vendredi, 24 novembre 2017
 

117 sur 120 : Mission accomplie mais la lutte pour le respect des valeurs démocratiques continue

« On ne veut plus de démocratie de façade. La démocratie, ce n’est pas qu’un bulletin dans les urnes. C’est une veille sur les élus et les entreprises. »

Cette citation à elle seule résume les réelles motivations de notre engagement ces derniers mois, pour les élections législatives libres, transparentes et républicaines. Un premier test pour Ali Bongo dans ses annonces des reformes, car on ne le dira jamais assez, les élections c’est le coeur de la démocratie.

Quelle société civile pour quelle Afrique ? Telle est l’interrogation que nous nous efforçons d’énoncer à la lecture et à l’analyse de la nombreuse littérature apparue dans les différents titres sur la place de Libreville concernant le rôle de la société civile et son utilité dans un environnement dit démocratique.

D’aucuns pensent qu’elle devrait être arbitre entre les tenants du pouvoir et les forces de l’opposition. D’autres estiment qu’elle trouve sa place dans le débat pour dénoncer les travers des dirigeants et une troisième tendance serait favorable à l’engagement de ses acteurs aux cotés de toutes les forces qui militent pour plus de démocratie, pour une reformes des institutions républicaines.

Pour nous qui sommes engagés au sein du mouvement citoyen CA SUFFIT COMME CA, le débat sur le positionnement de la société civile, du moins le groupement que nous constituons est clos, NOUS OEUVRONS AUX COTES DE CEUX QUI LUTTENT CONTRE UNE DEMOCRATIE DE FACADE. Le processus électoral que le pays vient de connaitre et qui, pour le chef de l’exécutif actuel, fut un test majeur pour mesurer sa volonté réelle d’effectuer des reformes comme annoncé au début de son mandat, et rompre ainsi avec le passé incarné par le règne sans partage de sa propre famille dont lui même, nous laisse plein d’enseignements.

Le premier enseignement repose sur le constat, qu’en renonçant à l’introduction de la biométrie dans la confection du fichier électoral, le PDG au pouvoir et le Chef de l’exécutif en premier, avaient fait le choix du passage en force pour absolument obtenir une majorité plus que confortable à l’assemblée nationale.

Le deuxième enseignement porte sur la fraude, le transfert de population et l’achat de conscience enregistrés lors du scrutin et de nombreuses autres irrégularités constatées lors du scrutin du 17 décembre 2011, et qui témoignent du manque de crédit que l’on peut apporter à un régime qui a pourtant promis toutes les garanties de transparence pour ces élections aux différents partenaires.

Le troisième enseignement concerne les organisations de la société civile « de services » qui continuent de se prêter au jeu dangereux de caution du viol des règles du jeu démocratique pour grignoter quelques petro cfa et venir enfin « vuvuzeler » dans les médias mis à leur disposition pourfendre ceux de leurs collègues qui refusent de trahir leur idéal. Quel crédit accorder à des organisations qui se sont présentées aux gabonais, comme indépendantes et observatrices du scrutin, et non les élections, et dont on sait qu’elles ont été entièrement financées pour cette observation par le gouvernement ?

De qui se moque-t-on ? Tous ces enseignements tirés nous amènent à une conclusion simple : nous avons eu raison d’adopter la posture qui est la notre aujourd’hui pour réclamer la reforme des institutions et surtout l’application des 13 points de la société civile car, nous sommes convaincus que le nouveau pouvoir, tout comme l’ancien, c’est blanc bonnet, bonnet blanc.

Ce pouvoir a peur de la transparence. Quelques faits illustrent ce constat. Le Gabon s’est engagé en 2004 dans l’Initiative de Transparence des Industries Extractives (EITI). En dehors des trois premiers rapports pour les données de 2004, 2005 et 2006, aucun autre rapport n’est rendu public 6 ans après le dernier. Les nouvelles autorités s’obstinent à maintenir l’opacité dans le domaine des industries extractives et pire, le nouveau pouvoir ne semble pas accorder de l’importance à l’EITI. Le Gabon est engagé dans les négociations avec l’Union Européenne dans le cadre du processus FLEGT pour plus de transparence dans la traçabilité du bois au sein du secteur de l’économie forestière.

A ce jour, la société civile assiste à une sorte de danse de la patte de la tortue. Un pas en avant, deux en arrière. Enfin, nous avons tous suivi l’attitude de la délégation officielle gabonaise au dernier sommet des Nations Unies sur les changements climatiques de Durban. Au moment où les pays de la sous-région tentent d’adopter une position commune sur la question, le Gabon se marginalise en menaçant même de ne pas appliquer le REDD au Gabon et sortir de la COMIFAC. Des positions qui ne trompent pas les observateurs avertis, et ce pour continuer à noyer dans le flou et faire la part belle à la compagnie Singapourienne Olam dans l’attribution des permis agricoles en violation des dispositions légales.

Comment s’étonner d’une telle attitude des autorités gabonaise si Olam est devenue le bras financier du pouvoir, à en juger par l’implication de cette entreprise dans la campagne électorale des candidats du PDG au pouvoir aux dernières législatives. Saviez vous que c’est Olam qui aurait financé tous les supports de communication des 120 candidats du PDG aux dernières législatives (affiches, casquettes, tee-shirts, banderoles, etc.) ? Notre société civile est résolument engagée à oeuvrer pour une réelle démocratie au Gabon.

Le reste n’est que pure distraction.

 
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