lundi, 11 décembre 2017
 

Chronique d’un hold-up électoral annoncé au Gabon

FAUT-IL CAUTIONNER CELA ? FAUT-IL LAISSER FAIRE ??

1960 : indépendance octroyée au Gabon par la France -zéro mort. 1964 : renversement du président Léon MBA - zéro mort - Contrecoup d’état par les soldats du camp de Gaulle, base française au Gabon - 1 dizaine de morts. - 1967 : début du règne du système Bongo-PDG parti unique. 1990 : conférence nationale qui ébranle le règne Bongo-PDG, et adopte consensuelle ment la Constitution de 1991 qui établit le multipartisme, qui instaure une élection présidentielle à 2 tours, qui limite le nombre de mandats présidentiels à 2 et qui ramène la durée de ce mandat de 7 à 5 ans - encore de nombreux morts.

De 1991 à 2005, feu le Président Omar BONGO réussit à grignoter et faire disparaître de la Constitution toutes ces dispositions qui avaient propulsé le Gabon sur l’orbite d’une vraie démocratie. Des acquis de la Conférence Nationale de 1990 ne reste que le multipartisme. L’élection présidentielle est ramenée à 1 tour, le nombre de mandat devient illimité, retour au septennat. C’est donc sur la base de cette Constitution tronquée qu’en 2009, M. Ali BONGO ONDIMBA aurait été élu « pas comme on l’entend >> pour reprendre les propos de M. Manuel VALLS.- De 30 et 50 morts -

2016 : Bilan du 1er septennat d’Ali Bongo : à peine 30% des objectifs de son gouvernement sur 7 ans ont été réalisés, les clignotants économiques et financiers sont au rouge, le parti présidentiel se délabre avec des démissions en cascade, le climat social se tend de plus en plus avec des grèves dans des tous les secteurs-clés, éducation, santé, et de nombreux licenciements jusque dans le secteur du pétrole. L’appel à un dialogue national inclusif de l’opposition et de la société civile se heurte au refus catégorique de M. Ali BONGO ONDIMBA. Des cadres du PDG qui ont demandé un dialogue au sein du Parti se sont retrouvés simplement exclus. La crise est arrivée au point où, le 30 mars dernier, le Président de l’Assemblée Nationale a posé sa démission. Qu’augure ce climat délétère pour les élections présidentielles d’août 2016 ?

L’opinion publique gabonaise est inquiète au vue de la gestion du pays par Ali BONGO, illustrée par les choix budgétaires de cette année. En effet, dans les lois de finances de 2015 et de 2016, on constate comme exemple fort, une baisse drastique des budgets de la Santé (-42%), de l’éducation (sinistrée, 20% réussite au Bac), adossée à une forte augmentation de celui de la Défense (+19%). L’inquiétude des gabonais est aggravée par une militarisation des rues, par des descentes musclées de l’armée dans les établissements scolaires, à l’université, par des preuves d’achat d’armes : POUR TUER QUI ? Le Gabon est-il en guerre ? Est-ce la bonne façon de préparer des élections dans la paix ?

Ce climat anxiogène vient d’être renforcé par la réunion que M. Ali BONGO ONDIMBA a convoquée le 18 avril dernier, avec les leaders de l’opposition et de la société civile. Sujet : la menace grandissante des groupes terroristes. Or, les Gabonais craignent que cet argument soit utilisé, comme au Congo-Brazzaville voisin, pour justifier des frappes à l’endroit des civils au terme d’une élection présidentielle qui ne sera pas « dans les critères de ce qu’on peut appeler des élections démocratiques », telle celle de 2009, pour reprendre les propos de M. François HOLLANDE en 2012. Combien de morts faudra-t-il compter en août 2016 ? 100 ? davantage ?

Par ailleurs, M. Ali BONGO ONDIMBA a en projet de rassembler dans un même immeuble, en dehors de Libreville, le Ministère de l’Intérieur, l’Etat-Major de la Police Nationale et la Commission Electorale Nationale et Permanente (CENAP). Où sera la transparence ?

Tout ceci n’augure rien de bon, sinon une escalade de la violence pré-et-post-électorale et son corollaire de victimes. Les Gabonais ne veulent pas du scenario commun au Congo-Brazzaville, au Tchad, au Burundi, à Djibouti et en Guinée Equatoriale. Les Gabonais veulent d’un Président élu « comme on l’entend » au cours d’élections libres, transparentes, pacifiées et démocratiques.

ça Suffit Comme ça, GABON

 
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