dimanche, 16 décembre 2018
 

Congo Brazzaville - Madame Florence Parly : Ouvrez les archives sur l’opération pélican !

Madame Florence Parly,

Pélican, c’est le nom d’un oiseau que chaque Congolais avisé a appris à détester. C’est par ce nom de code que la France a choisi de nommer l’OPEX qui a scellé l’abandon du Congo à la barbarie de la guerre civile de 1997 : PÉLICAN II et III. La date retenue a été celle de la passation de service entre Alain Juppé et Lionel Jospin, celle d’une France aux abonnés absents.

Du 5 au 20 juin 1997 selon les sources disponibles mais dès Mars 1997, de mémoire de Congolais, vos militaires ont préparé une opération d’évacuation de ses ressortissants du Zaïre de Mobutu. En Mai, de mémoire de Congolais, au moment de la chute de Mobutu à Kinshasa, vos troupes, stationnées à Brazzaville, ont assisté passivement à l’escalade sanglante d’Owando organisée par Denis Sassou Nguesso ; comme elles n’ont rien fait pour empêcher les viols de femmes françaises dès les premières heures (témoignage de Madame de Parcevaux, descendante du Général de Lafayette, qui était sur place). C’est bien un mélange de FAZ du Zaïre, d’Interhamwés du Rwanda et d’anciens miliciens du Président tchadien Tombalbaye qui constitueront l’ossature des Cobras. Un point commun, tous étaient des militaires de régimes déchus pro-Français, des militaires formés souvent par la France et familiers à l’armement français.

1500 à 2000 militaires français engagés, plus de 6000 étrangers, majoritairement européens exfiltrés, 1 légionnaire mort et 6 blessés officiellement, les objectifs humanitaires de cette OPEX sont pour nous Congolais le masque d’une opération de soutien au renversement du régime de Pascal Lissouba. En effet, comme l’opération Turquoise, l’Opération Pélican qui a occupé l’aéroport de Maya Maya en Juin 1997 a favorisé et légitimé la rébellion de Denis Sassou Nguesso.

De mémoire de Congolais, comme l’opération Turquoise, l’Opération Pélican a laissé des armes à la rébellion et au delà du folklore du Journal de France 2 de l’époque, du personnel du renseignement militaire et des forces spéciales françaises ont été durant l’ensemble du conflit du côté de la rébellion de Sassou Nguesso.

Madame, cette OPEX c’est notre adolescence. C’est nos familles séparées entre qui est Français, donc a le droit de quitter l’enfer de la guerre, et qui doit y croupir. La démocratie congolaise a été assassinée et le couteau était “Made in France”. Selon Eric Denécé, Politologue, Chercheur reconnu et Consultant de votre ministère, 400.000 Congolais y ont laissé leur vie ; l’équivalent d’un Rwanda en proportion à sa population, mais sous une incroyable chape de plomb.

Madame, nous ne réclamons aucune excuse ni repentance de la part de la France mais la vérité et la mémoire.

Comme pour les archives du Rwanda, nous Collectif Sassoufit réclamons l’ouverture complète des archives sur l’Opération Pélican.

Collectif Sassoufit

 
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