jeudi, 15 novembre 2018
 

Rwanda : un nouveau code pénal répressif pour les journalistes

Alors que le Rwanda pourrait prendre la tête de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) à l’occasion du sommet de l’institution qui se tiendra les 11 et 12 octobre, Reporters sans frontières (RSF) dénonce l’adoption d’un nouveau code pénal qui maintient de très lourdes de peines pour les journalistes.

Caricaturer le président peut toujours conduire les journalistes rwandais en prison. Le nouveau code pénal adopté le 27 septembre dernier reste extrêmement répressif. L’outrage d’un parlementaire ou d’un agent de la fonction publique par la parole, l’écrit ou la caricature est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à deux ans de prison et 490 euros d’amende. La peine est même doublée lorsque les faits concernent les “hautes autorités du pays”.

Le nouveau texte supprime la diffamation envers les particuliers mais crée des délits d’injure et de diffamation envers le président assortis de peines allant de cinq à sept ans de prison et d’un maximum de 6 860 euros d’amende.

L’article 156 fait également peser une épée de Damoclès sur la production de reportages audiovisuels en considérant que tout montage de photos ou d’images qui ne sera pas précisé comme tel constituera une infraction passible d’une peine maximum d’un an de prison.

“La persistance d’un très grand nombre de délits de presse dans le code pénal rwandais témoigne de la volonté du régime de maintenir son système de prédation à l’égard des journalistes, estime Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF. Tant que le Rwanda conservera un cadre légal extrêmement répressif à l’encontre des reporters et considérera la production d’une information libre et indépendante comme un délit passible de lourdes de peines de prison, le pays restera inaudible sur le terrain des droits de l’homme en général et de la liberté de la presse en particulier.”

Soutenue par la France et l’Union africaine, la ministre des Affaires étrangères du Rwanda, Louise Mushikiwabo, fait figure de favorite pour prendre la tête de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) face à la secrétaire générale sortante, la canadienne Michaëlle Jean, à l’issue du sommet d’Erevan qui aura lieu jeudi et vendredi. En juillet, RSF s’était inquiétée de cette candidature issue d’un régime qui “piétine le droit à l’information et réprime les journalistes”, rappelant que depuis 1996, huit reporters ont été tués ou sont portés disparus au Rwanda et que 35 ont été contraints à l’exil.

Chaque année, l’OIF décerne le Prix francophone de l’innovation dans les médias avec RSF et RFI.

En 2018, le Rwanda (156e) occupe toujours les bas fonds du Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF.

 
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