jeudi, 23 novembre 2017
 

Gabon : Sur la Conférence Nationale

Suite au coup d’état électoral perpétré par Monsieur Ali BONGO en 2009 avec la complicité de certaines institutions gabonaises (La Cour Constitutionnelle, la défense nationale, le Ministère de l’Intérieur,la CENAP) le Gabon traverse une crise politique, sociale et économique sans précédent.

Cette crise désormais généralisée se caractérise :

Sur le plan politique

Par l’instauration d’un régime dictatorial de plus en plus répressif dont les principaux traits caractéristiques sont :

· de fréquentes violations des droits de l’homme et des libertés fondamentales

· L’assassinat de plusieurs dizaines de personnes et autres violences diverses à Port-Gentil en septembre 2009 par les milices et autres soldats agissant sous les ordres du régime. A cet effet la Cour Pénale Internationale vient d’accepter l’ouverture d’une procédure d’enquête ;

· Les arrestations arbitraires et le recours réflexif à la torture, et à sa pratique exponentielle sur les citoyens dans tous les lieux de détention et les centres pénitenciers à l’échelle nationale ;

Sur ce point particulièrement, des images sont disponibles sur internetmontrant des étudiants : nos enfants, nos frères, nos compatriotes déshabillés dans une cellule insalubre, où se côtoient les grands criminels, les rats, les cancrelats, les toiles d’araignées, les eaux usées, les excréments, etc. Un véritable enfer sur la terre !

Messieurs Alain Claude Bilie Bi NZE et Hervé Patrick Opiangah respectivement porte parole et conseillé du président de la république en savent quelque chose pour y avoir séjourné.

Maintenant que le scandale de la DGR a fait le tour de la planète, que les images montrant les étudiants torturés par les forces répressives à la solde d’Ali BONGO ont provoqué l’indignation de l’ensemble de la communauté des défenseurs des droits de l’homme, Monsieur ALI BONGO, chef suprême des armées de qui dépend directement la DGR doit répondre de ses actes en toute responsabilité et dignité.

Il doit dire à l’opinion nationale et internationale pourquoi les services de sécurité qu’il est sensé contrôler, violent-ils les droits de l’homme en utilisant la torture alors que le Gabon est signataire de la convention des Nations Unis contre la torture. Que pense t-il de l’Etat général de délabrement, de vétusté et d’insalubrité des cellules de détention dans tout le pays ? Les opinions publiques Gabonaises et internationales veulent des réponses claires sans ambages.

L’enseignement principal qu’on peut tirer des images de la DGR c’est la confirmation de ce queles libertés fondamentales et l’Etat de droit se dégradent de jours en jours sous Ali Bongo Ondimba. En effet, selon les principes universels des droits de l’homme, une personne détenue est présumée innocente jusqu’à démonstration des preuves de sa culpabilité. Celle-ci doit donc être traité avec dignité et respect et aucune torture ne peut se justifier et rien ne permet à quiconque de pratiquer de tels abus.

La répression contre le mouvement des étudiants, dont l’un des traits saillants se traduit depuis le 03 juillet 2012 par la détention et la torture de notre compatriote Nicholas ONDO, porte-paroles de ces derniers, traduit encore plus s’il en faut le caractère inique du régime illégitime de Monsieur Ali Bongo.

Ce leader estudiantin est accusé de trouble à l’ordre public et d’attroupement non armé, des mobiles et des accusations propres aux régimes de type stalinien qu’ALI BONGO tente d’installer au Gabon. Confronté à une justice injuste et déterminé à défendre ses droits démocratiques, Nicholas ONDO est soutenu par de nombreux démocrates et défenseurs des droits de l’homme venus le lundi 23 juillet 2012 lui témoigner de leur solidarité dans ce procès politique.

Aussi la société civile organisée se joint elle à ces compatriotes pour exiger la libération immédiate et sans condition de Nicholas ainsi que la fin des persécutions contre le Mouvement des étudiants.Laquelle fin doit se traduire, par l’arrêt définitifde violation du périmètre des cités et campus universitaires au mépris des franchises universitaires reconnus à ces hauts lieux de formation des élites appelées à construire le progrès de notre pays.

· La restriction de la liberté d’expression marquée par de nombreuses suspensions d’organes de presse au motif qu’ils critiquent le régime, à l’exempled’Echos du Nord, EZOMBOLO, TV+ fait aussi partie des dérives du régime d’Ali Bongo au plan politique ;

· Des poursuites judiciaires sont intentées à des journalistes sur la base d’éléments montés de toutes pièces. C’est le cas de M. Désiré ENAME qui a dû s’exiler et se refugier au Cameroun ;

· La restriction de l’action des organisations de la société civile et des syndicats libres qui voient constamment leurs activités entravées par le Gouvernement : des Syndicalistes ont vu leurs salaires suspendus en 2011 pour avoir revendiqué des meilleurs conditions de travail et plusieurs d’entre eux ont été emprisonnés ;

D’autres hauts faits de guerre anti démocratique du régime Ali Bongo sont : · L’interdiction d’un important parti politique de l’opposition à savoir l’Union Nationale, pour avoir légitimement contesté avec véhémence l’élection 2009 d’Ali BONGO ;

· Des poursuites judiciaires arbitraires à caractère politique contre de nombreux cadres et sympathisants de ce parti.

· l’interdiction des marches et autres modes d’expression pacifique ;

· La reforme Constitutionnelle unilatérale de 2011, décidé par ALI BONGO qui lui permet aujourd’hui de concentrer tous les pouvoirs et qui consacre de facto la présidence à vie et la monarchisation du pays au profit de la famille BONGO et de ses inféodés ;

· l’élection législative du 17 décembre 2011 qui s’esttenue dans l’indifférence générale car boycottées par plus de 90 % de la population gabonaise qui ont refusé d’aller voter et de cautionner une parodie d’élection dont les centres de votes dans tout le pays étaient par ailleurs occupés par les forces armées sous la supervision exclusive des représentants du parti-état, le PDG. Sur les 120 sièges de députés que compte l’Assemblée nationale gabonaise, 116 députés sont aujourd’hui réquisitionnés par le parti totalitaire PDG et, les 4 autres sièges sont partagés entre 4 autres partis dont deux de la majorité républicaine, c’est-à-dire inféodés au PDG, et deux partis minoritaires et dissident de l’opposition ;

Au plan économique :

· La création d’Agences échappant à tout contrôle législatif et dépendant directement d’Ali BONGO a occasionnéune utilisation non réglementaire du budget d’investissement,tout en vidant le Gouvernement de ses prérogatives constitutionnelles au point que les députés PDG ont ouvertement critiqué sous l’impulsion de Guy NZOUBA NDAMA, l’action des agences créée par ALI BONGO ;

· La passation de certains marchés de la CAN s’est faite sur le principe du gré à gré à des sociétés proches de la famille présidentielle. A ce jour, le Gouvernement n’a pas justifié au peuple Gabonais l’utilisationqui a été faitedes milliards de la CAN. Nous attendons des réponses claires sur cette affaire. Nous voulons des informations précises sur la manière dont les agences ont géré l’argent de la CAN ;

· le gaspillage de l’argent public à travers l’organisation d’activités festives (Championnat du Monde des bateaux, invitations de stars Américaines) à coût de milliards de francs CFA au frais du contribuable et au détriment des investissements sociaux, semble devenir une nouvelle règle de gestion des deniers de l’Etat ;

· l’organisation d’un forum dit économique à des coûts prohibitifs (New York Forum Africa) sans apport de plus valu au peuple gabonais alors que la détérioration des conditions de vie des populations est exponentielle, constitue une preuve formel du bien peu de considération que le pouvoir émergent accorde aux citoyens. · L’accaparement des terres des populations en zones rurales et la destruction programmée de plusieurs centaines de milliers d’hectares de forets vierges au profit des industriels asiatiques dont la tristement célèbre société OLAM (Singapourienne -Malaisienne) constitue le projet du siècle du régime émergent.

Conçus dans l’objectif de faire du Gabon une source de production d’huile de palme et d’hévéa, en violation des engagements internationaux du Gabon en matière de préservation de l’environnement, les projets de plantations d’Olam sont le dernier haut fait d’armes du régime d’Ali Bongo.

Dans un pays où la sécurité alimentaire n’est pas atteinte, et où le coût très élevé des denrées alimentaires tient de l’importation des produits vivriers auprès des pays voisins,la question qu’on peut se poser est celle de savoir pourquoi Olam ne s’orienterait il pas vers la redynamisation de la culture du riz à Nyali dans la Nyanga, la Banane à Ndougou et le Woleu-Ntem en général, le tarot dans la Ngounié etc… afin cette fois, d’aider le Gabon à diversifier son économie sur des bases plus unanimes, saines, et de nature à permettre à notre pays de retrouver sa souveraineté alimentaire comme se fut le cas jusqu’au début des années 70.

Dans sa propagande, le Gouvernement d’ALI BONGO avait fait miroiter d’hypothétiques potentialités qu’OLAM offrirait à l’Etat gabonais, en tant que fonds d’investissement apte à soutenir son processus de diversification de l’économie.

Après examen, force est de constater qu’OLAM n’est en réalité qu’une entreprise écran sans ressources véritables. OLAM utilise l’Etat Gabonais comme une caution pour lever des fonds sur le marché international. Les prétendus capacités financières d’OLAM sont inexistantes voire virtuelles. Les investissements promis par OLAM sont par conséquent fictifs. Face à cette imposture économique et aux activités suspectes decette entreprise au Gabon, la présence d’Olam suscite de vives inquiétudes auprès de la large majorité des gabonais. Aussi, la société civile organisée demande le départ sans condition du territoire national, de cet opérateur économique douteux et aux objectifs inavoués. Le bonheur des gabonais est à ce prix.

Au plan social :

· La destruction à Libreville en 2011 de plusieurs milliers de logements des populations économiquement faibles, sans proposition d’alternatives crédibles, aggravant du même coup la fracture sociale, a constitué un acte de bravoure à l’actif du régime émergent ;

· La déstructuration du système sanitaire se traduit par la vétusté exacerbée des structures de santé et une dégradation innommable de la qualité des soins de santé ;

· La vie chère est de plus en plus oppressante pour des centaines de milliers de ménages gabonais, où assurer régulièrement des repas à une progéniture difficilement scolarisée et soignée relève de l’exploit alors que le Gabon s’offre un classement parmi les 5 pays les plus riches du continent.

· Pour se nourrir, certains compatriotes font leur marché à la décharge municipale de Mindoubé où ils récupèrent des cartons de vivres avariés quand la providence leur en donne l’occasion.

· Les mouvements de grèves sont endémiques dans la quasi totalité des secteurs de l’administration publique.

· Le système éducatif va à veau l’eau avec une formation au rabais de notre jeunesse sur fond de grogne du corps enseignant.

Pour trouver une porte de sortie honorable à notre pays, la société civile organisée invite toutes les forces vives à une mobilisation pour la tenue de la Conférence Nationale Souveraine.

En tant que citoyens responsables et soucieux de la préservation de la paix, de la cohésion sociale, déterminés à imposer la démocratie véritable dans notre pays, nous appelons le peuple Gabonais à une mobilisation générale autour de la Conférence Nationale Souveraine incluant l’ensemble des forces politiques et la société civile sous les auspices de la Communauté Internationale et la facilitation de la France.

Nous voulons bâtir maintenant une nouvelle République fondée sur l’équité, la justice et la démocratie. Nous voulons reconstruire le Gabon. Partout à travers le pays, une forte soif de liberté se manifeste. Les gens aspirent à autre chose et souhaitent vivement être débarrassés de 44 ans de médiocrité et d’obscurantisme à la tête de l’Etat. La Conférence Nationale Souveraine s’impose résolument comme la seule alternative de sortie crise pour sauver le Gabon de la faillite actuelle, traduction de la déliquescence généralisée de l’Etat qui fait que toutes les institutions n’ont plus aucune légitimité.

Le peuple ne se reconnait plus dans les dirigeants actuels qui ne règne que par la terreur d’une armé au service du clan au pouvoir et de son Chef ALI BONGO devenu de plus en plus insensible aux douleurs d’un peuple en détresse et aveugle face aux évolutions d’un contexte international marqué par la chute des régime tyranniques, de MOUBARAK, BEN ALI et KHADAFI.

Nous appelons ALI BONGO à la sagesse et au discernement avant qu’il ne soit trop tard, avant que ne sonne le glas de son régime avec les conséquences inimaginables sur lui et sa parenté. La seule voix de sortie de crise c’est la Conférence Nationale qui doit se tenir maintenant et sans délai afin de permettre une discussion large sur tous les problèmes qui minent le développement et la construction du Gabon.

Je vous remercie.

Pour le Mouvement ça Suffit Comme ça

Marcel Libama

 
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