lundi, 24 juin 2019
 

Gabon : Communiqué du collectif pour la Libération Totale du Gabon

A l’attention des Institutions et gouvernements partenaires du gouvernement Ali Bongo du Gabon.

A l’issue des élections présidentielles de 2009 Ali Ben Bongo Ondimba s’était autoproclamé Président du Gabon alors qu’il n’avait pas été élu par le peuple Gabonais. Grâce à WikiLeaks et au film documentaire sur la FrançAfrique, ce que les Gabonais n’ont cessé de clamer au monde a été porté à la connaissance de tous. En dehors de ces preuves, nous sommes convaincus que vous connaissez aussi les vrais résultats de ces élections présidentielles. Depuis qu’Ali Bongo a pris le pouvoir, malgré les protestations des Gabonais, nous n’avons entendu aucune institution internationale ni aucun gouvernement se prononcer en faveur du choix des Gabonais : un autisme stratégique lié au noyau dur de la FrançAfrique. Pire, il nous semble que le déni de démocratie est consacré dans les politiques dites internationales aujourd’hui. En effet, notre collectif s’engage ici devant l’histoire à vous mettre à l’abri d’une situation qui pourrait engendrer les conflits de demain : en prêtant de l’argent à Ali Bongo Ondimba, vous savez très bien que vous traitez avec un gouvernement illégitime et qui plus est, incompétent. De ce fait, la dette ainsi contractée est dite « odieuse » car, depuis 1927, avec Alexandre Nahum Sacck, Ministre de Nicolas II, il est admis que « si un pouvoir despotique contracte une dette non pas pour les besoins et l’intérêt de l’Etat, mais pour fortifier son régime despotique, pour réprimer la population qui le combat tout en confortant sa fortune personnelle, etc. cette dette est odieuse pour la population de l’Etat entier. » Ainsi, cette dette de régime qui n’engage nullement le Gabon ne saurait peser sur l’avenir de nos enfants puisque c’est une dette de régime et qu’elle n’engage que le pouvoir qui l’a contractée. Le Gabon a-t-il logiquement besoin de prêt de vos institutions et gouvernements pour se développer ? Heureusement pour vous que les comptes et les affaires de M. Ali Bongo ne cessent de prospérer dans les milieux financiers occidentaux. Aussi, trouvez-vous moral d’héberger chez vous des biens et des finances détournés d’un pays surendetté où le taux de mortalité infantile est parmi les plus élevé au monde et où les femmes accouchent dans des conditions plus qu’humiliante ? En agissant ainsi, vous devenez de fait complice de la spoliation dont sont victimes les Gabonais depuis plus de 40 ans. Vous hypothéquez à volonté l’avenir de notre nation et, partant, de nos enfants à cause des intérêts égoïstes qui oppriment l’homme. Vous poussez les Gabonais à la révolte. Vous contribuez à l’enrichissement illicite des Bongo. Pour clamer leur souffrance et maltraitance de plusieurs décennies, parfois plus de 40 ans comme au Gabon, faut-il attendre que les populations descendent absolument dans les rues pour se faire tuer par les milices et l’armée des dictateurs comme on le voit un peu partout dans le monde ces derniers mois, avant que la raison internationale s’affirme ? L’expérience des autres dictatures dans le monde, l’Irak, l’Egypte, la Tunisie, la Libye, la Syrie etc., ne peut-elle pas servir de leçon sur les plans moral et politique pour préserver l’humanité de telles horreurs en exigeant, avant les drames, que tous ces régimes incompétents, héréditaires et imperturbables démissionnent pour l’instauration de véritables Etats de droit ? Pourquoi l’éthique politique des institutions internationales s’opère-t-elle souvent à géographie et géométrie variables ? Quels indicateurs objectifs traduisent mieux la confiscation des libertés fondamentales et le mépris des institutions dans un pays qui regorge d’énormes richesses comme le Gabon, que l’extrême pauvreté de sa population, alors que dans le même temps, la famille qui dirige ce pays, les Bongo, de père en fils depuis plus de 43 ans baigne dans une richesse insolente en détournant impunément l’argent public gabonais qu’ils placent à des fins personnelles dans des pays « démocratiques » où est censé régner l’Etat de droit. Les preuves d’enrichissement illicite de cette famille ne sont plus à démontrer, elles font bonne presse depuis quelques années en France et dans le reste du monde. Le Collectif soutient que le Gabon n’a pas besoin de prêts de votre institution pour se développer. Vos prêts ne développent pas le pays, ils l’appauvrissent et l’endettent pour des générations. Vos prêts reviennent directement et frauduleusement dans vos propres caisses et dans les comptes familiaux des Bongo sans que le Gabon et ses populations n’en bénéficient. Nous vous demandons d’arrêter d’être complices des dépenses personnelles d’Ali Bongo Ondimba et de sa famille au détriment des Gabonais en suspendant les prêts qui sont officiellement censés être pour le Gabon : en continuant à accorder des prêts à Ali Bongo au nom du Gabon, vous participez activement à un détournement massif des fonds publics gabonais. Les Gabonais vous en tiendront responsables. A titre d’exemple : que sont devenus les prêts octroyés au Gabon pour les grands chantiers annoncés depuis la mort de Bongo père ? A acheter des hôtels particuliers et à mettre de côté pour financer la campagne de « zeus » par respect du contrat ! C’est une illustration parfaite de la dette odieuse. Si Gaston Deferre avait initié le processus de décolonisation avec la fameuse « loi cadre » qui visait à revoir les rapports entre la France et ses colonies en l’occurrence le Gabon, c’était très probablement dans le sens de les modifier à une échelle un peu plus respectable et saine de part et d’autre. Mais ce n’était malheureusement pas la vision d’une certaine « grande » personnalité politique de la France, dont nous occultons le nom pour ne pas choquer la mémoire de l’histoire de France, qui instaura plutôt une consolidation et une pérennisation de la suprématie de la France sur ses colonies. Cette suprématie devait trouver une autre forme plus forte et plus « cynique », celle d’assujettir l’économie du Gabon par exemple à un système que seule la France détenait les rênes d’où la naissance d’ELF, création d’une cellule africaine de l’Elysée (toujours d’actualité), création de clans mafieux en col blanc de quelques familles françaises en leur octroyant de grands privilèges dans l’exploitation des richesses de ce pays, avec l’inepte complicité du clan Bongo. En complément à tous ces précédents déjà bien documentés, dorénavant, vos actions en direction du Gabon au profit de l’imposteur « Bongo » seront condamnées et nous n’hésiterons pas à vous interpeller sur la place publique chaque fois que vous agirez contre les intérêts des Gabonais, à défaut d’engager des actions judiciaires contre vous. Nous vous prions d’agréer, Monsieur, nos salutations humaines.

LE COLLECTIF

Les parlementaires des pays donateurs (au nom de leurs concitoyens) et le peuple gabonais n’ont-ils pas le devoir d’ouvrir une enquête pour savoir à quoi a servi cet argent mis entre les mains des dictateurs et monarques ?

source : http://www.indexmundi.com/fr/gabon/...

Copie :
-  SG des Nations Unies
-  Union Européenne
-  Union Africaine
-  Elysée et Gouvernement français
-  Gouvernement américain
-  Gouvernement marocain
-  Gouvernement de la Russie
-  Gouvernement canadien
-  Gouvernement de l’Arabie Saoudite
-  Institutions financières
-  Organismes financiers
-  Peuple Gabonais
-  Parlement gabonais et le Gouvernement légitime
-  Parlement européen
-  Parlement français
-  Parlement américain
-  Différentes représentations diplomatiques présentes en France
-  Presse nationale et internationale
-  Société civile et partis politiques

 
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