jeudi, 22 juin 2017
 

Le WWF remporte le prix de "l’écoblanchiment de l’année" remis par Survival

L’exploitation forestière généralisée représente depuis de nombreuses années un sérieux problème pour les peuples autochtones des forêts tropicales.

Le Fond Mondial pour la Nature (WWF) a remporté le prix de “l’écoblanchiment de l’année”, remis par Survival International, pour sa collaboration avec sept entreprises exploitant près de 4 millions d’hectares de forêts qui appartiennent aux “Pygmées” baka et bayaka d’Afrique centrale.

Ce prix est attribué aux entreprises et organisations qui font passer pour de la protection de la nature la destruction de forêts appartenant à des territoires autochtones.

La Wildlife Conservation Society (WCS), basée dans le zoo du Bronx à New York, accède à la seconde place, également pour ses activités dans le bassin du Congo. Elle s’est associée à deux entreprises forestières, dont aucune n’a obtenu l’accord des peuples autochtones dans les zones qu’elles exploitent.

Le WWF qualifie ces entreprises forestières “d’opérateurs forestiers”. Selon le WWF, son partenariat avec ces entreprises a pour objectif de “promouvoir la gestion durable de ces forêts”.

Mais en réalité, tous ces partenaires du WWF sont accusés d’exploitation forestière illégale et aucun d’entre eux n’a reçu le consentement des “Pygmées” baka et bayaka. Une étude scientifique récente a établi que cette stratégie du WWF n’avait aucunement permis de ralentir la destruction de la forêt tropicale du bassin du Congo.

Dans un rapport datant de 2011, l’ONG environnementale Global Witness a expliqué que ce type de partenariats “permettait à certaines […] entreprises membres du WWF de tirer parti de leur association avec ce dernier et de son logo emblématique à l’effigie du panda, tout en poursuivant une exploitation forestière qui ne respecte pas les normes du développement durable, favorisant ainsi la conversion des forêts en plantations ou le commerce illégal du bois”.

De tels partenariats enfreignent également le règlement interne du WWF concernant les peuples autochtones, lequel exige que tous les projets soient menés avec le consentement total des communautés autochtones concernées.

Un Baka a déclaré : “C’est la forêt des Baka et nous la préservons depuis très longtemps. Ce sont les exploitants forestiers qui introduisent des armes à feu et leurs frères qui chassent tous les animaux.”

Une femme Baka a ajouté : “Nous sommes obligés de lutter contre cela parce que notre forêt est en train d’être complètement annihilée.”

Le directeur de Survival, Stephen Corry, a déclaré : “Les gens qui soutiennent le WWF s’étonneront peut-être d’apprendre que cette organisation fonctionne en lien aussi étroit avec les exploitants forestiers qui détruisent l’une des plus importantes forêts tropicales de la Terre. Les peuples autochtones du bassin du Congo, leurs gardiens originels, se trouvent ainsi mis à l’écart et leurs sociétés détruites. En Afrique comme en Asie, les grandes organisations de protection de la nature s’associent à l’industrie et au tourisme ; ce faisant, elles éliminent les meilleurs alliés de l’environnement. C’est une imposture qui nuit gravement à la protection de la nature. Peut-être que ce ‘prix de l’écoblanchiment de l’année’ incitera les personnes qui font partie du WWF et du WCS à exercer une pression sur leurs organisations pour les réformer. Il est grand temps d’écouter l’avis des défenseurs de l’environnement autochtones.”

 
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