jeudi, 17 janvier 2019
 

Bruxelles : L’opposition djiboutienne réunie en masse conteste la venue du Président Guelleh

BRUXELLES - Au moins quatre cents personnes ont manifesté lundi le 16 septembre à Bruxelles contre le président de Djibouti Ismaël Omar Guelleh en visite dans la capitale belge pour une conférence sur la Somalie . Elles sont venues de plusieurs régions de la Belgique , ainsi que de la France et de la Grande Bretagne, parmi lesquelles on remarquait plusieurs dirigeants du FRUD et de l’USN et des personnalités de la société civile.

Le rassemblement était organisé par les 2 principales forces de l’ opposition djiboutienne, l’Union pour le salut national (USN) et le Front pour la Restauration de l’Unité et la Démocratie (FRUD) et soutenu par des associations de la diaspora. Les manifestants ont dénoncé la situation catastrophique qui prévaut dans le pays : une majorité de la population accablée par la faim, des régions entières laissées à l’abandon, interdites aux ONG, où la soif est omniprésente, les violations des droits humains commises en toute impunité depuis 36 ans sous le regard des soldats occidentaux.

Le représentant du FRUD a estimé que c’était une mauvaise plaisanterie que de faire participer le président djiboutien au règlement de la crise de la Somalie, ce pays meurtri, alors qu’il est incapable de résoudre la crise de son pays de 23 000 km2, qui dure depuis 1991.

Depuis février 2013, le regime fait face à une contestation massive d’abord au niveau des urnes et ensuite dans la rue de la part de la population qui n’en peut plus de cette dictature et placé sous l’épée de Damoclès des combattants du FRUD. "L’USN avait gagné les élections", a affirmé le représentant qui a parlé au nom de cette coalition. "Depuis lors, les manifestations du peuple sont sévèrement réprimées », a-t-il ajouté.

Abdi Osman dit Indhabour, vice président de la Ligue Djiboutienne des droits humains (LDDH), plusieurs fois arrêtés et torturés, venu de Djibouti pour assister à une conférence des droits de l’homme, a dénoncé les exécutions extra judiciaires (Hafez Ahmed, Sahal Ali, et plusieurs autres et Mohamoud Elmy Rayalé assassiné en prison), les tortures systématiques infligés aux personnes arrêtées. Il a lancé un appel pour la libération des prisonniers politiques : les dirigeants du MODEL (USN) Abdourahman Bachir, Abdourahman God et Guireh Meidal, des cadres et militants politiques et de Mohamed Ahmed dit Jabha (emprisonné depuis mai 2010). Le président Guelleh a refusé de libérer les prisonniers politiques malgré les recommandations du parlement européen du 7 août, des chancelleries occidentales, et les demandes répétées des forces de l’opposition et des organisations des droits humains, mettant ainsi fin à un début de dialogue amorcé avec l’opposition.

Les observateurs et surtout certains milieux des États militairement présents à Djibouti craignent fortement que la fuite en avant de ce régime qui continue depuis des années ne mène ce petit pays à une situation semblable à celle de la Somalie ou de la Centrafrique.

Les manifestants ont demandé aussi la libération de Mohamed Saleh Alhoumekani, opposant djiboutien, témoin important dans l’affaire de l’assassinat du juge français Bernard Borrel en 1995 à Djibouti, qui est emprisonné à Sanaa au Yémen et risque d’être extradé vers Djibouti.

Ils ont scandé des slogans favorables à l’unité de l’opposition et en particulier entre l’USN et le FRUD

(Alwihda Info) Rédigé par Djamil Ahmat

 
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