lundi, 20 novembre 2017
 

EXTRAITS DU CONGRES DE PARIS POUR L’ALTERNANCE AU GABON

Il faut rappeler ici que le principal objectif de ce Congrès était de réunir l’opposition et le Peuple gabonais autour d’une réflexion commune devant permettre, de manière décisive, de mettre un terme dans l’immédiat au régime illégal et illégitime d’Ali Bongo Ondimba et du système PDG, de trouver les moyens d’assurer une période de transition pacifique et, in fine, de jeter les jalons d’une nouvelle République gabonaise.

Aussi, plusieurs hypothèses et propositions ont été émises tout au long du Congrès mais trois d’entre elles ont fait l’objet d’une analyse poussée par la commission stratégique, organe mis en place par l’Assemble plénière. Voici ce qu’il en est ressorti :

1) Analyse de l’hypothèse d’une candidature pour 2016

L’objectif général et unanime émis par le Congrès étant celui de « dégager » Ali Bongo Ondimba immédiatement, l’option d’aller à une élection en 2016 semble être la moins adaptée de toutes. En effet, au-delà du temps qui court, les conditions d’une élection transparente ne sont pas réunies en l’état actuel pour les raisons suivantes :

Ali Bongo Ondimba n’a pas d’acte de naissance gabonais et ne saurait être l’adversaire de qui ce soit à des élections à venir en terre gabonaise.

Même en cas d’une candidature autre que celle d’Ali Bongo présentée par le PDG, il a été mûrement démontré l’absence totale de neutralité des organes et institutions chargées d’assurer la tenue d’un scrutin électoral au Gabon :
- Au-delà de ses liens étroits voire intimes avec les Bongo la présidente de la Cour constitutionnelle est illégitime tout comme elle traine diverses autres casseroles (partisane, femmes d’affaires bien qu’incompatibles avec ses fonctions, détournement de biens publics, etc…).
- La CENAP est un organe partisan
- Le ministre de l’intérieur a déjà fait son choix en prévoyant publiquement le paiement de la caution d’Ali Bongo  L’armée gabonaise est encore trop infectée de délinquants et de mercenaires.

C’est donc en toute logique que cette hypothèse a été écartée par les congressistes.

2) Analyse de l’hypothèse d’une conférence nationale souveraine

L’hypothèse a été longuement discutée. Elle n’interviendra qu’au bout du processus après que la phase de défiance du pouvoir soit établie. Ce qui est clair, ce qu’il n’est plus question de garder Ali au pouvoir du fait de son illégalité doublée d’illégitimité. Ali Bongo, disons-le, n’est pas gabonais ! Pourquoi les gabonais devraient-ils encore attendre avant de libérer leur pays ?

3) Analyse d’une action révolutionnaire du peuple

Opposition, Société Civile, Syndicats, Diaspora et activistes réunis en Congrès à Paris du 05 au 07 décembre ont, dès le premier jour, opté pour qu’une solution soit trouvée pour destituer immédiatement Ali Bongo du pouvoir. Aussi, les résolutions qui doivent être adoptés lors de ce congrès devront principalement tenir compte de cet aspect des choses.

Aussi, l’action révolutionnaire présente l’avantage de la rapidité de son action même si elle suppose une préparation fine préalable et une certaine maturité du peuple. Mais au regard de l’exemple burkinabè et du fait que le peuple gabonais soit dans une situation d’extrême attente de la part de ses leaders de l’opposition, il est à espérer qu’une telle action soit retenue. Le plus important étant qu’elle soit intégré au sein d’une stratégie qui se voudra murement pensée pour être efficace.

Les congressistes ont aussi exprimé un vœu pressant : celui de voir élevé au niveau de héros national les patriotes gabonais, les militaires qui ont initié le coup d’Etat de 1964 à savoir, les lieutenants MOMBO, ESSONO, les sous lieutenants MBENE et NDO EDOU, et l’Adjudant ANOTO.

Les congressistes souhaitent qu’un monument soit érigé en l’honneur de ces patriotes.

 
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