mardi, 21 novembre 2017
 

Cameroun : CONFERENCE DE PRESSE DU MANIDEM

Mouvement Africain pour la Nouvelle Indépendance et la D E Mocratie

DECLARATION LIMINAIRE

Mesdames, Messieurs, Chers Invités,

L’année 2011 est décidément africaine. Les événements qui se succèdent depuis le début de cette année nous font penser que les peuples africains ont décidé de prendre leur destin entre leurs mains.

Il s’agit peut-être d’une nouvelle ère de la longue lutte que nos peuples mènent depuis plus d’un siècle pour leur émancipation. Après les luttes des années 50 et 60 pour les indépendances, celles des années 90 pour le multipartisme et la liberté d’expression, voici venue l’heure des luttes pour la DEMOCRATIE, la SOUVERAINETE et le BIEN ETRE. Nos peuples, et c’est légitime, veulent décider de leur destin.

L’Histoire a engendré une race d’autocrates qui ont pu et su se maintenir à la tête de nos Etats contre la volonté de nos peuples. Avec la complicité de l’Occident dont le mépris pour les peuples africains est depuis longtemps avéré, les autocrates chefs d’Etat ont, contre protection, servi presque exclusivement les intérêts géostratégiques et économiques des pays occidentaux, créant de ce fait misère et désolation dans nos pays. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : d’après le rapport de l’INS (Institut National de la Statistique) du 1er semestre 2010, 90% de la population active de notre pays est occupée dans le secteur informel ! Le taux de chômage des diplômés de l’Enseignement Supérieur dépasse 60% ; l’espérance de vie d’un Kamerunais est descendue en dessous de 50 ans ! Dans le DSCE (Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi) publié en 2009 par le Ministre de l’Economie, de l’Aménagement du Territoire et de la Planification, on nous apprend qu’un Kamerunais sur deux vit en dessous du seuil de pauvreté soit avec moins de 500 F CFA/jour ! Qu’un Kamerunais sur deux n’a accès ni à l’eau potable, ni à l’électricité ! Que le Kamerun compte un médecin pour 15.000 habitants ! Que l’analphabétisme touche jusqu’à 70% de nos compatriotes dans certaines de régions ! Que le paludisme, principale cause de mortalité, sévit de manière endémique sur toute l’étendue du triangle national ! Malgré de tels records, le régime de M. BIYA prétend que le Kamerun peut accéder à l’émergence dans moins de 25 ans.

Nous disons que c’est possible. A une et une seule condition : que le peuple Kamerunais et sa Jeunesse en particulier, principale victime de la gestion catastrophique de M. BIYA, décide de se mobiliser pour exiger le changement. A propos justement de la Jeunesse Kamerunaise, sa déception est grande après le discours de M. BIYA, le 10 février dernier. Rien, absolument rien de concret n’est envisagé pour la Jeunesse Kamerunaise. Comment pourrait-il en être autrement lorsque pendant 28 ans, M. BIYA n’a, comme seule politique en direction des Jeunes, que des promesses jamais tenues. La gratuité de l’école publique par exemple n’est effective nulle part au Kamerun puisque les parents sont contraints au paiement des frais d’APE, des livres et fournitures scolaires. Les problèmes sont pourtant nombreux et urgents. Les campus des Universités publiques n’offrent que 800 places alors que la population estudiantine dans ces universités est estimée à 80.000 jeunes ! Les infrastructures scolaires sont en nombre et en quantités dérisoires.

On trouve, en pleine ville de Yaoundé des lycées avec 150 enfants par classe ! D’après le Ministre Zacharie PEREVET, on compte 3.000.000 de chômeurs au Kamerun, la plupart étant jeunes ! Les 25.000 emplois promis par M. BIYA aux Jeunes, s’il tient sa promesse, apparaissent dérisoires. Pourtant, les moyens financiers pour résoudre les problèmes des Jeunes existent. Il suffirait par exemple de mettre fin aux détournements des recettes publiques et à l’exploitation illégale des forêts pour mettre à la disposition de l’Etat 450 milliards de F CFA chaque année ; ces chiffres sont donnés par le SNLCC (Stratégie Nationale de Lutte Contre la Corruption) document réalisé par la Commission nationale anti-corruption et publié le 08 février 2011. Ces données sont corroborées par les enquêtes des ONG Greenpeace et Forest Monitor.

IL FAUT LE CHANGEMENT

C’est la raison pour laquelle le MANIDEM invite les citoyens Kamerunais âgés de 19 ans et plus, à aller s’inscrire massivement sur les listes électorales. Trois élections majeures nous attendent cette année et l’année prochaine.

A propos de l’élection présidentielle, le MANIDEM a décidé de présenter un candidat à l’élection présidentielle, dans le cadre la CFDP (Convergence des Forces Démocratiques et Patriotiques) . Notre candidat sera désigné au mois d’avril. Le MANIDEM prendra donc part, entièrement part, à l’élection présidentielle d’octobre 2011. Vu les moments historiques que vit l’Afrique et compte tenu de ce que notre Peuple a trop souffert des régimes UNC et RDPC, nous appelons M. BIYA et ses plus fervents partisans à oeuvrer pour que notre pays ne connaisse pas les émeutes et le chaos que nous observons ailleurs, chaos causé par la cécité des autocrates qui veulent mourir au pouvoir.

Après 29 ans passés à la tête du Kamerun, M. BIYA doit passer la main, se retirer de la vie politique et jouir d’une retraite paisible. En d’autres termes, M. BIYA ne doit pas être candidat à l’élection présidentielle d’octobre. C’est le plus beau cadeau qu’il ferait à son pays. Et puisque ce jour est le jour anniversaire de la naissance de M. BIYA, nous lui disons : « Bon anniversaire Monsieur le Président, merci et au revoir. Nous vous souhaitons santé et longue vie dans votre retraite paisible ».

Tout entêtement de M. BIYA à vouloir s’éterniser au pouvoir conduira notre pays au chaos. Est-ce ainsi que M. BIYA voudrait quitter la scène politique à laquelle il a consacré à ce jour 38 ans de sa vie ?

En quittant à temps les affaires, M. BIYA permettra que les élections se tiennent dans la transparence et que le jeu politique s’aère et offre des perspectives de progrès à notre Peuple et aux acteurs sociaux et politiques. Il permettra aussi que l’alternance se déroule dans la paix.

Le MANIDEM est prêt, dans cette hypothèse, à apporter sa contribution patriotique en prenant toutes ses responsabilités. Le MANIDEM dit ce qu’il fait et fait ce qu’il dit.

Le Bureau Politique du MANIDEM

 
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