vendredi, 15 décembre 2017
 

Gabon : Affaires africaines de Péan 2014 : le clan Bongo à nouveau en transes !

DECLARATION

Alors qu’une transition démocratique se construit au burkina Faso après la chute de M. Compaoré, que les présidences africaines s’interrogent sur ce Président français, qu’ils croyaient avoir mis dans leurs poches en attendant que leurs vieux complices de la droite foccardienne ne revienne au pouvoir, les « nouvelles affaires africaines » éclairent les occidentaux sur un des derniers royaume de la Françafrique mafieuse : le Gabon.

Pierre Péan n’en finit pas de rendre un immense service à la démocratie en Afrique et au Gabon, faisant trembler sur ses bases le régime de mensonges du clan Bongo. Ce clan voulait faire croire à des « divisions internes entre Ali et Pascaline Bongo. Ils sont tout à coup réconciliés face à la menace que fait peser la divulgation de la vérité contenue dans son livre.

Les « affaires africaines », en 1983, touchaient au cœur de ce que l’on n’appelait pas encore « la Françafrique », le cœur nucléaire de l’affairisme, la corruption, et les barbouzeries de la politique africaine de la France. Ne l’oublions jamais ! Le Gabon ne connaissait pas en 1983 le multipartisme, obtenu en 1990 grâce à la mobilisation du peuple gabonais, pendant la Conférence nationale, et après l’assassinat de Joseph Redjmabé, ancien secrétaire général du Parti gabonais du Progrès (P.G.P).

Omar Bongo avait pris l’habitude sous de Gaulle-Foccard, puis sous Giscard, de faire selon son bon plaisir, d’enfermer, de torturer et même de faire assassiner avec l’aide, à l’époque, des services secrets français. Il y a eu au Gabon une installation dans la durée de moyens d’intimidation, de répression, d’humiliation, ou d’empoisonnement, de ceux ou celles qui s’opposaient au régime, allant jusqu’à la confiscation arbitraire des biens. Plusieurs leaders politiques gabonais ont connu les bagnes gabonais d’Omar Bongo : Pierre-Louis Agondjo-Okawe, Ntsira Ndong Ntoutoume Philippe, Oyono Aba’a, et bien sûr Jean-Marc Ekoh, à qui Pierre Péan dédie ce livre.

En 2014, Péan, après quelques autres enquêtes journalistiques, a recroisé l’Afrique à plusieurs reprises, puis, sans doute devant la scandaleuse longévité du clan Bongo, quels que soient les gouvernements français. Il reprend la plume pour décrire puis finalement dénoncer la mascarade de l’élection présidentielle de 2009. Il décrit le mensonge total de la biographie de M. Bongo, qui passe son temps à vouloir faire croire aux responsables français ce qu’il n’est pas. Il contextualise les différentes étapes d’une construction du faux : fausse naissance gabonaise, alors que ses parents nigérians existent bien, diplômes obtenus frauduleusement et usurpation de titres universitaires, élections tronquées…

Mais, cela a été dénoncé dans les prises de position par le Mouvement Civique du Gabon depuis 2009 :

http://mouvementciviquedugabon2009....

Il y a bien usurpation de la part d’un clan dont les intérêts sont bien communs malgré des stratégies de communication visant à reproduire le schéma des anciens et des modernes en son sein.

Pierre Péan aime le Gabon, et on le croit. Car, seul un véritable Gabonais, ou un ami du peuple gabonais, peut décrire et analyser comme il le fait à la fois cette vallée de larmes qu’est ce pays dont le destin aurait pu être autre s’il n’avait eu à sa tête un clan installé par les Français dans les années d’après l’Indépendance.

Les informations sont bien sûr connues, mais Pierre Péan les rassemble, les met en cohérence pour que le lecteur moyen, notamment en occident, puisse mieux comprendre la nature criminelle du régime gabonais, et de celui qui mime le rôle de chef d’Etat.

Fait politique majeur, Ali Bongo n’est pas gabonais de naissance, et selon la constitution adoptée par le régime lui-même, n’aurait jamais dû être autorisé à se présenter à l’élection présidentielle. Son acte de naissance est fabriqué de toutes pièces lorsqu’on le regarde dans le détail.

La suite est connue et depuis 2009, la liste des absurdités est décrite avec précision : les razzias des jets setteurs du clan Attias à Libreville, qui vendent au pouvoir à prix d’or des séminaires de communication totalement inutiles, l’hyper pouvoir et la dépendance fétichiste de M. Bongo à M. Accrombessi à la Présidence de la République en violation de toutes les règles de souveraineté d’un Etat, les crimes dits « rituels » pilotés par des individus du régime…

Pour les responsable socidentaux qui l’ignoraient ou qui faisaient semblant de l’ignorer, c’est un travail sérieux de recherches, d’enquêtes, de croisement d’informations, que les Gabonais connaissent. Il était important qu’un observateur externe au Gabon puisse témoigner de ce qu’il sait. Il est proprement scandaleux de mettre en cause son travail parce qu’il est européen. Les propos racistes à son égard par le régime ne contredisent pas ses écrits.

Le Mouvement civique du Gabon tient à rendre hommage au travail mené par Pierre Péan dont l’attachement à la vérité et au combat démocratique au Gabon ne sont plus à démontrer. Ce qu’il décrit est désormais clair pour les responsables occidentaux.

Son ouvrage démontre un pays sinistré par plus de 45 ans de règne sans partage du clan Bongo.

Il s’en déduit plusieurs faits majeurs :

M. Bongo ne remplissait pas les conditions pour présenter sa candidature en 2009. Il a commis des faux dans son état-civil. Il est donc illégitime depuis l’élection présidentielle de 2009. Il doit quitter le pouvoir car ne peut à nouveau être candidat. Envisager qu’il puisse même être à nouveau candidat est hors de propos, au vu des mensonges sur son acte de naissance.

Le Gabon ne saurait être gouverné par quelqu’un sous l’emprise de féticheurs vaudous, ou de charlatans divers, qui en réalité, procèdent à des transactions financières autour du budget de l’Etat gabonais à des fins personnelles. C’est une situation d’atteinte à la souveraineté nationale qui disqualifie de fait celui qui tient lieu de président actuellement.

Compte tenu de ses fraudes, de ses mensonges sur sa naissance, la Cour constitutionnelle doit le déchoir de toute fonction officielle. Comme la Présidente de la Cour constitutionnelle est de sa famille, c’est au peuple gabonais de le destituer.

La transition démocratique est urgente.

Le Mouvement Civique du Gabon est prêt à prendre sa part dans le changement devenu inéluctable auprès du peuple gabonais. Il est pleinement solidaire de l’appel du Front uni de l’opposition lancé le 9 novembre à Sobraga. Le Mouvement Civique du Gabon s’associe également au dépôt de la plainte contre M. Bongo qui sera déposée au nom du et par le peuple gabonais le 13 novembre 2014. C’est donc bien au Gabon que le changement se met en marche !

P/ le Mouvement Civique du Gabon

La présidente du conseil exécutif

Mengue M’Eyaà

Source : http://mouvementciviquedugabon2009....

 
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