mardi, 17 octobre 2017
 

Madagascar : Iles éparses, Les revendications se radicalisent, la Russie tacle la France et les gouvernants se défilent

Les déclarations de l’Ambassadeur de la France que nous sommes les premiers à rapporter ici comme quoi « les îles éparses appartiennent à la France » ont provoqué un tsunami dans le milieu nationaliste malgache et continuent de faire des vagues. Tout le monde (ou presque) hausse le ton sur l’inertie des gouvernants sur ce sujet. Une pétition qui devra être remise à la 70ème assemblée générale des Nations Unies circule sur la toile et a déjà obtenu un millier de signataires. Une marche silencieuse des citoyens pour aboutir devant l’Ambassade de France est prévue. Les propos des citoyens concernant ce sujet sur les ondes et sur les réseaux sociaux se multiplient et se radicalisent.

Sur le plan international, la Russie d’une manière inattendue vole au secours des nationalistes malgaches. En effet, le ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius, a récemment accusé la Russie de violer le droit international en rattachant la Crimée à la Russie.

Réponse de la bergère au berger, son homologue russe, Maria Zakharova le remet à sa place lui rappelant la politique de la France envers certains territoires contrôlés par la France comme Mayotte ou les îles éparses. La ministre des Affaires étrangères russe, qui connaît bien son sujet rappelle, concernant les îles éparses « qu’il s’agit d’un long litige entre la France et Madagascar…

La France les avait déclarées siennes en 1892 puis en 1897. Cette décision a été confirmée par un décret en ce sens du Président français en 1960, trois mois avant la proclamation de l’indépendance de Madagascar. Ensuite la loi de 2007 les a inclus dans la liste des terres australes et antarctiques françaises. Dans les années 1970, Madagascar a saisi l’ONU d’une demande de lui transmettre ces îles. L’ONU l’a reconnue comme juste dans la résolution 34/91 de la 34ème session de l’Assemblée générale du 12 décembre 1979 et appelé la France à lancer immédiatement des négociations avec Madagascar afin de lui restituer les îles éparses illégalement aliénées.

Paris ne cesse pourtant d’ignorer les exigences d’Antananarivo et de l’ONU. Ces exemples montrent donc d’une manière évidente que la France devrait se pencher sur ses propres affaires avant de donner des estimations concernant les initiatives d’autres Etats ». Rappel à l’ordre plus que clair de Maria Zakrarova !

Du côté des gouvernants, ils ont essayé d’ignorer toujours ces questions mais pressé par les journalistes le Premier Ministre a été obligé de répondre sur les questions des îles éparses hier. Il a surtout donné une réponse évasive qui ne veut finalement rien dire « nous avons déjà un programme sur ces îles. Une commission ad-hoc est déjà mise en place à Antananarivo et à Paris sur ces questions. Nous ne communiquons pas tous les jours notre stratégie sur ces affaires mais nous pensons toujours à l’intérêt du peuple ».

La France quant à elle communique et a de vrais programmes sur les îles éparses. « Les îles éparses appartiennent à la France » selon l’Ambassadeur de France à Madagascar et Ségolène Royal, ministre de l’Energie er de l’Ecologie français a autorisé les compagnies Sapetro et Marex Petrolium à exploiter le pétrole et le gaz enfouis dans le sol de l’île Juan de Nova, dans les Iles Eparses, suivant un arrêté du 21 septembre 2015.

Léa Ratsiazo

Source : http://www.madagascar-tribune.com

 
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