samedi, 21 octobre 2017
 

Tchad : le silence de la communauté internationale relevé et condamné par le FONAC

Le soir du 21 avril 2016, le peuple Tchadien a été témoin du coup d’Etat électoral perpétré par Idriss Dey Itno. En effet, immédiatement après la proclamation des résultats de l’élection présidentielle, les éléments des forces de défense et de sécurité, déployés, sur l’ensemble du territoire national, se sont mis à tirer, pendant toute la nuit, avec des armes de tout calibre pour intimider les éventuelles contestations du résultat qui vient d’être annoncé. Le lendemain, à N’Djaména, la population a eu la mauvaise surprise de constater que toutes les places et les carrefours sont investies par des militaires lourdement armés. La couleuvre du coup d’Etat électoral a été avalée et Idriss Deby Itno a réussi son coup d’Etat électoral. Le Comité technique de compilation de résultats de l’élection présidentielle, mis en place par l’opposition, donnait Idriss Deby Itno éliminé dès le 1er tour parce qu’il arrivait en 4ème position avec à peine 10% des suffrages exprimés. Aussi donc pour nous au FONAC,Idriss Deby Itno est un putschiste électoral, un président illégal et illégitime. On l’a dit et on le répètera autant de fois tant qu’il restera au pouvoir.

Comme un malheur n’arrive jamais seul, le peuple Tchadien a eu le malheur de constater que Idriss Deby Itno a mis le pays en banqueroute totale. Pourtant en sillonnant le pays, pendant la campagne électorale, il a promis mont et merveille aux tchadiens !

Pendant leur long et pénible règne, Idriss Deby Itno et le MPS ont bâti un système de gestion patrimoniale. Ce système est basé essentiellement sur la corruption, la concussion et le détournement massif des fonds publics. Aujourd’hui le Tchad est en banqueroute totale, le trésor public est désespérément vide et le gouvernement n’a plus de solutions à proposer au peuple tchadien. En un mot le régime MPS a montré à qui veut le voir ses limites sur tous les plans.

Pendant leur long et pénible règne, Idriss Deby Itno et le MPS ont gouverné par la violence, les enlèvements et les assassinats, les menaces et la corruption. La science politique dit qu’on ne gouverne pas contre un peuple mais c’est malheureusement ce que font Idriss Deby Itno et les siens. La concertation, la négociation ne font pas partie de leur arsenal de gouvernance. Les acteurs politiques et la société civile reçoivent quotidiennement leur lot de mépris de diabolisation et de menaces, etc. Pour l’observateur attentif de la vie politique tchadienne, il n’est pas difficile de constater que le pouvoir est en train d’instaurer toutes les pratiques criminelles dignes des régimes dictatoriaux, hors classe, à savoir l’interdiction de toutes les activités des partis politiques reconnues par les lois de la République, telles que les manifestations, les meetings, les marches pacifiques et autres. En fait, on peut aisément deviner que Idriss Deby Itno et le MPS veulent instaurer un régime dictatorial. Et le bras armé de cette basse besogne est l’Agence Nationale de Sécurité (ANS).

En effet depuis un certain, l’ANS est en train de monter en puissance, à l’image de la Securitate de Nicolae Ceausescu et Tontons macoutes des Duvalier. L’ANS enlève, séquestre et torture les citoyens Tchadiens comme bon lui semble et naturellement en violation des toutes les lois de la République et avec l’approbation totale et inconditionnelle de Idriss Deby Itno. L’ANS a usurpé les fonctions de la police et de la gendarmerie. Elle a mis sous sa dévotion les autorités administratives et traditionnelles. Ces derniers temps, elle a placé sous sa ligne de mire les journalistes honnêtes et intègres qui sont souvent espionnés par leurs propres collègues. On se demande, pourquoi la police et la gendarmerie acceptent ils docilement que l’ANS les dépouille de toutes leurs prérogatives statutaires et légales ? Pourquoi les Tchadiens obéissent ils aux ordres illégaux de l’ANS qui agit sans mandat ? Ses éléments, recrutés très souvent dans une seule communauté, circulent en ville enturbannés dans des voitures non immatriculées et vitres fumées. Ils kidnappent les paisibles citoyens sans la moindre réaction du pouvoir. Ils arrêtent les Chefs des Partis politiques, les Responsables de le Société Civile, les étudiants, les journalistes qu’ils transmettent à la justice qui les envoie en prison.

Pendant son long et pénible règne, Idriss Deby Itno s’est senti comme un Demi Dieu. Pourtant pour la majorité des Tchadiens qui pratique des réligions monothéistes, il n’y a qu’un Dieu. Sinon comment comprendre que Idriss Deby Itno, tout seul dans son coin, décide unilatéralement de proroger la durée de la législature. Pourtant il sait parfaitement qu’aucune disposition de la constitution ne lui confère une telle prérogative. Pourtant, il a juré, plusieurs fois, de respecter et faire respecter et défendre la Constitution et les lois. Pourquoi se taisent pudiquement tous ceux qui sont chargés de veiller sur le respect des lois au Tchad ? Comme à l’époque du parti unique dont il rêve ardemment, Idriss Deby Itno, viole allègrement les lois et le droit, dilapide les ressources financières du pays. Est-il besoin de rappeler que la législature actuelle a été déjà prorogé pour deux ans par les membres du CNDP. L’échéance de la prorogation de l’Assemblée Nationale arrive à terme le 21 juin 2017. Passée cette date, l’Assemblée Nationale n’aura aucune légalité ni légitimité. Après cette date, il va sans dire que les lois, traités et accords internationaux votés par l’Assemblée Nationale n’auront aucune valeur juridique. Nous attirons, sur ce fait, l’attention des partenaires du Tchad qui signent des traités et accords internationaux ratifiés par cette Assemblée Nationale.

A la veille de l’élection présidentielle, on a entendu Idriss Deby Itno déclarer qu’il voudrait changer la constitution en limitant les mandats présidentiels à deux et en instaurant le fédéralisme. Aussitôt dit aussitôt fait. Un Comité dit de Réformes Institutionnelles composé uniquement des courtisans du pouvoir a été mis en place et le rapport doit être déposé avant le 2ème semestre de l’année. Nous voudrions rappeler que l’actuelle Constitution est l’œuvre consensuelle de la Conférence Nationale Souveraine de 1993 et que Deby n’a pas cessé de la violer et la détricoter tant il s’y sentait à l’étroit. Cette Constitution prévoit une forte décentration de l’Etat. M. Deby qui a été incapable, en 21 ans (Adoption de la Constitution en 1996), d’instaurer la décentralisation combien d’années lui faudra-t-il pour bâtir la fédération ? En faites, il s’agit tout simplement d’une fuite en avant. Ce qui intéresse Deby n’est pas tant la forme de l’Etat mais son fauteuil présidentiel. Il voudrait mourir au pouvoir et s’assurer une succession dynastique. Par l’adoption d’une nouvelle Constitution, il voudrait remettre les compteurs des mandats présidentiels à zéro et rebeloter deux nouveaux mandats gratuits. C’est le rêve le plus ardent de M. Deby qui prend les Tchadiens pour des demeurés. Le Fonac mobilisera toutes ses forces et ressources pour lutter contre l’instauration d’un pouvoir monarchique au Tchad.

Pendant le long et pénible règne de Idriss Deby Itno et du MPS, la situation sociale a toujours été en ébullition. Le pouvoir n’a jamais honoré les engagements qu’il prend. Les étudiants, les travailleurs sont ses victimes permanentes. Sinon, comment comprendre que le Premier Ministre, d’un côté recrute en catimini des parents à la Fonction publique et de l’autre prend des mesures de gel des effets financiers des avancements de fonctionnaires.

Depuis 27 ans, le pouvoir n’a jamais voulu instaurer des règles transparentes et impartiales de gestion des conflits intercommunautaires récurrents et mortels dans presque toutes les régions du pays. En principe le pouvoir doit être neutre mais hélas au Tchad il est partial. Les Commandants de brigade, les administrateurs territoriaux et les forces de défense et de sécurité ont toujours pris fait et cause pour les éleveurs contre les agriculteurs. Très souvent les agriculteurs sont massacrés et par derrière l’administration territoriale vient proposer aux victimes la « Dia » comme mode de résolution de conflits.

Le peuple Tchadien doit compter sur ses propres forces et lutter contre tous ceux qui l’oppriment. Il doit cesser de faire appel à la Communauté internationale qui a pris fait et cause pour le pouvoir MPS et son Chef Idriss Deby Itno qui est déclaré son « Fournisseur local de sécurité » et comme tel adoubé et protégé par elle. La première visite du Premier Ministre Français a été réservée au pouvoir tchadien. C’est un exemple éloquent pour ceux qui veulent comprendre

De tout ce qui précède le Front de l’Opposition Nouvelle pour l’Alternance et le Changement (FONAC) :

- Condamne la gestion calamiteuse des ressources publique, la corruption et la concussion instaurées par le pouvoir MPS en système de gouvernance ;
- Appelle ses militants et sympathisants, toute la jeunesse patriotique tchadienne et tout le peuple tchadien à se mobiliser et à lutter contre l’injustice sous toutes ses formes. L’avenir appartient à ceux qui luttent. Pleurer, gémir n’est que lâcheté, seule la lutte libère ;
- Condamne la volonté de Idriss Deby Itno d’instaurer au Tchad un régime dictatorial et monarchique et rejette d’avance les résultats des travaux du Comité de Réformes Institutionnelles ;
- Invite tous les partis politiques, tous les syndicats des travailleurs et des retraités, toutes les organisations de la jeunesse, des étudiants et scolaires, toutes les organisations de la société civile à se donner la main pour des actions synergiques ;
- Condamne avec la dernière énergie les agissements illégaux de l’ANS et demande au peuple tchadien à résister héroïquement aux actes arbitraires de cette dernière ;
- Exige la tenue immédiate des élections législatives et invite le peuple Tchadien et les partenaires internationaux de ne pas reconnaitre les actes de cette Assemblée Nationale désormais illégale et illégitime ;
- Condamne avec la dernière énergie les massacres en série de la population tchadienne par les forces dites de défense et de sécurité et exige l’arrestation immédiate des auteurs de ces crimes abominables ;
- Apporte son soutien sans faille aux organisations syndicales et aux étudiants dans leur lutte juste et légitime et exige la libération immédiate et inconditionnelle des étudiants arbitrairement arrêtés et de tous les prisonniers politiques qui croupissent dans les geôles du pouvoir ;
- Regrette le silence complice de la Communauté internationale solidaire de ce régime illégal et illégitime qui opprime dans le sang son propre peuple.
- Demande au peuple Tchadien d’apprendre à compter sur ses propres forces et de cesser de demander l’aide de la Communauté Internationale qui a clairement choisi son camp.

Fait à N’Djaména, le 09 mars 2017

Pour le Front de l’Opposition Nouvelle pour l’Alternance et le Changement FONAC

Le coordinateur

Mahamat-Ahmad ALhabo

 
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