mardi, 18 décembre 2018
 

Congo-B : Communiqué FCD : Emmanuel Ngouolondélé et Ange Edouard Poungui‏

Communiqué sur la situation de violation des libertés de circuler

Il ne se serait agi que d’une « mesure générale concernant tous les hommes politiques pour leur permettre d’assister à la fête de l’indépendance » (sic) habilement couplée avec la date de prestation de serment du « roi du Congo » ! Un mois plus tôt en effet (12 juillet 2009), Sassou était « largement plébiscité » par des congolais trop heureux de le porter à leur tête pour un second mandat de 7 ans après qu’il en ait épuisé 25. Vingt cinq ans de régression forcenée. Un tel prétexte prêterait à sourire s’il ne symbolisait le quotidien des Congolais. A l’instar de l’ancien régime, les Congolais ont en effet un devoir absolu vis-à-vis du souverain : ne contester sous aucun prétexte, ni sa personne, ni sa politique, ni son régime. En contrepartie, ses heureux sujets ont tous les droits, en particulier celui de se taire. Emmanuel Ngouolondélé et Ange Edouard Poungui peuvent donc s’estimer heureux. En d’autres temps ou plutôt de leur temps, ils croupiraient dans les geôles du régime au pain sec. Là, ils peuvent à loisir écumer les rues de Brazzaville et cogiter sur le crime de lèse majesté perpétré. La magnanimité de Sassou n’est donc pas un vain mot. Et puis diantre, qu’iraient-t-ils faire à l’étranger alors qu’il fait si bon vivre au Congo ? Alimenter la propagande anti-Sassou ? Aux dernières nouvelles, nos bannis feraient l’objet d’une enquête de police à la suite de la manifestation (vite réprimée) de protestation de l’opposition contre l’élection usurpée de Sassou. Rappelons que selon les observateurs indépendants, moins de 10% des électeurs auraient pris part à ce simulacre d’élection ! Inadmissible pour le roi du Congo outré de l’indocilité de ses sujets bien aimés. Emmanuel Ngouolondélé et Ange Edouard Poungui constituent donc de parfaits boucs-émissaires. Car il en faut dans ce régime sans assise populaire véritable. Sitôt bannis, le souverain s’en est allé prendre quelques jours de repos bien mérités dans sa résidence princière de Marbella, en Espagne. Point de désinvolture dans cette attitude, mais la manifestation d’un mode de fonctionnement bien rodé. Répression et distance pour mieux apprécier les réactions nationales et internationales avant toute mesure de clémence ou de durcissement. C’est ici le lieu pour la FCD de dénoncer le régime dictatorial et liberticide de Sassou Nguesso. Les Congolais à qui il a promis un « changement de cap profond afin d’approfondir la démocratie congolaise » lors de son discours d’investiture sont prévenus. La démocratie s’arrête à la périphérie de son pouvoir. Il est le « CHEF » et entend le rester. Or, « un CHEF ça se respecte » dixit Sassou. Toute attitude de défiance à son égard lui est donc insupportable et mérite sanction. Réflexe purement pavlovien donc que le sien. Et il en sera ainsi en l’absence de sursaut citoyen. Les Congolais doivent être plus audacieux s’ils veulent obtenir quelque chance de briser le joug de la dictature et se donner un avenir. La désertion massive des urnes en 2007, 2008 et 2009, montre qu’ils sont prêts. Sassou le sait et s’activera pour sa part à contenir la vague qui monte. Répression, corruption, menaces, distillation de la peur, instrumentalisation et manipulation des ethnies ses armes de prédilection, sont affutées. Se résigner (il n’attend que ça) c’est se condamner à être spectateurde sa vie. Or, le CHEF (selon l’acception de Sassou) ça règne à vie et seule la mort peut y mettre un terme. Ministre de la Défense et de la Sécurité depuis 1975, il a déjà épuisé une génération et serait bien capable de venir à bout d’une deuxième si on n’y prend garde. Un scenario des plus funestes. Unis, ce scenario d’épouvante a peu de chance de prendre corps. Là est en effet l’avenir. Par delà les partis politiques qui ont largement montré leurs limites, les Congolais doivent œuvrer à la construction de ce lien indispensable à la défaite de Sassou, de ses sbires et de ses alliés. C’est pourquoi, joignant sa voix à tous les démocrates, la FCD exige qu’il soit immédiatement mis un terme aux mesures arbitraires d’interdiction de sortie et autres qui frappent E. Ngouolondélé et A.E. Poungui. Obsédé par la seule ambition qui ait vraiment du sens à ses yeux : conserver le pouvoir ad vitam aeternam, Sassou il faut le savoir, ne fera de cadeau à personne.

Paris le 29 août 2009 Contact : Olivier Bidounga 0622215044 Benjamin Moutsila 0683121292

 
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