lundi, 20 mai 2019
 

Gabon : Crise aurifère dans la zone de Ndjolé

Empêchement des activités du ROLBG par le Préfet de Ndjolé et ses complices de la Société ALPHA CENTAURI MINING SA ( ACM)

1. Déclaration du ROLBG relative à la mission conjointe avec Brainforest dans la zone aurifère de Ndjolé

Dans le cadre du déploiement de ses activités dans le secteur des industries extractives, le ROLBG a initié à la demande des acteurs locaux du Département de l’Abanga Bigné, plusieurs missions de terrain.

Au terme de celles-ci, le ROLBG a produit le 31 janvier 2019, un rapport qui a mis en évidence un certains de nombres de problèmes à savoir :
-  Une violation manifeste, visible et vérifiable des dispositions du Code minier par ACM.  Il s’agit singulièrement de :
-  La pollution à grande échelle des rivières de la zone aurifère
-  La destruction à grande échelle des écosystèmes
-  L’absence des mesures d’accompagnement environnementales et sociales prescrites par l’étude d’impact
-  La création d’une situation conflictuelle avec les populations locales de la zone aurifère y compris la volonté manifeste d’accaparement des terres au détriment de cette dernière
-  L’utilisation des sociétés fictives chinoises pour assurer une sous-traitance illégale en violation des normes en vigueur.

Ce rapport a par ailleurs permis au ROLBG d’observer sur le terrain les indicateurs d’un conflit qui pourrait déboucher sur des actes de violences si un dialogue constructif entre l’administration, les orpailleurs, les opérateurs économiques et les autorités n’est pas établi.

Sachant que loin d’apporter un développement à la ville de Ndjolé, l’exploitation de l’or n’a fait qu’appauvrir et favoriser et le pillage des ressources aurifères de cette localité par des intérêts étrangers véreux qui violent en toute impunité, les lois de la République Gabonaise.

La publication du rapport à travers les différents canaux de communication a connu un fort impact et une médiatisation d’envergure au point d’en faire la Une des principaux journaux ligne et de la presse nationale.

Les ministères concernés notamment l’environnement et les mines ont conviés le ROLBG à plusieurs séances de travail consécutives. Vue la pertinence du travail réaliser par le ROLBG, les ministères en question ont envoyés à leur tour des équipes sur le terrain.

Dans ce contexte, une mission conjointe entre ROLBG et Brainforest qui s’inscrivait dans le cadre du partenariat de la Société civile en vue de la matérialisation de leur engagement en matière de bonne gouvernance du secteur extractif retenue de commun accord. Tout en sachant que, Brainforest mène dans le cadre du projet : « Voix des Citoyens pour le Changement : Observation forestière dans le Bassin du Congo », des activités d’observation indépendante de l’exploitation des ressources naturelles, ce qui devrait permettre d’approfondir et de mieux argumenter les analyses contenues dans le rapport préliminaire produit par le ROLBG, le 31 janvier 2019. C’est dans ce cadre, qu’un partenariat s’est noué entre les deux organisations afin de mutualiser leurs expertises dans le domaine tout en respectant les termes références rédigés par le coordonnateur principal. (ROLBG)

2. Situation conflictuelle et collusion avec des intérêts étrangers opaques et mafieux

A la demande insistante de Brainforest, et après de nombreuses réunions tenues exclusivement dans les bureaux du ROLBG, une mission conjointe a été programmée le 07 avril 2019 à Ndjolé.

A ce jour, d’après les informations invraisemblables et incohérentes qui nous parviennent des équipes du ROLBG déployées sur terrain , ne cadrent pas avec les engagements pris par le partenaire et le non-respect flagrant des termes de références dudit projet.

-  Le ROLBG, le Coordonnateur principal du projet commun a interdiction d’accès dans la zone de travail ;
-  Curieusement, à notre grande surprise, seul Brainforest est autorisé à avoir accès dans le périmètre de travail

3. Les constats actuels font ressort les faits suivants :

• L’entreprise ACM incriminée pour beaucoup dans le précédent rapport du ROLBG pour l’impact négatif de son activité sur l’environnement, la population, les plans économiques et sociaux, refuse systématiquement de s’aligner sur les principes liées à la transparence de ses activités extractives en faisant obstruction au travail du ROLBG ;

• La connivence des autorités locales avec l’entreprise ACM, constitue une situation flagrante de conflit d’intérêt au détriment des objectifs de transparence et de bonne gouvernance indispensables pour faire la lumière dans la lutte contre la corruption au sein du secteur aurifère ainsi que le Code Minier de la République Gabonaise ;

• Compte tenu de l’exclusion du ROLBG par les autorités locales singulièrement le préfet, en complicité avec l’entreprise ACM, par solidarité, Brainforest aurait dû refuser de poursuivre unilatéralement la mission conjointe dès lors que son chef de file, ROLBG était exclu du processus.

• L’empêchement des interventions de suivi du ROLBG dans le cadre de ses missions de contrôle de l’action des opérateurs du secteur aurifère de Ndjolé, est une atteinte délibérée aux activités de la société civile alors que le Gabon est engagé dans des discussions multipartites impliquant la Société civile, en vue de son retour à l’ITIE.

4. Recommandations

Compte tenu de ce qui précède le ROLBG réitère les recommandations suivantes contenues dans son rapport initial du 31 janvier 2019 :
-  Suspension immédiate et à titre conservatoire des contrats attribués à ACM sur l’ensemble du territoire de l’Abanga- Bigne au regard de la violation généralisée des dispositions du Code Minier Gabonais par cette compagnie ;
-  Vérification de la conformité des activités d’ACM par rapport au Code Minier Gabonais à travers une mission conjointe incluant les administrations des mines, de l’environnement, de la santé ainsi que le ROLBG ;
-  Evaluation des impacts environnementaux sociaux des activités ACM dans sa zone d’intervention ;
-  Evaluation indépendante de la mise en œuvre des mesures d’accompagnement environnementales et sociales du projet minier de Ndjolé ;
-  Application des sanctions prévues par le Code Minier au titre du concept ( pollueur payeur ) ;
-  Reconnaissance par le Gouvernement du travail des orpailleurs artisanaux y compris leur mise en réseau ;
-  Soutien par l’administration des mines, du processus visant la création d’une Coopérative des Orpailleurs Artisanaux de Ndjolé ( COAN) entamé depuis plusieurs semaines avec l’appui technique du ROLBG ;
-  Mise en place d’un protocole d’accord avec le ROLBG pour accompagner le développement de la COAN ;
-  Mise en place d’un comptoir pour permettre à la COAN de vendre légalement son produit aurifère ;
-  Pour éviter le pillage de l’or, établir une mission permanente de contrôle au quotidien de la production aurifère industrielle et semi industrielle.

Conclusion

Face aux activités opaques et mafieuses de l’entreprise ACM qui s’inscrit résolument dans une démarche contraire aux principes de transparence applicables dans le secteur extractif, le ROLBG appel au boycott international de ACM et de ses produits, fruit de ses activités frauduleuses au Gabon.

Le ROLBG annonce engager plusieurs procédures contre ACM au niveau national et international afin de dénoncer ses agissements criminels au Gabon dénoncés par le Rapport du ROLBG . .

Fait Libreville, le mardi 09 avril 2019

Le Réseau des Organisations de la Société Civile pour la Bonne Gouvernance au Gabon

( ROLBG) 870 Avenue Monseigneur André Fernand Anguilè Louis Libreville Gabon

Tel +241 07 51 99 32

 
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