mardi, 11 décembre 2018
 

La grève dans les services publics sud-africains tourne au débat politique

Le gouvernement a-t-il les moyens de répondre aux demandes des fonctionnaires sans amputer d’autres dépenses et mettre la croissance en péril ? La question est devenue un débat d’orientation politique

Les syndicats ont rejeté la dernière offre du gouvernement et le secrétaire général du Cosatu a déclaré que les adhérents allaient continuer à être consultés. Les deux plus gros syndicats, le Nehawu qui syndiquent le personnel hospitalier et le Sadtu,le syndicat des enseignants ont décidé de poursuivre le mouvement, leurs adhérents consultés ayant rejeté l’offre de 7,5% d’augmentation des salaires et 800 rands d’allocation logement.

Les enseignants et le personnel hospitalier font partie de cette tranche de salariés qui ont un salaire légèrement trop élevé pour prétendre à des aides de l’état, mais qui n’est pas suffisant pour permettre le remboursement d’un prêt auprès d’une banque pour l’acquisition d’un logement. D’où l’insistance sur les 1000 rands d’allocation logement.

Un salarié de la fonction publique gagne en moyenne 14000 rands par mois (environ 140 euros), un salarié du privé pour un emploi similaire 11000 rands et le salaire moyen au plan national est de 6400 rands. Si personne ne conteste le travail fait par les enseignants et les infirmières, certains pensent que l’état a trop de personnel dont le travail n’est pas très rentable et qu’il faudrait revoir toute la question des emplois dans la fonction publique.

La charge des augmentations sur le budget de l’état va accroître le déficit budgétaire qui était jusqu’à présent contenu à 6,7 % du PIB et la dette à 28% et cela va freiner les investissements. Or le Ministre des finances vient de déclarer que pour arriver à une réduction massive du chômage, il faudrait un taux de croissance annuel de 7% pendant plusieurs années.

Le chômage est l’une des raison majeure de la faiblesse des revenus de l’état, seulement 5,5 millions de personnes paient l’impôt sur le revenu sur une population totale de près de 50 millions. Mais augmenter les impôts ne semble pas la bonne solution dans un pays dont l’économie est très fragile et cela aurait un impact négatif sur la consommation des ménages.

Si le gouvernement cède aux revendications des fonctionnaires, il a déjà annoncé qu’il serait obligé de réduire d’autres dépenses, ce qui ne pourra que mécontenter une population qui attend toujours des améliorations de sa vie quotidienne. Et les travailleurs du secteur privé ne manqueront pas de réclamer eux aussi des augmentations substantielles.

C’est déjà le cas dans la métallurgie où des grèves affectent sérieusement la production automobile. Les pompistes et les mécaniciens sont aussi en grève et demandent 15% d’augmentation alors que le patronat propose 6,6%.

Toutes ces questions : chômage, croissance, niveau de vie sont en débat au sein de l’alliance tripartite depuis sa formation, mais elles seront plus que jamais prioritaires sur le programme de la prochaine réunion des membres de l’alliance Anc, Cosatu, Sacp qui se tiendra dans quelques semaines.

Source : http://renapas.rezo.net

 
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