dimanche, 20 août 2017
 

La Présidentielle 2016 en Guinée Equatoriale : la fin de l’espoir d’une alternance démocratique.

2016, comme dans plusieurs pays africains, est une année d’élection présidentielle en Guinée Equatoriale. Pourtant un silence perdure quant à la tenue de ces élections, aucune date n’est annoncée. Malgré ce silence officiel, une campagne gouvernementale parallèle vient de s’achever avec une tournée nationale du président. Même si le message principal était d’alerter le peuple du risque des ennemis de la patrie (opposition en exil appuyée par l’Occident, plus précisément la CORED appuyée par la France), le discours de Malabo a révélé la position d’Obiang, qui après avoir accusé ouvertement l’Occident d’être responsable du terrorisme, notamment dans la sous-région, a dénoncé le multipartisme qu’on lui aurait imposé dans le seul but de créer les divisions dans le pays . Pour la CORED, voilà une réponse claire d’Obiang qui ne permettra pas une alternance démocratique en Guinée Equatoriale. Ce discours clôt le processus qu’il avait lui-même baptisé « d’essai démocratique » après les accords de Baule. Mais ces déclarations ne sont pas anodines car elles sont liées aux pressions de l’opposition, notamment celles de la CORED depuis sa création.

En effet, à l’approche de la présidentielle 2016, la CORED exigeant la démission d’Obiang et la création d’un gouvernement de transition, a refusé de participer au simulacre de dialogue national convoqué par Obiang avec une loi d’amnistie sans effet. La CORED a surpris Obiang en annonçant sa participation aux élections, se transformant en parti politique au Congrès de Madrid et désignant Raimundo Ela Nsang Secrétaire Général candidat à l’élection présidentielle. Le document appelé « Déclaration de Madrid » faisant état des conditions de la participation de la CORED aux élections a été envoyé à Obiang. Le président Obiang, avant d’annoncer la date des élections et d’exclure la CORED, qui réclamait la tenue d’élections libres et transparentes sous tutelle de la communauté internationale, a décidé d’en finir avec l’espoir d’une alternance démocratique en appelant l’opposition dite légale à former une grande coalition autour de son parti, le PDGE, vers un retour au Parti unique. Par ces déclarations et actions, nous voyons clairement se mettre en œuvre une stratégie d’ensemble où Obiang est seulement préoccupé de sa propre succession, soit :

1. S’appuyer sur l’opposition dite légale, notamment le CPDS qui a formé une coalition avec d’autres partis, la FOD (Front d’Opposition Démocratique), prêt à aller aux élections pour légitimer encore le régime.

2. Donner les moyens économiques à la fausse CORED, désormais avec un bureau permanent à Paris, pour entretenir la confusion avec notre parti, en définitif une structure de la dictature d’Obiang jouant le rôle d’opposition en exil.

3. Sur le plan international, Obiang suit la dérive autoritaire de son oncle, Francisco Macias Nguema, qui avait rompu les relations avec l’Occident en déclarant le parti unique. Après ces déclarations, les actes d’Obiang annoncent clairement une rupture avec l’Occident, sollicitant une protection militaire de la Corée du Nord et de la Russie. En effet, Obiang vient d’attribuer un contrat de 3 milliards de dollars à la Corée du Nord pour sa sécurité personnelle . Autre signe explicite, il a donné l’autorisation à la marine de guerre Russe de faire escale en Guinée Equatoriale, cela consécutivement à une visite officielle à l’ambassade des USA en Guinée Equatoriale où il déclara, alors, que celle-ci constituait la garantie de sa protection .

De plus, une crise économique frappe de plein fouet la Guinée Equatoriale, où apparait une gestion désastreuse des années passées sans aucune diversification de l’économie, le président Obiang tentant vainement de trouver des investisseurs pour relancer l’économie. Au regard de l’Histoire, Allons-nous laisser cette situation se dégrader avec comme seul recours une éventuelle réponse populaire violente et spontanée ? Ou faire pression sur le régime Obiang afin qu’une véritable transition démocratique intervienne avant que ce pays ne s’enfonce une fois de plus dans la misère et le chaos ?

Paris, 3 août 2015

Rimundo Ela Nsang

Secrétaire Général de la CORED

Tel : 0621815281

www.coredge.org

www.raimundoela.com

 
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