lundi, 20 novembre 2017
 

Ouganda : Acharnement policier contre le défenseur des droits humains Justus Orishaba Bagamuhunda

Le 27 juillet 2015, le défenseur des droits humains M. Justus Orishaba Bagamuhunda s’est présenté pour la 5e fois au poste de police de Kabale, après avoir reçu une convocation le 9 juillet 2015 pour une violation présumée de la loi sur le travail. Il avait déjà été convoqué au poste de police les 10, 13, 16 et 20 juillet 2015, et il doit s’y rendre de nouveau le 3 août 2015.

M. Justus Orishaba Bagamuhunda est directeur exécutif de la National Foundation for Democracy and Human Rights in Uganda (NAFODU) (Fondation nationale pour la démocratie et les droits humains en Ouganda), une organisation de défense des droits humains basée à Kabale, dans l’ouest de l’Ouganda, plus connue pour ses programmes en faveur de la démocratie et de la bonne gouvernance. Il dirige aussi Freedom Radio 94.7 FM, une station radio communautaire gérée par NAFODU dans le but de promouvoir la paix, la bonne gouvernance et le partage de l’information sur les problèmes liés au développement en Ouganda.

Le 9 juillet 2015, la police de Kabale a convoqué Justus Orishaba Bagamuhunda, car il serait accusé d’avoir retenu le salaire de l’un de ses employés. Cette convocation demandait au défenseur de se présenter devant un enquêteur de la police criminelle dès le lendemain. Le 10 juillet 2015, Justus Orishaba Bagamuhunda s’est présenté au poste de police où on lui a montré une lettre du procureur demandant à la police de l’arrêter pour avoir désobéi à un fonctionnaire du district en charge du travail.

Après avoir été retenu par la police pendant près de quatre heures, le défenseur a été libéré à condition qu’il se tienne à disposition de la police. Il a dû retourner dans le même commissariat les 13, 16, 20 et 27 juillet et doit s’y rendre de nouveau le 3 août 2015. Cependant, il n’a pas encore été officiellement accusé. Les charges qui pèsent contre lui sont de nature civile, et par conséquent, il ne devrait pas faire l’objet d’une enquête criminelle.

Au début de l’année, Justus Orishaba Bagamuhunda a été pris pour cible à cause de son plaidoyer sur Freedom Radio 94.7 FM. Un fonctionnaire du district a contacté le défenseur des droits humains pour l’exhorter à annuler le programme "Uganda Today", insinuant que l’émission soutenait l’opposition politique ougandaise. Le 17 juillet un auditeur du même programme a appelé pour dire que les autorités locales avaient donné l’ordre aux auditeurs de ne pas participer à l’émission.

Front Line Defenders est profondément préoccupée par l’acharnement policier ou autre infligé au défenseur des droits humains Justus Orishaba Bagamuhunda, car il semble que cela représente une nouvelle tentative visant à réduire au silence les défenseur-ses des droits humains ougandais et à les pousser à mettre un terme à leur travail légitime pour la promotion des droits humains.

Front Line Defenders exhorte les autorités ougandaises à :

1. Libérer immédiatement et sans condition Justus Orishaba Bagamuhunda, car il semble qu’il soit pris pour cible uniquement à cause de son travail légitime et pacifique en faveur des droits humains.

2. Prendre des mesures pour garantir le respect de la liberté d’expression et d’opinion, conformément aux normes internationales, et garantir que les défenseur-ses des droits humains, y compris les personnes qui travaillent à la radio de façon légitime pour la défense des droits, puissent poursuivre leurs activités.

3. Garantir qu’en toutes circonstances, tous-tes les défenseur-ses des droits humains en Ouganda, puissent mener à bien leurs actions légitimes en faveur des droits humains, sans craindre ni restrictions ni représailles.

Source : https://www.frontlinedefenders.org/

 
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