mardi, 24 octobre 2017
 

Inadmissibles résultats d’un putsch électoral au Tchad : inévitable crise politique !

Après 26 ans à la tête du Tchad, Idriss Deby s’est fait relire sans surprise, jeudi, avec un score de 61,56%, qu’il s’est attribué en modifiant les résultats issus des urnes qui reflètent la volonté populaire.

La nuit du jeudi au vendredi, a été longue au Tchad pour de nombreux citoyens à l’annonce des résultats électoraux de l’élection présidentielle du 10 avril dernier, qui consacrent, la victoire dès le 1er tour avec un score de 61,56% d’Idriss Deby pour un 5ème mandat.

Putschiste avéré, Idriss Deby n’a pas dérogé à la règle, à laquelle, il a habitué le peuple tchadien depuis 26 ans d’exercice à la tête du pouvoir. Il n’est pas prêt à accepter sa défaite électorale, ce qui explique ce huld-up électoral massif qui lui éviterait, un second tour dont l’issue est incertaine. A l’annonce des résultats, plusieurs coups de canon et des mitrailleuses ont été tirés en l’air à Ndjaména, pour célébrer la prétendue victoire de ce putsch électoral. Une jeune fille a été blessée par une balle perdue.

Crise politique et conflit armé en vue

Cette réélection est d’ores et déjà source de conflit politique et armé dans le pays. En effet, selon un officier de l’armée tchadienne qui a joint makaila.fr « Idriss Deby a déclaré la guerre à son peuple », mais, « tout se jouera dans quelques jours inchallah », a-t-il ajouté.

Le front social reste toujours mobilisé. Un membre du mouvement citoyen soutient pour sa part. « Qu’ils nous arrêtent tous, on va lui pourrir l’atmosphère au Tchad ».

L’opposition démocratique est prête à former, elle aussi, un gouvernement de salut public ce qui annonce une crise post-électorale d’envergure. « Nous sommes clairs dans notre dernier communiqué de presse, nous n’acceptons pas aucun résultat qui ne correspond pas à la volonté du peuple tchadien qui a déjà fait son choix en élisant le 10 avril », déclare le chef de file de l’opposition avec un ton ferme. Il a été crédité de 12,80%.

Pour les mouvements d’opposition armée, seule l’option militaire délogera Idriss Deby du palais rose. Ils se mobilisent depuis la frontière libyenne pour affronter le régime de Ndjaména dans les prochains jours. « Nous ne pouvons rester encore 5 ans dans la brousse et voir Idriss Deby, diriger le Tchad dans l’impunité totale. » souligne l’un, d’entre eux, depuis une ville libyenne. Vraisemblablement, tout laisse présager une crise politique majeure dans le paysage politique tchadien à divers niveaux.

Le Tchad, est dorénavant, un pays à surveiller de près.

Source : http://www.makaila.fr

 
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