mercredi, 18 octobre 2017
 

Rencontre NDI (The National Democratic Institute) et Société Civile gabonaise

A l’occasion de la mission pré-électorale de la NDI (The National Democratic Institute), qui se déroule présentement au Gabon, le Réseau des Organisations Libres de la Société Civile Pour la Bonne Gouvernance au Gabon, principale organisation de la société civile évoluant dans le secteur de la gouvernance démocratique dans le pays, souligne l’extrême tension qui règne dans le pays à la veille de l’échéance capitale de 2016. Cette situation résulte du manque de dialogue politique entre le pourvoir exécutif, l’opposition et la société civile dans toutes ses composantes, et à la crise généralisée dont les manifestations les plus visibles, sont les grèves à répétition qui affectent tous les segments du tissu social.

L’économie s’est aussi considérablement détériorée consécutivement à la corruption endémique, aux détournements de fonds publics à grande échelle par les détenteurs de l’autorité de l’Etat.

On peut dire avec certitude aujourd’hui, que le Gabon est en cessation de paiement, un pays en pleine banqueroute économique.

Dans ce contexte, l’élection présidentielle prochaine prévue en aout 2016, va se tenir dans un environnement sociopolitique à haut risque accentué par des fortes pressions sur l’opposition, de nombreuses menaces sur les libertés fondamentales et des procès multiples des tenants du régime actuels contre les opposants. Jean Ping, acteur politique majeur et Chantal Ngondjout Myboto, figure de l’opposition subissent les persécutions du régime. Pendant que nous rédigeons ce communiqué, nous apprenons, l’arrestation arbitraire d’un jeune activiste politique gabonais, Jeff Blampain et demandons sa libération immédiate.

Il est crucial que The National Democratic Institute) travaille avec les différentes parties prenantes : (pouvoir, opposition et société civile) pour essayer d’abaisser ces tensions.

La société civile au Gabon affirme l’impérieuse nécessité pour le Gouvernement gabonais, de garantir l’organisation d’une élection présidentielle inclusive, apaisée, honnête, crédible et transparente alignée sur les standards internationaux dont les principes fondamentaux sont :

- L’exclusion de la cour constitutionnelle dans sa forme actuelle du processus électoral. En effet, l’ensemble des membres de ladite institution a été nommé par le PDG, parti au pouvoir depuis 49 ans. De plus, la présidente de la Cour a des liens de parenté avec Ali Bongo, chef de l’Etat en exercice. Cette dernière tombe sous le coup du conflit d’intérêt : La société civile la récuse ;
- Le Ministère de l’intérieur étant juge et partie politiquement et idéologiquement inféodé au parti au pouvoir, n’inspire aucune confiance. Son rôle est partisan pour avoir remis la somme de 10 000 000 de FCFA, en soutien à la candidature du président sortant ;
- Le Renforcement du mandat de la CENAP (Commission Electorale Nationale Autonome et Permanente) en matière d’organisation des élections y compris la proclamation des résultats ;
- L’implication effective de la société civile spécialisée en amont et en aval du processus électoral notamment sa présence au sein des instances de la CENAP à tous les niveaux ;
- La finalisation de la biométrie : authentification des votants, vote biométrique ;
- L’audit du fichier électoral ;
- L’identification, l’immatriculation, la cartographie de l’ensemble des centres et bureaux de vote afin d’éviter l’utilisation des urnes pirates par des criminels électoraux : la mise à disposition de l’ensemble de ces informations au public ;
- La sécurisation démocratique du vote : présence des observateurs nationaux et internationaux dans les bureaux de vote et au sein des différents centres de compilation ;
- La mise en place des centres de compilation parallèle par la société civile ;
- L’organisation des nuits électorales en toute sécurité dans les états majors politiques et à la société civile ;
- La proclamation rapide des résultats au soir du vote sous la supervision de la communauté internationale (USA, UE, UA, OIF, NDI) ;
- La condamnation de toute tentative de coup de force électoral comme la fabrication des faux résultats et la falsification des procès verbaux ;
- Le respect des résultats sortis des urnes ;
- La garantie par le pouvoir en place de la non interruption des communications téléphoniques et de l’internet ;
- La neutralité politique des forces de défense et de sécurité, et leur exclusion des bureaux de vote : dans une élection démocratique à l’instar du Benin récemment, aucune présence visible des soldats, gendarmes et policiers ne peut être tolérée. Elle ne peut se justifier ;
- La signature d’un code de bonne conduite sous l’égide de la communauté internationale permettant d’apaiser les tensions, de créer les conditions d’une élection apaisée, libre et démocratique.

Le ROLBG interpelle le Gouvernement des Etats-Unis d’Amérique et la NDI d’œuvrer à la satisfaction des exigences contenues dans ce communiqué.

Fait à Libreville, le 30 mai 2016.

Georges MPAGA, Président Exécutif National du ROLBG

Contact presse : +241 07 51 99 32- + 241 06 33 52 91

 
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