dimanche, 23 septembre 2018
 

Gabon : Bertrand Zibi Abéghé doit être libéré !

Déclaration de la Commission Afrique du Parti de Gauche

L’ex-député Bertrand Zibi Abéghé du Parti démocratique gabonais est un prisonnier politique qui paie sa démission spectaculaire du parti au pouvoir lors d’un meeting d’Ali Bongo dans son district de Bolossoville. Il avait alors tenté de remettre à Ali Bongo son écharpe de député, perturbant ainsi le meeting de la campagne pour l’élection présidentielle. Il est détenu après avoir été arrêté le 31 août 2016 au QG de l’opposant et Président élu du Gabon Jean Ping pour “trouble à l’ordre public”.

Il a subi brimades et sévices dès les premiers jours de sa détention puis ses conditions de détention à la prison centrale s’étaient améliorées. A ce jour, il n’a toujours pas été jugé. Mi-janvier 2018, après la découverte d’un téléphone portable dans la cellule commune qu’il partageait avec d’autres détenus, il aurait été enchaîné, encagoulé et environ dix hommes seraient venus le tabasser, jusqu’à ce qu’il perde connaissance. Ses avocats, qui lui ont rendu visite le 17 janvier, ont trouvé Bertrand Zibi Abeghe, le regard hagard, marchant avec difficulté, avec de nombreux hématomes sur le corps. Il leur a indiqué qu’il n’avait ni bu ni mangé depuis trois jours. Il a été transféré depuis lors dans un quartier réputé pour être surpeuplé et où les prisonniers vivent dans l’obscurité, privés de lumière naturelle.

Un comité “pour la libération des prisonniers politiques et personnes kidnappées” a été lancé mardi au Gabon par une plateforme de la société civile avec une liste de 29 personnes détenues pour raisons politiques, parmi lesquelles Bertrand Zibi Abeghe, Selon le comité, trois autres personnes sont aujourd’hui portées disparues. On ne sait pas où sont Jocelyn Bame Nsimoro, Alain Mbela Obiang et Armel Mouendou, leurs proches les cherchent. Cette liste du comité n’est pas exhaustive.

Le Parti de Gauche dénonce les traitements inhumains dont est victime le prisonnier politique Bertrand Zibi Abeghe, en prison depuis 17 mois sans jugement, et réclame sa libération immédiate ainsi que celle de tous les autres détenus suite aux violences post-électorales.

Le Parti de Gauche exige que soit mis fin aux manœuvres d’intimidation et au harcèlement, sous toutes leurs formes, dont sont victimes des membres de l’opposition et les défenseurs des droits humains au Gabon, notamment du fait de l’utilisation abusive du système judiciaire.

Pierre Boutry

 
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