samedi, 19 août 2017
 

Madagascar : Le mouvement de grève se durcit

Treize (13) syndicats de l’Education nationale déclenchent une grève générale et appellent tous les personnels éducatifs en formation pédagogique et ceux de l’administration au ministère de l’Education à Anosy à étoffer leur rang. Hier 29 septembre déjà, selon Elidio Andrianjafy, des syndicalistes ont été auprès des centres de formation pédagogique pour sensibiliser les enseignants en formation tandis que d’autres syndicalistes ont menacé d’extirper les agents de l’Etat qui travaillent au ministère. Ce jour, le mouvement gagnera tous les enseignants de toutes les parties de l’île et ne s’arrêtera tant que les syndicalistes ne voient leurs revendications satisfaites, à en croire le président du syndicat ANEFA, Elidio Andrianjafy. Il y a en tout, six grandes revendications toutes à caractère financier, entre autres, l’indemnité de craie, indemnité de risque ou encore des indemnités spécifiques.

Le Directeur général de l’Education, Todisoa Andriamampandry, de son côté, rassure les élèves et les parents d’élèves. La rentrée scolaire sera effective dit-il comptant sur la conscience professionnelle de la majorité des enseignants et éducateurs comme ce fut lors des examens officiels. Il note que les syndicalistes ont aussi leur stratégie de lutte mais qu’il est confiant en cette conscience des enseignants. Le dialogue n’est pas rompu souligne pour sa part le ministre de l’Education Paul Rabary, mais la seule et unique solution durable est l’intégration des enseignants FRAM parmi les agents de l’Etat. Autrement dit inverser le taux d’enseignants FRAM de 70% subventionnés à 75% intégrés, donc agents de l’Etat et formés pédagogiquement. Cette opération annuelle d’intégration des enseignants FRAM par vague de 10 000 enseignants a commencé en 2014. Le ministère de l’Education, en partenariat avec le ministère des Finances et celui de la Fonction publique, en est à la 3è vague tout en préparant la 4è vague.

Le Parlement saura-t-il comment faire ?

En tout cas, le ministre des Finances, Gervais Rakotoarimanana avoue que le budget de l’Etat n’est pas en mesure de satisfaire les revendications des syndicalistes mais qu’il a fait un geste « symbolique » par rapport à toutes les revendications qui seraient l’équivalent de 76 milliards d’ariary environ. Ce qui a fait monter d’un cran la colère du leader syndicaliste Elidio Andrianjafy, qui remarque que ce n’est rien par rapport au budget accordé à la Présidence de la République. Bref, comme Todisoa Andriamampandry a évoqué le Parlement comme étant susceptible de trancher sur les questions financières et budgétaires de l’Etat, l’interpellation d’Elidio Andrianjafy par rapport au portefeuille accordé par le Parlement à la Présidence donne la puce à l’oreille sur la stratégie idoine de résorption du problème d’autant que la prochaine session ordinaire du Parlement se penchera sur le budget 2017.

Il faut dire que les frustrations des enseignants FRAM sont compréhensibles au vu des traitements de l’Etat en faveur des membres de l’association AV7 qui viennent d’après le président de l’association, Bona Jean Pierre, de signer chacun le contrat d’intégration dans le corps des agents de l’Etat ; et Bona Jean Pierre qui précise qu’ils sont répartis dans environ huit (8) ministères. Ce jour, le ministère de l’Education prévoit une cérémonie de délivrance des certificats aux enseignants FRAM, intégrés et ayant suivi avec succès des formations pédagogiques.

Bill

Source : http://www.madagascar-tribune.com/

 
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