énonce clairement le principe de la liberté de circulation.
C’est pour refuser cette politique et exiger la régularisation de tous les sans papiers que les Marcheurs sans papiers du Ministère de la Régularisation de Tous les Sans Papiers sont aller interpeller les dirigeants africains réunis au sommet de Nice le 31 mai.

Actuellement les grands partis politiques en Afrique ne développent pas, pour la plupart, une politique qui rompt avec les exigences de l’impérialisme.
Le NPA doit dénoncer sans relâche l’illégitimité de ces régimes, forcer le silence et l’autocensure des média, impulser une solidarité active internationaliste autour des questions de santé, éducation, sécurité alimentaire, pollution, justice, etc. pour la création de biens publics à l’échelle mondiale.

Le NPA est partie prenante, avec des organisations européennes et africaines, de la construction de partis réellement anticapitalistes, seule solution pour satisfaire les besoins sociaux des populations.
Nous appelons l’ensemble des personnes motivées par l’émergence d’une alternative politique en Afrique à rejoindre le groupe de travail « Afriques » du NPA.