mardi, 21 août 2018
 

TCHAD : La France soutient la guerre.

Un peu plus d’un an après l’offensive d’une coalition des rebelles jusqu’au coeur de la capitale tchadienne, repoussée in extrémis grâce au soutien militaire français, une nouvelle Union des Forces de Résistance (UFR) dirigée par Timan Erdimi, neveu et ancien proche de Déby, a lancé une nouvelle offensive contre le régime tchadien. Les combats qui se sont déroulés à l’est du pays se sont soldés par une nouvelle défaite de la rébellion. A nouveau, les forces tchadiennes ont bénéficié du soutien logistique, sanitaire et du renseignement aérien de l’armée française, même si cette dernière n’a pas eu besoin d’intervenir directement, cette fois. A nouveau, le conflit a confirmé l’utilisation massive, par les deux camps, de combattants mineurs, souvent recrutés de force dans les camps de déplacés ou de réfugiés. Cette situation illustre aussi l’échec total de la force européenne Eufor, déployée à l’initiative de la France, au regard de ses objectifs affichés de pacification, visant à permettre le retour des déplacés. La collaboration internationale avec le régime tchadien, exigée par la mise en place de l’Eufor, a en revanche profité à ce dernier, qui a pu continuer à dilapider les ressources pétrolières dans une course aux armements (notamment français) sans crainte d’être stigmatisé ou soumis à des pressions pour accepter une ouverture politique. La présence de l’Eufor a également rejeté à l’arrière-plan la forte présence militaire française, comme le soutien français à une logique de guerre et de répression sanguinaire de l’opposition civile. En l’absence d’un volet politique de soutien aux revendications des forces démocratiques tchadiennes, le remplacement de l’Eufor par la force onusienne Minurcat II ne constitue qu’une nouvelle impasse annoncée, et une nouvelle caution fournie à la présence militaire française qui lui sert officiellement de support logistique. Le cycle « élections truquées-rebellions armées-répression politique » n’est donc pas près de se refermer.

Robin Guébois

 
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