jeudi, 17 août 2017
 

Nous voulons la vérité sur le rôle de l’Etat français lors du génocide au Rwanda.

23 ans après, c’est un passé qui ne passe toujours pas.

De nouvelles informations viennent s’ajouter à d’autres, éclairant le rôle incroyable des autorités françaises en soutien au régime et aux forces armées qui ont réalisé le génocide des tutsis du Rwanda entre avril et juillet 1994.

C’est d’abord la plainte déposée par le « Collectif des parties civiles pour le Rwanda » mettant en cause la grande banque française, BNP Paribas, pour « complicité de génocide, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre », pour son implication présumée dans le financement, en juin 1994, de ventes d’armes aux génocidaires rwandais.

Ce sont ensuite les révélations du journaliste Patrick de Saint-Exupery, de la revue « XXI » :

En 2014, l’Elysée avait annoncé l’ouverture prochaine des archives sur le Rwanda, et deux hauts fonctionnaires habilités au secret furent chargés de trier les documents couvrant la période 1990/1994.

Quelques documents de moindre importance sont déclassifiés. Puis l’Elysée refermera les archives. Un des fonctionnaires concerné confiera avoir découvert dans les cartons des éléments tangibles établissant qu’au cours de l’opération Turquoise, après que l’ONU ait reconnu qu’un génocide était en cours et voté un embargo sur les armes, ordre avait été donné aux militaires français de réarmer les extrémistes du régime responsable du génocide et qui se réfugiaient au Zaïre, et que cet ordre, contesté par certains militaires, a été confirmé par une notre du secrétaire général de l’Elysée de l’époque, Hubert Vedrine.

La vérité sur les responsabilités politiques de ceux qui étaient au pouvoir en France à cette époque doit être établie. Pour que la mémoire des victimes ne soit pas niée une nouvelle fois. Pour que l’histoire ne se répète pas, « plus jamais ça », et que cessent les politiques aveugles et sourdes d’un état Français en Afrique qui ont conduit à cautionner l’innommable.

La nouvelle assemblée élue doit se saisir de la question :

– En exigeant l’ouverture complète des archives qui ont été si vite refermées, sur la politique française au Rwanda de 1990 à 1994 – En mettant en place une véritable commission d’enquête parlementaire, allant au-delà de la « Mission d’information parlementaire » de 1998, et allant jusqu’au bout pour établir les responsabilités. Les crimes de génocide sont imprescriptibles, les complicités avec ces actes le sont aussi.

Le 5 juillet 2017.

 
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