dimanche, 21 avril 2019
 

Cameroun : Un congrès de tous les dangers

Le congrès du 14-16 août 2014 de l’Union des Populations du Cameroun :

Le congrès ordinaire de l’Union des Populations du Cameroun aura lieu du 14 au 16 août 2014 à Douala. Il a pour thème « Un parti fort pour un mouvement social fort ».

3 ans après le congrès de clarification idéologique de 2011 et 6 ans après celui de la reconstruction de 2008, le congrès de 2014 continuera l’œuvre de ré-enracinement de l’UPC au sein du peuple kamerunais.

Il faut préciser d’emblée que l’Union des Populations du Cameroun dont il s’agit ici, est l’UPC que les médias et les commentateurs politiques désignent comme « L’UPC des Fidèles ». Ceci par opposition à d’autres soi-disant « UPC » qui n’ont de cesse, depuis leurs existences successives, de s’inféoder au régime en place notamment en recherchant la reconnaissance et la collaboration avec ce dernier, à l’instar de feu le ministre Augustin Kodock, présenté comme « upéciste ».

Afin de lever toute équivoque sur la nature et l’âge de « L’UPC des Fidèles », il est unanimement reconnu, y compris par les autres pseudos « franges » de l’UPC, que l’UPC « des Fidèles » est l’héritière légitime de l’UPC qui, sans aucune discontinuité depuis 1948, dirigée par Ruben Um Nyobé, Félix Moumié, Ernest Ouandié, Woungly-Massaga, Ndoh Michel, Samuel Mack-Kit, entre autres, résista au système colonial, puis aux régimes de M.Ahidjo et de M. Biya. Le dossier de presse qui accompagne le présent communiqué en est l’illustration.

Cependant, comme en 2008 et en 2011, il est probable que le régime de Yaoundé tente, par la force et le déni de droit, d’empêcher la tenue du congrès de 2014. L’UPC, coutumière de ces menaces et intimidations, a toujours su tirer son épingle du jeu. En 2011 par exemple, malgré la mobilisation du Bataillon d’Intervention Rapide, le tristement célèbre BIR, le congrès de 2011 avait pu se tenir, aboutissant à l’actualisation l’idéologie du parti, le nationalisme révolutionnaire, et à la désignation d’une nouvelle direction à la tête du parti.

Cependant, le danger auquel l’UPC pourrait faire face cette fois-ci est encore plus grand, voire critique. En effet, le contexte dans lequel se déroule ce congrès présage des pires violations de droits humains et de déni de démocratie.

En juillet 2013, sous le patronage insistant du ministre de l’Administration Territoriale (Intérieur), René Sadi, les franges pro-gouvernementales de « l’UPC » se sont réunies dans le bureau de ce dernier pour organiser leur participation concertée à la mascarade électorale législative et municipale de septembre 2013.

11 mois plus tard, début juin 2014, sur ultimatum du même ministre M. Sadi, ces franges ont tenu un pseudo congrès aux résultats contestables et contestés par certains de leurs propres partisans. La « direction » issue de ce congrès de l’UPC gouvernementale a été au moins médiatiquement adoubée par un communiqué sibyllin du Ministre de la Communication, autorisant cette « direction » à désigner un représentant pour les émissions politiques de la radio télévision gouvernementale.

Ces manœuvres, de même que plusieurs autres indices, attestent de la volonté latente du régime d’éliminer purement et simplement de la scène politique nationale L’UPC restée fidèle aux objectifs et aux idéaux de sa création.

Les sections extérieures de L’UPC attirent donc l’attention des médias nationaux et internationaux, des ONG de défense des droits humains et des organisations démocratiques sur les risques d’interdiction de leur congrès et les violences conséquentes, ainsi que sur les violations des droits humains et des libertés fondamentales qui accompagneront ce déni de démocratie.

Elles demandent à toutes et tous d’être vigilants et attentifs à ce qui se passera à partir du 14 août à Douala. Il serait en effet catastrophique pour la démocratie, pour l’histoire du Kamerun et pour le peuple kamerunais que L’UPC, qualifiée aujourd’hui « des Fidèles » soit éliminée du paysage politique kamerunais, africain et mondial par la répression du régime de M. Biya.

C’est cette UPC-là qui a résisté pendant 35 années, en clandestinité, contre le système colonial et néocolonial.

C’est cette UPC-là qui, tout au long de ses 66 années d’existence, a noué de nombreuses et fructueuses relations qui persistent encore, avec plusieurs partis progressistes du monde, principalement en Afrique et en Europe.

C’est cette UPC-là qui porte haut, sur place au Kamerun et à l’étranger, les aspirations fondamentales du peuple kamerunais et qui se bat encore et toujours pour que triomphe enfin la cause du peuple kamerunais, à savoir sa souveraineté, sa cohésion et l’élévation de son niveau de vie.

Pour l’UPC (sections d’Europe)

René EMEH ELONG Section de FRANCE

Moïse ESSOH Section du BENELUX

 
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