lundi, 11 décembre 2017
 

CAMEROUN : APPEL AU BOYCOTT DES INSCRIPTIONS ET DE L’ELECTION

Communiqué de la Coalition de la Diaspora Camerounaise pour le Boycott Actif

Le droit de voter est un droit fondamental, que toutes les constitutions de notre pays, de 1960 à 1996, en l’article 2, alinéa 1, ont toujours garanti à tous les citoyens camerounais, y compris donc à ceux résidant ou vivant à l’étranger. Le non respect de ce droit a toujours retiré aux Camerounais de la diaspora le droit de voter. Or la loi n°2011/013 du 13 juillet 2011, tout comme son décret d’application n°2011/237 du 8 août 2011, au lieu de rendre effectif l’exercice de ce droit, rend celui-ci impossible :

1. Parce que cette loi, en excluant du vote les Camerounais qui ont pris la nationalité de leur pays d’accueil, qui ont donc la double nationalité, empêche à une large majorité de compatriotes d’exercer leur droit fondamental.

2. Parce que cette loi, en imposant la carte consulaire comme condition d’obtention de la carte d’électeur, ne considère qu’une infime minorité de Camerounais, la large majorité n’ayant pas de carte consulaire.

3. Parce que le communiqué d’application de l’ambassadeur du Cameroun aux Etats-Unis, Joseph Foe Atangana, communiqué publié le 10 août 2011, en contradiction avec la loi du 8 août 2011, et en contradiction également avec la procédure suivie par les ambassades du Cameroun en France, en Belgique et ailleurs en Europe, soumet le vote à la possession de pièces autres que le passeport qui à l’étranger équivaut à la carte d’identité au pays.

4. Parce que l’information concernant la liste des ambassades et consulats dans lesquels le vote devrait se dérouler, telle que stipulé par le décret du 8 août 2011, a été diffusée trop tard, le vendredi 12 août, au Cameroun seulement, et n’est même pas encore disponible sur internet.

5. Parce que Elecam, l’instance qui selon la loi supervise les élections, a été dessaisie du vote des Camerounais vivant ou résidant à l’étranger alors que 12 délégation de cette institution étaient en chemin pour rencontrer la diaspora camerounaise, dont la gestion du vote est ainsi confiée à l’ambassadeur du Cameroun qui lui-même est nommé par un des candidats à la présidentielle, Paul Biya.

6. Parce que l’ambassadeur du Cameroun aux Etats-Unis a décidé de distribuer des cartes consulaires, et de faire circuler l’information concernant les réunions relatives au vote, selon des critères qui lui sont connus à lui seul, et surtout aux membres du RDPC, le parti d’un candidat à la présidence, Paul Biya.

7. Parce qu’il est inadmissible de demander à des Camerounais vivant dans des villes autres que Washington DC, à Houston, New York, Atlanta, ou il y a de fortes communautés de compatriotes, de se rendre deux fois à l’ambassade à Washington DC, d’abord pour l’obtention d’une carte consulaire, et ensuite pour exercer leur droit fondamental : voter. Et ce, alors que l’Etat interdit un système d’inscription par SMS.

8. Parce que Paul Biya, candidat à l’élection présidentielle et président du Cameroun, à cause de ses vacances n’a signé le décret application de la loi du 13 juillet 2011, qu’un mois après son passage au parlement le 9 août 2011, c’est-à-dire le 8 août 2011, ce qui rend donc impossible l’inscription des 2.5 millions de Camerounais de la diaspora (chiffre de Charles Ndongo de la CRTV), avant le délai d’inscription sur les listes électorales qui est le 31 août 2011.

9. Parce que s’inscrire sur des listes électorales et voter à une élection organisée de telle façon, encore plus une élection présidentielle, serait cautionner l’exportation de la fraude électorale dans un pays démocratique, les États-Unis.

10. Et parce que ce serait profondément ternir l’image de marque du Cameroun à l’extérieur.

Nous les soussignés avons décidé, en une réunion tenue le 18 août 2011 de boycotter les inscriptions sur les listes électorales et de boycotter les élections présidentielles qui seront tenues sur la base de celles-ci. Nous informerons tous les membres de la communauté camerounaise aux Etats-Unis, des actions qui seront posées pour l’application de cette décision.

Nous exhortons les autres compatriotes de la diaspora camerounaise des autres pays à boycotter également les inscriptions sur les listes électorales, tout comme le vote aux élections présidentielles.

Noms :

Corantin Talla (Conscience du Cameroun)

Leon Tuam, écrivain

Simon Pemel (Cameroon Action Movement)

Marcel Sime (UPC)

Alain Kameni (UDC)

Patrice Nganang, écrivain

 
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