mardi, 18 décembre 2018
 

Appel à la mobilisation des Forces Vives du Congo

DECLARATION DE L’ASSEMBLEE GENERALE

DE LA PLATEFORME ASSOCIATIVE « ASSISES NATIONALES DU CONGO »

TENUE A PARIS LE 26 OCTOBRE 2014

Peuple Congolais,

Chers(es) Citoyennes, Citoyens et amis du Congo Brazzaville de l’intérieur et de l’extérieur.

Depuis plusieurs années, le Congo connait une crise politique, sociale et culturelle dont une des dimensions importantes est l’absence d’élections libres et démocratiques. Deux ans avant la fin du second et dernier mandat du Général-président Denis Sassou Nguesso fixée au mois d’août 2016, conscients des enjeux spécifiques au Congo-Brazzaville et géostratégiques en Afrique, les Congolaises et les Congolais récusent la perpétuation de l’ordre despotique rétabli au Congo depuis le coup d’État de 1997.

Plus que jamais, les citoyennes et citoyens du Congo Brazzaville savent que le Général-président veut empêcher l’alternance démocratique en reniant sa propre constitution dans le seul dessein de conservation du pouvoir. Ces citoyennes et citoyens sont angoissés par l’accumulation des périls à l’horizon liés aux manœuvres dilatoires du régime de Brazzaville qui s’apprête, avec cynisme, à organiser un passage en force. Ces périls sont d’autant plus préoccupants qu’ils dévoilent chaque jour la stratégie de déstabilisation de la région Afrique Centrale du Général-président.

Dans l’objectif du changement de système politique au Congo, la Plateforme associative « Assises Nationales du Congo » fonde son action sur les exigences déjà formulées et rendues publiques au mois de Juin 2014 à savoir :

Le refus de la modification ou du changement de la constitution congolaise du 20 janvier 2002 afin de signer la fin du régime d’exception actuel et de laisser le peuple prendre en main son destin ;

Le refus de tout référendum sur la constitution ;

Le rejet total des résultats du recensement administratif spécial 2013 ;

Le refus d’organisation d’élection sans une commission électorale nationale indépendante dûment accréditée par toutes les parties prenantes à savoir : les partis politiques, la société civile, sous l’égide de l’Union Africaine, des Nations Unies et de l’Organisation Internationale de la Francophonie ;

Le refus catégorique de toute participation à un gouvernement d’union nationale qui ne répondrait pas aux aspirations souveraines du peuple congolais ;

La fin du régime d’exception instauré depuis 1997 et la nécessité d’un nouvel ordre politique, économique et social au plus tard en août 2016.

Sur cette base, les Assises Nationales du Congo remercient et félicitent le peuple Congolais pour avoir répondu massivement à l’appel au boycott du simulacre de scrutin local et municipal du 28 septembre 2014, appel lancé par toutes les Forces Vives de la Nation au Congo et à l’étranger. Avec moins de 10 % de votants à cette mascarade électorale, l’opinion internationale peut constater combien est ferme la volonté du peuple congolais à s’opposer à toutes les magouilles électorales et à toutes les velléités de brigandage politique et sécuritaire en préparation dans les officines du régime d’exception du Général-président.

Par ailleurs, les Assises Nationales du Congo, appuient la démarche des victimes, des parents et de tous nos compatriotes, victimes des violations des droits humains au Congo-Brazzaville. Elles saluent la décision de la Justice Française du 08 octobre 2014 dans « l’affaire des disparus du Beach ». En effet, la poursuite des procédures judiciaires contre les auteurs des crimes humains et leurs commanditaires directs ou indirects est un acte salutaire, d’autant plus que le pouvoir de Brazzaville ne cesse de briller par son mépris des droits fondamentaux.

C’est pourquoi, nous dénonçons vigoureusement les persécutions, les disparitions forcées et autres crimes graves qui se multiplient ces derniers mois dans notre pays. Entre autres cas que nous déplorons, ceux

De Monsieur BOUZEZE MILANDOU Chardin, arrêté le 26 décembre 2013 et porté disparu depuis le mois de janvier 2014 comme l’atteste le communiqué en date du 15 septembre 2014 de l’Observatoire Congolais des Droits de l’Homme.

Du docteur NIANGUI MANKELE Eugène, enlevé et séquestré dans les geôles privées du général Philippe Obara directeur général de la DGST depuis le 13 septembre 2014.

De Monsieur Alphonse NSIMBA NDIMBANI, Président fondateur du parti politique FPU (Front des Patriotes Unis), enlevé à Pointe-Noire le 02 octobre 2014 et déporté vers la même DGST à Brazzaville, aujourd’hui entre la vie et la mort après des séances de torture.

En tout état de cause et au nom de tous les démocrates congolais, nous tenons et tiendrons pour responsable le Général-président Sassou Nguesso et ses sbires, des arrestations arbitraires et des traitements humains dégradants que subissent nos compatriotes.

C’est pourquoi, les Assises Nationales du Congo rappellent à l’opinion nationale et internationale que l’histoire post-indépendance de notre pays est lourdement entachée de larmes et du sang des innocents, victimes de l’intolérance et du terrorisme d’État, et que Denis Sassou Nguesso est un dictateur à double visage, médiateur autoproclamé dans les conflits sous-régionaux et chef militaire agressif et brutal contre ses compatriotes.

C’est ici l’occasion pour la plateforme « Assises nationales du Congo », d’appeler la Force Publique Républicaine à se désolidariser de l’action politique et sécuritaire funeste de ce Général-président et de ses suppôts.

La plateforme associative « Assises nationales du Congo » invite les partenaires politiques et économiques du Congo en particulier, la communauté internationale en général, à s’investir dans la restauration d’un véritable État de droit dans notre pays. Ce combat politique du peuple congolais est aussi le votre, car il est le seul gage de la sécurité et de la quiétude sociale et économique dont ont besoin le Congo, ses citoyens et ses amis, dans une Afrique centrale en proie à de graves crises politiques, sécuritaires et confessionnelles.

En outre, les Assises Nationales du Congo soulignent fermement, qu’au-delà de son combat contre les violations des droits humains, notre peuple veut mettre fin aux crimes économiques qui caractérisent le régime du Général-président qui a pris la République en otage pour s’approprier les ressources pétrolières. Dans cet esprit, nous nous engageons à soutenir énergiquement toutes les initiatives et toutes les procédures judiciaires visant les Biens mal acquis, la corruption et le pillage massif du Congo au profit d’un clan.

En conséquence, les Forces vives de la Nation, réunies en Assemblée Générale de la plateforme « Assises Nationales du Congo », invitent les populations de tous nos villages et villes, et celles de la diaspora, à la résistance et à la dénonciation vigoureuse de l’oppression et de la paupérisation dont elles sont si injustement victimes depuis plus de dix sept (17) ans. Elles lancent un vibrant appel au rassemblement des forces politiques, associatives et patriotiques, au Congo et à l’étranger. Elles les exhortent à la mobilisation en vue de mettre fin au système politique moyenâgeux qui met en péril nos vies, celles de nos enfants et petits-enfants.

Chères sœurs, chers frères et cher(e)s ami(e)s du Congo, où que vous soyez, au pays ou à l’étranger, Unissons-nous pour que triomphe notre cause commune.

Vaillants officiers, sous officiers, hommes de rang, gendarmes, policiers et matelots, votre honneur et votre devoir est de protéger le peuple auquel vous appartenez, avec lequel vous subissez quotidiennement l’humiliation et endurez la même misère et les mêmes peines. Nous savons que vous êtes offusqués par « la raison de ces plus riches et plus forts » qui barbotent dans une opulence ostentatoire, que vous êtes et resterez les garants d’une nation unie libérée du régime d’exception que subit notre pays. La plateforme « Assises nationales du Congo » vous invite à rejoindre le peuple dans son combat pour la liberté et la restauration de l’État de droit dans ce qui est et restera notre patrie à tous.

Travailleuses et travailleurs congolais, votre cause est la nôtre. Votre emploi, votre salaire, vous le méritez. Nous vous appelons à revendiquer votre droit légitime à exister librement et en toute sécurité. Refusez la servitude volontaire qui rend possible la perpétuation du mal qui est le pouvoir actuel.

Jeunes congolaises et congolais, votre avenir nous préoccupe. Il sera la conséquence de votre lucidité et de votre détermination à combattre la corruption et la dictature aujourd’hui. Levez-vous pour vilipendez ceux qui en sont les auteurs, pour dire NON ! au dictateur Sassou Nguesso et à son régime.

Enfin, les Assises Nationales du Congo, réunies en Assemblée Générale ce jour, sont solidaires de la lutte du peuple frère burkinabé qui montre la voie à suivre dans le combat des africains contre les dictatures qui s’accrochent au pouvoir.

Vive l’idéal de liberté et de dignité !

Vive la fin du régime d’exception, maintenant et au plus tard en 2016 !

Vive la restauration de la démocratie !

Fait à Paris, le 26 octobre 2014.POUR LA PLATEFORME « ASSISES NATIONALES DU CONGO »,

L’ASSEMBLEE GENERALE

 
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