jeudi, 23 novembre 2017
 

Publication de Jeune Afrique visant à discréditer les démocrates gabonais suite au séjour en France du putschiste gabonais

Communiqué du Mouvement Civique du Gabon

Dans un article intitulé « ballet africain à l’Elysée », de M. Pascal Airault, l’hebdomadaire Jeune Afrique prend ses rêves pour des réalités et fait du militantisme pour le compte du parti-Etat gabonais. Il a tenté de discréditer l’action des démocrates gabonais dans les actions politiques qu’ils mènent pour favoriser l’alternance dans leur pays.

Il a donné à croire que M. Bongo appartenait à une sorte de club des chefs d’Etat africain au même titre que d’autres dont l’élection démocratique ne fait pas l’ombre d’un doute.

Or, M. Bongo a été accueilli à sa descente d’avion par M.Canfin, ministre délégué au développement. Il a été reçu très froidement par le Président Hollande sans possibilité de tête à tête. Puis, il a vu quelques minutes Pierre Moscovici, ministre des finances et Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères. Le moins que l’on puisse dire est que les temps ont changé pour le putschiste gabonais qui n’a même pas pu obtenir une photographie commune avec le Président Hollande contrairement à d’autres chefs d’Etats (Macky Sall par exemple).

Enfin, pour couronner le tout, l’Elysée a publié un communiqué qui s’achève par les termes suivants :

« Cet entretien a également été l’occasion, pour le Président de la République, de souligner les principes qu’il souhaite voir guider les relations entre la France et le Gabon : dialogue exigeant sur les questions de gouvernance, de lutte contre la corruption et de pluralisme démocratique, accompagnement de la croissance du Gabon par les outils de la coopération française ; concertation sur les enjeux de paix et de sécurité de la région et du continent ; développement de la francophonie. »

Au regard de cette chronologie restituée qui n’est pas à l’avantage du putschiste gabonais, les démocrates contestent la lecture faite de cette visite « présidentielle ».

Conformément au droit de réponse à Jeune Afrique, nous tenons à apporter en outre les précisions suivantes :

- L’opposition gabonaise, qui a gagné les élections présidentielles d’août et septembre 2009, avec André Mba Obame, président élu de la République gabonaise, Zacharie Myboto, vice-président de l’Union nationale, Jean Eyeghe Ndong, vice-président de l’Union nationale, a été reçue à l’Elysée par collaborateur du Président de la République, François Hollande. Elle a été reçue au Parti socialiste par le secrétaire national aux relations internationales, Jean-Christophe Cambadélis, rencontre qui a donné lieu à un communiqué du PS qui tranche après les années tragiques du sarkozysme : « Gabon : une relation qui change ».

- La délégation était également constituée par des responsables d’ONG gabonaises, de syndicats, de la société civile, et de Gabonais de l’étranger. C’était la première fois, hors du contexte de répression sauvage qui règne au Gabon qu’un tel rassemblement était possible.

- La rencontre de l’Elysée a permis aux démocrates gabonais de remettre pour le Président de la République française un document de synthèse de sortie de crise au Gabon, élaboré par la société civile et les organisations citées réunies la semaine précédente dans des ateliers de réflexion et de débat qui se sont tenus du 30 juin au 3 juillet, non pas dans un café mais dans une salle de réunion située à Neuilly sur Seine en banlieue parisienne.

- Les travaux menés ont été sérieux et fructueux à l’issue desquels le document de transition politique a été élaboré. Ce document présente une phase de diagnostic de la situation au Gabon depuis 2009 et des solutions qui sont proposés aux autorités françaises.

Parmi les analyses de ce document, on retiendra plusieurs propositions :

L’organisation d’une conférence nationale souveraine est proposée avec toutes les composantes de la société : syndicats, organisations non-gouvernementales, et associations.

Elle devra nécessairement aller plus loin que celle organisée en 1990. Elle devra poser les principes d’une refondation de la société gabonaise et de ses institutions.

Elle devra réinstaurer à l’horizon 2013-2014 une transition démocratique permettant l’organisation d’élections libres et transparentes conduisant à un changement libre et pacifique.

Il faut ajouter que la délégation a été reçue chaleureusement par le Parti socialiste, par les Verts et Europe Ecologie, par le Front de gauche et par Survie et que ces organisations ont publié des communiqués de soutien franc et massif, marquant ainsi de quelle côté elles estimaient trouver la légitimité.

Par conséquent, nul « principe de réalité », comme l’écrit Jeune Afrique, ne conduirait les nouvelles autorités françaises à privilégier des relations avec le putschiste gabonais.

Loin de l’image dégradée de l’identité de l’opposition au Gabon et de ses capacités à formuler des propositions pour l’avenir, il s’agit au contraire d’un sens aigu des responsabilités qui a entouré nos travaux sur notre pays ravagé par l’incurie, la corruption et l’incompétence de ceux qui occupent le pouvoir d’Etat.

 
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