mardi, 18 décembre 2018
 

RDC : Sur la conférence humanitaire

LUCHA & SAVE THE CONGO : Déclaration conjointe des groupes de la société civile congolaise sur la conférence humanitaire de haut niveau sur la République démocratique du Congo. (Également disponible en anglais. Une délégation de la LUCHA/Europe séjourne à Genève depuis ce soir pour le plaidoyer en marge de cette conférence).

Kinshasa, Londres, le 12 avril 2018 – Nous, les soussignés groupes de la société civile congolaise, félicitons les Pays-Bas, la Suède, la Commission européenne et le Bureau des Nations-Unies pour la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA) pour l’organisation de la Conférence humanitaire de haut niveau sur la République démocratique du Congo.

Nous nous félicitons en particulier de votre décision de maintenir la conférence malgré la campagne de chantage et de calomnies du « gouvernement » Kabila – une autre preuve du mépris que ce régime illégitime, inhumain et brutal a pour notre peuple. Même le nombre ahurissant d’enfants congolais qui meurent de faim et de malnutrition sévère ne signifie rien pour Kabila et ses hommes de main, tant qu’ils sont au pouvoir !

Par son attitude, le « gouvernement » de Kabila a démontré, pour ceux qui en doutaient encore, qu’il ne représentait pas le peuple congolais.

Nous félicitons également tous les gouvernements ainsi que les agences des Nations Unies, les organisations internationales et les organisations non-gouvernementales participant à cette conférence cruciale pour soutenir 13,1 millions de personnes, dont 4,9 déplacés internes, qui ont urgemment besoin de nourriture, d’eau et d’abris et de soins de santé, non pas pour vivre, mais bien pour survivre. Nous encourageons ceux qui ont déjà promis des contributions de tenir leur promesse : des millions de vies congolaises en dépendent.

Cette crise humanitaire n’est pas le résultat d’une catastrophe naturelle imprévisible ; c’est une tragédie créée par l’homme. Elle est marquée par la violence, souvent provoquée ou amplifiée par l’État, par une répression politique brutale et des violations flagrantes et répétées des droits les plus élémentaires de notre peuple, de notre constitution, et de l’accord politique de Saint-Sylvestre obtenu le 31 décembre 2016 grâce à l’Église catholique. Kabila, dont et le dernier mandat constitutionnel a pris fin le 19 décembre 2016, mais a continué à refuser de céder le pouvoir pacifiquement à travers des élections libres et équitables, en est le principal responsable. Son régime a semé le chaos et alimenté la crise à travers le pays afin qu’il puisse l’utiliser comme justification pour reporter indéfiniment les élections. Nous voulons voir Kabila et ses acolytes tenus responsables des vies et des communautés qu’ils ont détruites.

L’aide seule ne résoudra pas cette crise. Nous croyons que seules des élections libres, équitables et transparentes peuvent garantir la stabilité politique et mettre fin à l’interminable chaos sécuritaire et humanitaire. Nous vous exhortons à utiliser tous les moyens d’influence à votre disposition pour exercer une pression concertée sur le régime de Kabila, soit pour se conformer aux exigences qualitatives et aux délais fixés par le Comité Laïc de Coordination, soit pour qu’il cède le pouvoir pacifiquement pour que nous, le peuple congolais à travers les organisations de la société civile, puissions organiser des élections véritablement libres, équitables et transparentes qui aboutiront à un gouvernement basé sur la volonté populaire – condition nécessaire à la bonne gouvernance et à la paix durable en RDC et dans la sous-région.

 
A propos de Afriques en Lutte

Afriques en lutte est un collectif de militant(e)s anticapitalistes membres ou non de plusieurs organisations politiques. Ce site présente les articles parus dans le bulletin (envoi gratuit sur simple demande) ou d’autres publications amies. Notre objectif est de diffuser, à partir d’un point de vue militant, un maximum d’informations (politiques, économiques, sociales et culturelles) sur le continent africain et sa diaspora.

Si les articles présents sur ce site reflètent une démarche volontairement ouverte et pluraliste, leurs contenus n’engagent, bien évidemment, que leurs auteur-e-s. Tous les commentaires sont bienvenus. La rédaction se réserve toutefois le droit de les modérer : les propos injurieux, racistes, sexistes, homophobes, diffamatoires, à caractère pornographique, pédophile, ou contenant des incitations à la haine ne seront pas publiés.

Pour nous contacter : afriquesenlutte@gmail.com

Fils de nouvelles RSS
Thèmes