vendredi, 6 décembre 2019
 

Manifestations en Mozambique

Des manifestations contre la vie chère ont fait plusieurs morts ce mercredi dans la capitale mozambicaine. Les manifestants qui entendaient protester contre les prix des produits de première nécessité ont été pris à parti par la police qui selon plusieurs témoins a tiré à balles réelles. Les autorités ont lancé un appel au calme alors que la tension reste vive, notamment à la périphérie de la capitale Maputo.

Les manifestations qui ont débuté dans les quartiers périphériques de Malhazine, Mafalala, ou encore Bagamoyo se sont très vite répandues aux autres secteurs. Magasins et boutiques ont été pillés jusque dans le centre ville de la capitale Maputo et au moins une banque a été saccagée, sans qu’on ne sache si les pillards ont pu se servir dans les caisses.

Scènes d’insurrection

Un porte-parole de la police a reconnu « la mort de deux enfants », des écoliers, alors que S-TV, une chaîne de télévision locale parlait en milieux d’après-midi d’un bilan de six morts.

Des scènes d’insurrection ont éclaté depuis les premières heures de la matinée dans plusieurs secteurs de la capitale, des manifestants qui avait érigé des barrages de pneus enflammés ayant été violemment chargés par les forces de l’ordre, qui selon les témoins ont d’abord tiré en l’air, avant d’ouvrir le feu sur la foule après s’être trouvé à court de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc.

Depuis plusieurs jours, la rumeur annonçait une manifestation contre la vie chère dans la ville. La police qui estimait qu’aucune organisation ne s’était identifiée comme organisatrice de la manifestation avait déclaré qu’elle était interdite.

Dépendance sud-africaine

Les manifestants interrogés par les confrères sur place expliquent qu’ils protestaient contre la cherté de la vie. Le Mozambique qui dépend de son puissant voisin sud-africain pour tous les produits de première nécessité a vu ces dernières semaines les prix de ces produits s’envoler.

Conséquence, explique les économistes, de la forte appréciation de la monnaie sud-africaine qui fait que les importateurs achètent la marchandise en Afrique du Sud plus chère. Huile, sucre, farine et lait sont devenus pratiquement inaccessibles pour la majorité des Mozambicains dont près des 2/3 vivent en dessous du seuil de pauvreté.

Investissements brésiliens

En 2008 une autre manifestation contre la vie chère avait fait au moins six morts dans le pays d’Afrique Australe souvent présenté comme un bon élève des institutions de Bretton Woods. Le Mozambique attire également de nombreux investisseurs.

Il y quelques mois le Brésil y a annoncé des investissements de plus de sept milliards de dollars alors que la Chine a signé avec Maputo un accord qui permettrait à la puissance émergente d’Asie d’y investir treize milliards de dollars ces cinq prochaines années.

Un système démocratique est en place dans le pays depuis la fin de la guerre civile qui a duré de 1976 à 1992, mais de nombreux Mozambicains se plaignent de la corruption de l’élite dirigeante.

Said Penda Johannesburg

Source from BBC Africa

 
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