mardi, 23 mai 2017
 

RDC : le dialogue des hypocrites

Déclaration de la Commission Afrique du Parti de Gauche Paris, le 11 septembre 2016

Un dialogue a officiellement débuté le premier septembre entre l’opposition congolaise et le régime Joseph Kabila ; il s’agit en réalité d’un défilé d’experts qui glosent sur la question du chronogramme pour l’organisation de la prochaine élection présidentielle. Mais de quelle opposition s’agit-il ? Eugène Tshisekedi avec son UDPS voulait un dialogue sans préalables ; fort heureusement lors du rassemblement de Genval-Bruxelles, il a été contraint d’accepter, les revendications de la Dynamique de l’opposition à savoir : la libération de tous les prisonniers politiques, la liberté des media, le retour des exilés, la fin du dédoublement des partis, l’annonce par Joseph Kabila de son départ à la fin de son dernier mandat, la tenue des élections à la date officielle, le 27 novembre et son renoncement à une transition.

Edem Kodjo, médiateur complice du régime, a tout fait pour écarter ces préalables qui dérangent son commanditaire : en annonçant un comité préparatoire et en libérant quatre détenus politiques au milieu d’une liste des personnes déjà libérées. Qui plus est Joseph Kabila, grand adepte du « glissement » est allé en Ouganda déclarer que les élections n’auront pas lieu avant l’enrôlement de tous les électeurs, ce dont il aurait dû se préoccuper depuis longtemps en particulier lors du recensement rejeté en janvier 2015.

Il n’y a donc aucune raison d’aller au dialogue et les vrais opposants l’ont compris à commencer par ceux rassemblés dans la Dynamique de l’Opposition qui mobilise les masses, avec des figures comme Matungulu, Fayulu, Ingele, Mvuemba, Mukonkole ; mais aussi le doyen Etienne Tshisekedi qui vient de renoncer à la primature promise, le MLC de Bemba, le G7 avec Moïse Katumbi « l’ex dauphin de Kabila » ; contrairement au Front des démocrates, une organisation créée pour l’opportunité et l’UNC du sarkozyste puis « socialiste » Vital Kamerhe, soupçonné de rouler pour Kabila depuis son départ du parti présidentiel.

Le dialogue proposé est dans ces conditions une fuite en avant et une occasion rêvée pour le régime Kabila, qui a découvert les glissements progressifs du plaisir de rester au pouvoir par tous les moyens, de distribuer les postes à des affidés indignes de leur peuple.

Joseph Kabila, qui a placé des rwandais à tous les postes de responsabilité et travaillé activement à la balkanisation de son pays au grand bénéfice de son voisin et des prédateurs capitalistes de tous horizons, en est maintenant l’otage et doit partir. Le Parti de gauche proclame l’alternance irréversible et soutient les forces de progrès de la République Démocratique du Congo, dans leur lutte pour que la date prévue pour l’élection présidentielle soit respectée.

Pierre Boutry

 
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