vendredi, 22 septembre 2017
 

Le régime gabonais a peur après le discours à la nation du Président Jean Ping !

André Malraux, écrivain, Premier ministre d’Etat, chargé des affaires culturelles, représentant le Général de Gaulle, disait la veille du jour de l’Indépendance du Gabon le 16 août 1960 à Libreville : « Depuis près de huit jours, je parcours l’Afrique pour lui transmettre un message de liberté. »

Depuis lors, point de liberté au Gabon. Depuis 1960, Malraux pensait-il qu’une seule dynastie serait au pouvoir dans ce pays ? Le clan Bongo, qui a succédé en 1967 à Léon Mba, écarté du pouvoir dans des conditions obscures.

Qu’ont ils fait de notre Indépendance ?

Malraux disait également que l’espoir est un des mots les plus exaltants de l’histoire, mais qu’il ne doit pas être une succession de « terres promises ».

Le même jour, M. Gabriel Léon Mba, premier Président de la République gabonaise, doit prononcer son premier serment d’investiture  : « (...)Par la délégation des pouvoirs que je tiens du peuple gabonais, et en vertu du droit de ce peuple à disposer de lui-même, je proclame solennellement l’indépendance de la République gabonaise ! »

Dès le début, il était pourtant question d’un droit du peuple à disposer de lui-même et d’un pouvoir présidentiel tenu par délégation du peuple gabonais, notions qui ont été totalement ignorées par ceux qui usurpent le pouvoir présidentiel depuis 1967. En 2016 et en 2017, nous souhaitons que notre avenir ne soit plus une «  terre promise »,mais une vie à vivre tout de suite !

Une année après le coup d’Etat militaro-électoral, Jean Ping, Président élu, met un terme aux stratégies d’attente du régime. En effet, fin août 2016, le clan Bongo a été battu dans les urnes, ce qui aurait dû le conduire à féliciter le nouveau Président comme cela se fait au Ghana, ou au Sénégal. Il aurait pu organiser rapidement une passation pacifique qui aurait mis un terme à 50 années d’un règne sans partage d’une même famille au sommet de l’État,

Au lieu de cela, par un tour de passe-passe, le régime a trafiqué les résultats électoraux de la province du Haut-Ogooué de façon à passer devant, puis à commettre des assassinats au quartier général de Jean Ping, tentant probablement de faire assassiner le Président élu.

Enfin, malgré les pressions des observateurs internationaux (Union européenne, Francophonie et Union africaine), le service juridique du régime, appelé Cour constitutionnelle, a validé les résultats issus du bourrage des urnes du Haut Ogooué et de l’Ogooué Lolo. Tout a été dit sur la fraude industrielle.

Il en résulte que le président Ping, élu chef de l’Etat, est empêché d’exercer ses fonctions depuis une année, le régime s’accrochant au pouvoir par tous les moyens. Il refuse toute médiation externe, et prétend organiser sa propre survie en menaçant ou en corrompant des individus plus ou moins proches des véritables vainqueurs de l’élection présidentielle.

Le Gabon est aux prises avec une situation de prédation accélérée par les tenants du régime qui déploient une violence incommensurable , face à une désorganisation généralisée entretenue, des grèves qu’il ne sait comment gérer, de l’appauvrissement des populations victimes de la mauvaise gestion étatique, et surtout d’une économie de rapines au profit d’un micro groupe ultra violent décidé à exécuter, à intimider, à arrêter ou à emprisonner et torturer tout individu s’opposant à ses intérêts.

Il continue à emprunter sur les marchés financiers en hypothéquant cette fois-ci l’avenir de notre jeunesse, et à endetter le Gabon, sans projet de développement, mais pour des dépenses somptuaires inutiles. Le régime n’ayant pas confiance en l’armée et en la police gabonaises, il s’appuie sur une milice rattachée à la « présidence de la République », lourdement armée et entraînée à tuer.

Dans ce contexte, il n’est absolument pas désireux d’une transition rapide et pacifique.

Il feint d’exister par un « dialogue » sans enjeu et imposé par la France, “dialogue” que nul n’oserait envisager en Syrie ou dans un autre pays du monde dans une telle situation.

M Bongo contourne toute médiation internationale pour maintenir sa domination sur un Etat qui n’existe plus vraiment que pour intimider, corrompre , tuer et se servir.

C’est la raison pour laquelle Jean Ping, Président de la République, donne un point d’arrêt aux manœuvres du pouvoir illégitime.

Il s’adresse aux populations au Gabon , aux organisations de la société civile et aux Gabonais-e-s de l’étranger par ces mots : « Nous avons tout tenté pour que ceux qui ont choisi de régner par le sang des Gabonais retrouvent la raison et la sagesse. Mais, vous le constatez vous-mêmes, rien n’y a fait.

Ils ne sont obnubilés que par une volonté aveugle de s’accrocher par tous les moyens au pouvoir, un pouvoir que les Gabonaises et les Gabonais leur ont clairement refusé, le 27 août 2016.

Il est donc temps que nous soyons les maîtres de notre destin commun. Et cela nul Homme, nulle arme, nul système ne peut le faire à notre place. » dit Jean Ping dans son discours.

Il appelle ainsi la population à faire connaître son désaveu des pratiques du pouvoir illégitime, y compris dans les villages les plus éloignés des neuf provinces du Gabon :

« Oui, nous devons dès ce jour faire partir ceux qui ont volé notre vote. Oui, nous devons faire partir ceux qui ont tué le 31 août 2016. Oui, nous devons faire partir ceux qui ont torturé nos concitoyens. Oui, nous devons faire partir ceux qui retiennent arbitrairement prisonniers nos compatriotes. »

Ainsi, Jean Ping appelle à sortir de la retenue. Il fait appel à la conscience républicaine des forces de sécurité qui n’ont pas à tirer sur les Gabonais-e-s.

Le Président Ping vient d’établir une feuille de route à l’usage des concitoyen-n-e-s.

Rappelons ici ce mot d’Epictète (55-135 après JC) qui peut servir de mot d’ordre au peuple gabonais en pareilles circonstances : « N’attends pas que les événements arrivent comme tu le souhaites. Décide de vouloir ce qui arrive... et tu seras heureux. »

Paris, le 19 août 2017.

Mengue M’Eyaà

- Porte-Parole de Jean Ping,
- Présidente du Mouvement Civique du Gabon,
- Présidente du Mouvement Civique des Femmes.

 
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