lundi, 11 décembre 2017
 

LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT NATIONAL DU RASSEMBLEMENT DEMOCRATIQUE DU PEUPLE CAMEROUNAIS (RDPC)

Monsieur le Président, en date du 04 Septembre 2011, vous avez déposé votre dossier de candidature à l’élection présidentielle. La validation de votre candidature est consternante même si ell...e était prévisible au vu des signaux émis par vos partisans. La validation de votre candidature fait en nous l’effet d’une bombe. Nous venons par cette lettre réagir à cet évènement.

Monsieur le Président, par votre déclaration de candidature, vous avez trahi le serment que vous avez prêté le 03 Novembre 2004. En cette occasion là, il vous avait été posé la question suivante : « Monsieur le Président de la République, vous engagez-vous sur l’honneur à remplir loyalement les fonctions que le peuple vous a confiées et jurez-vous devant Dieu et devant les hommes de consacrer toutes vos forces à conserver, protéger et défendre la constitution et les lois de la République du Cameroun, à veiller au bien général de la nation, à soutenir et à défendre l’unité, l’intégrité et l’indépendance de la patrie camerounaise ? » A cette question vous avez répondu : « je le jure. » Par cette prestation de serment vous avez implicitement signé avec le peuple camerounais le pacte de ne plus vous présenter à une élection présidentielle, puisqu’au moment des faits la constitution en son article 6 alinéa 2 stipulait que : « Le président de la république est élu pour un mandat de sept (7) ans renouvelable une fois. » Cependant, en 2004 vous avez brigué un deuxième septenat. Prétendre briguer un nouveau mandant venant de votre part relève tout simplement de l’irréel. Votre serment du 03 Novembre 2004 fait de vous un Président de la République ne pouvant être candidat à sa propre succession. La révision constitutionnelle du 14 Avril 2008 ayant affectée l’article 6 alinéa 2 de la loi n°96-06 du 18 Janvier 1996 ne saurait être le sésame pour votre candidature. La mutation de facto de votre mandat de sept (7) ans non renouvelable en un mandat renouvelable échappe à notre compréhension, nous nous demandons : par quelle alchimie ? Il nous semble que pour que vous puissiez jouir de l’article 6(2) nouveau de la constitution, il vous fallait au préalable vous décharger de votre serment présidentiel de 2004 afin de devenir citoyen ordinaire. Ce que vous n’avez pas fait. Vous êtes demeuré Président de la République sans discontinuer de 1997 à nos jours soit quatorze (14) ans c’est-à-dire deux septenats.

Monsieur le Président, le juriste et administrateur de formation, le haut fonctionnaire à la retraite et le Président de la République que vous êtes connait mieux que quiconque au Cameroun ce qu’est une prestation de serment présidentiel car vous avez été soumis à cette obligation constitutionnelle plusieurs fois dans votre vie, vous avez assisté à des prestations de serment de vos homologues et connaissez le faste et la solennité qui entourent cette cérémonie. Vous savez que cette cérémonie est tout sauf du folklore. Lors de votre prestation de serment du 06 Novembre 1982 vous déclamiez : « L’engagement d’ordre constitutionnel est la réaffirmation du serment que je viens de prêter…. Je n’y faillirai point ». Le Bantou que vous êtes n’ignore pas le caractère sacré de la parole. Les initiés comme vous ont un sens poussé de l’honneur, de l’engagement, du respect de la parole donnée. Nous rappelons pour le peu que nous connaissons que vous êtes NNOM NGII, FON des FON, Notable de diverses chefferies et communautés Camerounaises. L’initié à la conscience de la rupture d’un pacte, il est imprégné du respect des règles et connait la rigueur de la non observance de celles-ci. Or il s’avère que vous avez signé un pacte avec le peuple camerounais le 03 Novembre 2004, à l’occasion de votre prestation de serment. Monsieur le Président National du RDPC vous avez failli ! Vous avez failli en déclarant votre candidature. Vous avez failli en répondant à l’appel aveugle et peu sincère dont une certaine littérature de l’heure se charge de la diffusion. L’appel dit du « peuple » vous a induit en erreur.Nous reconnaissons que nous sommes dans un Etat de droit malgré les imperfections inhérentes au peu de culture démocratique de notre société et à la prévarication à tous les niveaux. La preuve, l’attitude curieuse qui des instances qui ont validé votre candidature qui à nos yeux est irrecevable. Ces instances n’ont pas épargné au Cameroun de s’illustrer tristement une fois de plus dans les annales de l’histoire contemporaine des élections. Monsieur le Président National du RDPC, l’objet de cette lettre ouverte est de vous demander de retirer votre candidature à l’élection présidentielle. Nous trouvons votre démarche inopportune et anachronique, car selon nous, vous avez trahi le pacte conclu avec le peuple camerounais réel au sortir de votre dernière prestation de serment. Nous entrons en grève de la faim ce jour à 13h à la place de l’independance à yaoundé (sis hotel de ville )pour manifester notre indignation .

Monsieur le Président, nous vous remercions de nous avoir lu attentivement et vous prions d’gréer l’expression de notre très haute considération.

MINLEND BIPINDI MOTO-TAXIMAN

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