jeudi, 17 août 2017
 

Guinée équatoriale : Les médias d’État interdits d’évoquer la chute de Compaoré

MALABO - La Guinée équatoriale, dirigée depuis 1979 par le président Teodoro Obiang Nguema, a interdit à ses médias d’État d’évoquer la chute du président burkinabe Blaise Compaoré, chassé sous la pression de la rue après 27 ans de pouvoir, a-t-on appris auprès de journalistes.

« Le jour même de la démission du président Blaise Compaoré on a mis à la une du journal ce cas, mais le directeur de la radio a demandé de ne pas en parler », a déclaré à l’AFP sous couvert d’anonymat un journaliste de la Radiotélévision de Guinée équatoriale (RTVGE). « Le directeur m’a dit que les ministres ont demandé de ne pas diffuser » d’informations sur la crise au Burkina Faso, a-t-il ajouté. Les autorités de Malabo avaient déjà bloqué la diffusion dans les médias d’État d’informations sur le printemps arabe ou la crise ivoirienne. « Nous ne faisons pas de l’ingérence dans les affaires intérieures d’un autre État », avait alors justifié Malabo.

« Les médias d’État sont au service exclusif du gouvernement, il faut libérer les médias d’État », a réagi cette fin de semaine Andres Esono Ondo, secrétaire général du principal parti d’opposition équato-guinéen, la Convergence pour la démocratie sociale (CPDS). Le 22 octobre, le président Obiang a accordé une « amnistie générale » aux opposants en exil en vue de la tenue d’un nouveau « dialogue national », le cinquième du genre organisé par le pouvoir.

Les travaux ont officiellement débuté cette fin de semaine, mais sept partis d’opposition, dont la CPDS, ont refusé d’y participer, exigeant notamment la libération préalable de « tous les prisonniers politiques ». Le gouvernement a qualifié cette position de « geste prémédité ». Arrivé au pouvoir par un coup d’État en 1979, Teodoro Obiang Nguema, 72 ans, qui dirige la Guinée équatoriale d’une main de fer, a été réélu en 2009 avec 95,37% des voix.

Son régime est régulièrement dénoncé par les organisations de défense des droits de l’Homme pour sa violente répression à l’encontre des opposants politiques, des organisations indépendantes de la société civile et des médias, ainsi que pour l’ampleur de la corruption dans le pays.

Troisième producteur de pétrole subsaharien, la Guinée équatoriale est considérée par l’ONG Transparency international comme l’un des pays les plus corrompus au monde, classé au 163e rang sur 175.

Source : http://www.journaldemontreal.com

 
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