lundi, 23 octobre 2017
 

Cameroun : Hausse des Prix du Carburant, VOICI LES EXIGENCES DES CONSOMMATEURS !

Devant la levée de bouclier générale et sous la pression de la société civile, le gouvernement n’a pas osé procéder le 1er Août 2012, comme initialement prévu, au réajustement à la hausse des prix du carburant à la pompe. En d’autres termes, « l’inéluctable » suppression des subventions publiques sur les produits pétroliers a finalement été reportée sine die.

C’est un indéniable recul, nonobstant les élucubrations de M. Grégoire OWONA, Ministre du Travail et de la Sécurité Sociale, qui continue de claironner le caractère prétendument « nécessaire et inévitable » de cette décision. Les forces sociales ont marqué un point inhabituel et significatif dans ce lancinant bras de fer. Toutefois, loin d’être naïfs, nous savons qu’en dépit de l’impopularité de cette mesure et de l’échec évident de sa propagande, menée tambours battants avec l’aide des médias d’Etat, le gouvernement n’a pas renoncé à ce projet inique.

En tout état de cause, le RACE et l’ensemble de la société civile réaffirment leur ferme opposition à la hausse des prix du carburant au Cameroun. D’ailleurs, la position insensée des autorités sur cette question a eu pour effet de radicaliser et renforcer le « Front citoyen de refus » contre cette initiative antisociale, dictée par le FMI et la Banque mondiale. Comme nous l’avons démontré ces dernières semaines, notre détermination à faire barrage à ce projet est sans faille et nous mettons vivement en garde les pouvoirs publics contre les conséquences de la « stratégie du fait accompli ». Une décision unilatérale sur les prix du carburant entrainera inéluctablement une explosion sociale.

Qui plus est, la parodie de « dialogue social » récemment organisée par le gouvernement, n’a abouti à aucun résultat concret. Toutes les réunions de concertation et autres conciliabules avec les syndicats et les organisations de défense des droits des consommateurs se sont soldées par de simples effets d’annonces destinées aux médias. Jusqu’à présent, le gouvernement a été incapable de dévoiler les pseudo-mesures d’accompagnement promises à chacune de ces rencontres.

A ce jour, nos revendications demeurent les mêmes. En plus des exigences de transparence sur la gestion de la rente pétrolière nationale et l’affectation de l’argent du pétrole, nous demandons l’amélioration du niveau de vie du consommateur par le relèvement de son revenu disponible et l’infléchissement durable de la courbe ascendante des prix à la consommation.

Plus concrètement, nous réclamons en contrepartie : le revalorisation du SMIG à 75.000 FCFA ; l’augmentation de 75% des salaires des fonctionnaires et des petits salariés du privé ayant un revenu brut inférieur ou égal à 100.000 FCFA ; l’instauration d’un « Revenu de solidarité nationale » de 25.000 FCFA pour chaque citoyen Camerounais au chômage, âgé d’au moins 25 ans ; enfin, pour impacter plus sérieusement le pouvoir d’achat du consommateur, nous proposons de ramener de 19,25% à 10% la TVA sur tous les produits et services de première nécessité, dont la liste sera homologuée par le gouvernement, en concertation avec les partenaires sociaux représentatifs.

La satisfaction préalable de chacune de ces revendications, que nous venons par une correspondance itérative d’adresser au gouvernement, est la condition sine qua non à l’entame de toute discussion sur une éventuelle remise en cause des subventions sur les produits pétroliers. Pour le financement de cet exceptionnel train de mesures, il suffit aux pouvoirs publics de décider enfin d’une répartition équitable des énormes revenus du pétrole au bénéfice de chaque Camerounais. C’est une simple question de justice sociale.

En attendant cette perspective idyllique, nous appelons les consommateurs et toutes les organisations partenaires du RACE à rester mobilisés et vigilants.

L’accès à l’énergie est un droit essentiel et inaliénable !

Fait à Douala, 11 Août 2012

Pour le Bureau Exécutif du RESEAU ASSOCIATIF DES CONSOMMATEURS DE L’ENERGIE (RACE)

- Paul Gérémie BIKIDIK, Président
- Jean Baudelaire BELENGUE, Secrétaire Général Adjoint
- Clément JOU MOUAFO, Membre du Bureau

Membre de/Member of Consumers International - www.consumersinternational.org

Membre de l’Association Internationale Droit à l’Energie Sos Futur - www.energiesosfutur.org

Association agréée auprès de l’Agence de Régulation du Secteur de l’Electricité – ARSEL

Membre du Comité National de Veille du Ministère de l’Energie et de l’Eau – MINEE

Membre de la Coalition des Associations de Consommateurs – CAC

1 commentaire
  • Voilà enfin quelques propositions qui s’inscrivent dans le sens d’un souci social, d’une justice sociale et de l’équilibre morale de tout citoyen.

    je voudrais ici saluer cette initiative du RACE et dire que tous les Camerounais devraient s’allier à cette cause.

    Par ailleurs, je voudrais dire que le RACE devrait demander plus que ça. Au Gabon voisin, le SMIG est de 150 000 FCFA. Au Cameroun nous sommes à 28 000 FCFA. soit un écart d’environ 120 000 FCFA.
    Pourquoi un si grand écart alors que le Gabaon n’est pas deux fois plus cher que le CAMEROUN ?
    on devrait à cet effet demander un SMIG minimum de 125 000 FCFA, ou tout au moins 100 000 FCFA. En outre, toutes les conventions collectives devraient être mises à jours. En effet, beaucoup de convention collectives sont caduques et dépassées. Il convient de préciser que cette mise à jour ne suffit pas mais encore faut il qu’il soit applicable. les grilles des salaires ne sont pas respectées.

    Sur quelles bases fixe t-on les salaires au Cameroun ? tout emploi devrait avoir un contrat de travail écrit et signé des parties, avec un exemplaire déposé à l’inspection du travail. Comment expliquer que vous êtes titulaires d’un master et vous touchez moins qu’un titulaire de BTS ? pour moi, l’obligation doit être faite aux employeurs de respecter les conventions collectives. Egalement, toute augmentation de salaire dans le public, doit s’accompagner par une augmentation similaire dans le privé.
    Quel est ce pays où finalemnt ce sont les fonctionnaires qui sont les plus riches ? en quoi est ce qu’on encourage alors les employés du Privés.

    Vive le RACE

 
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