samedi, 25 novembre 2017
 

Lycéens dispersés lors d’une manifestation à N’Djamena

La police a dispersé des lycéens qui voulaient manifester jeudi dans la capitale tchadienne contre la mort d’un des leurs, tué par balle pendant une marche de protestation après le viol d’une jeune fille.

« Nous avons voulu témoigner notre soutien à notre collègue abattu par la police lors de la manifestation ‘justice pour Zouhoura’ (lundi) et la police s’est permis de venir dans l’enceinte de nos établissements pour nous pourchasser », a déclaré à l’AFP un élève du lycée Félix-Eboué. La police a fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les élèves.

Plusieurs centaines de jeunes Tchadiens avaient manifesté lundi à N’Djamena contre le viol d’une jeune fille, Zouhoura, avant d’être violemment dispersés par la police anti-émeute. L’un des protestataires, Abbachou Hassan Ousmane, 17 ans, avait été tué par balle par la police pendant la dispersion.

Les cinq violeurs présumés, dont trois enfants de généraux, ont été arrêtés, a indiqué mardi le procureur général tchadien, Louapambe Mahouli Bruno, ainsi que quatre complices présumés, dont un fils du ministre des Affaires étrangères, Moussa Faki Mahamat.

Candidat déclaré à la présidentielle du 10 avril, le père de la jeune fille a annoncé qu’il avait porté plainte.

Après le viol, les agresseurs avaient mis en ligne une vidéo – retirée depuis – sur les réseaux sociaux montrant la victime nue et en larmes.

« Il s’agit pourtant d’une marche pacifique que nous voulions organiser, nous ne comprenons pas la réaction de la police », a ajouté un élève du Lycée technique commercial.

Les élèves de deux lycées de Mao (nord-ouest), d’où était originaire le lycéen tué, ont également manifesté dans le calme, a indiqué à l’AFP un habitant, joint au téléphone.

Toutes les boutiques du grand marché de N’Djamena sont restées fermées jusqu’en début d’après-midi.

« En solidarité avec les parents du défunt, nous avons voulu apporter notre soutien en observant une journée de grève », a expliqué Issa Moussa, vendeur au marché central.

Le ministre de la Sécurité et de l’Immigration, Ahmat Mahamat Bachir a accusé jeudi les élèves qui tentaient de manifester d’être « instrumentalisés ».

« Les élèves n’ont aucune raison de semer le désordre. Ils sont instrumentalisés par des groupes de politicards qui jettent les enfants dans la rue et, eux, ils se cachent », a-t-il accusé lors d’un point-presse.

Il a annoncé l’interdiction de tout nouveau rassemblement « sans autorisation préalable du ministre de la Sécurité ». « Le festival du désordre est terminé », a-t-il lancé.

Source : VOA

 
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