samedi, 19 janvier 2019
 

COORDINATION NATIONALE POUR LA DEMOCRATIE A DJIBOUTI

Les forces et personnalités politiques djiboutiennes signataires du présent communiqué de presse ainsi que les personnalités et organisations qui se reconnaissent en elles, sont conscientes de leurs responsabilités vis-à-vis du peuple djiboutien. Elles mesurent la gravité de la situation à Djibouti qui est susceptible d’entraîner une explosion sociale et une intensification de la guerre civile. Elles sont profondément préoccupées par la misère morale et matérielle que vit le peuple djiboutien. Elles considèrent le refus délibéré du régime de respecter ses engagements, notamment les accords de paix qu’il a signés, mais aussi les dispositions à visée démocratique de la Constitution du 15 septembre 1992. Elles prennent en compte l’appel en date du 26 septembre 2009 des partis légalisés d’opposition coalisés au sein de l’Union pour l’alternance démocratique (UAD), appel pour, entre autres choses, un véritable multipartisme intégral, une véritable décentralisation, une justice indépendante, une Commission électorale nationale réellement indépendante, le respect des libertés fondamentales (syndicale, d’expression, de presse, etc.) et des droits de l’Homme.

Elles condamnent fermement la politique du pouvoir répressif, anti-démocratique, anti-social et anti-économique de Monsieur Ismaël Omar Guelleh. Elles condamnent la modification de la Constitution en date du 19 avril 2010 par Monsieur Ismaël Omar Guelleh pour s’arroger un troisième mandat présidentiel le 8 avril 2011 et s’ouvrir la voie à une présidence à vie.

Les personnalités et forces démocratiques signataires sont convaincues que seule l’unité de l’opposition sur des bases claires et inclusives peut enclencher une dynamique populaire de nature à entraîner des changements fondamentaux répondant aux aspirations de notre peuple. Elles sont convaincues que la démocratie est l’unique voie permettant au peuple djiboutien de sortir du calvaire et de s’engager sur le chemin de la concorde nationale et du progrès socio-économique.

Aussi ont-elles décidé de renforcer l’unité de l’opposition, de coordonner leurs efforts et d’intensifier les luttes pour le changement démocratique. Pour unifier leurs discours politiques, se concerter dans la réflexion comme dans la décision et mieux coordonner leurs actions, elles ont convenu de la mise en place d’une Coordination nationale pour la démocratie à Djibouti (CNDD). Les personnalités politiques, qu’elles soient fondatrices ou admises ultérieurement, sont membres directs de la CNDD et chaque mouvement (fondateur ou admis ultérieurement) y est représenté par deux de ses dirigeants.

Dans le cadre de la CNDD, les personnalités et forces démocratiques fondatrices ont adopté une plateforme politique articulée autour d’un projet alternatif qui se décline en ces axes :

1- l’instauration d’un État de droit et de démocratie où la séparation des pouvoirs et le pluralisme politique soient effectifs ;

2- le respect des libertés fondamentales (d’expression, d’association et syndicale, de presse, de manifestation, etc.) et des droits de l’Homme ;

3- la mise en œuvre d’une politique économique équilibrée où secteurs public, privé et coopératif se complètent au service du développement harmonieux et durable de toutes les régions du pays ainsi que de la justice sociale ;

4- une politique étrangère guidée par :

- l’intérêt national,

- le respect mutuel,

- la coopération régionale, intercontinentale et internationale,

- la solidarité et l’amitié entre les peuples ;

5- la formation d’un gouvernement d’union nationale de transition, regroupant l’ensemble des forces politiques, associations et personnalités de la société civile favorables au changement. Ce gouvernement de transition sera chargé de mettre en œuvre les résolutions de la charte de transition élaborée par les acteurs politiques, économiques et sociaux, notamment :

- les questions afférentes aux réformes politiques, citoyennes et sécuritaires, en particulier celles instituant une véritable décentralisation et la reconstruction des zones détruites par la guerre,

- la refonte des listes électorales, la mise en place d’une véritable commission électorale nationale indépendante ainsi que l’organisation d’élections générales libres et démocratiques placées sous observation internationale.

Les organisations et personnalités signataires invitent solennellement les forces vives de la nation, qu’elles soient politiques, sociales, culturelles ou économiques, à rejoindre cette nouvelle impulsion unitaire et à contribuer à l’avènement d’une société djiboutienne démocratique, juste, fraternelle et prospère.

Fait à Paris, le 1er février 2012

Pour le FRUD, Mohamed Kadamy Youssouf

Pour le MRD Daher Ahmed Farah

Pour Mohamed Moussa Aïnaché, Figure politique nationale

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NATIONAL COORDINATION FOR DEMOCRACY IN DJIBOUTI

English version :

The Djiboutian political bodies and personalities signatories of this press release as well as the personalities and organisations who identify with them, are fully aware of their responsibility to the people of Djibouti. They measure the severity of the situation in Djibouti, which is likely to cause a social explosion and an intensification of the civil war. They are deeply concerned about the moral and material misery experienced by the people of Djibouti. They consider the regime’s deliberate refusal to meet its commitments, including the peace the agreements it signed, and also the flouting of the democratic provisions of the 15 September 1992 Constitution.

They take into account the call made on 26 September 2009 by the legalized opposition parties forming the Union for Democratic Change (UAD) coalition, a call for, among other things, a true multiparty system, effective decentralization, an independent judiciary, a truly independent National Electoral Commission, respect for fundamental freedoms (association, expression, press, etc.) and human rights.

They strongly condemn the repressive, undemocratic, anti-social and anti-economy policies of Mr Ismael Omar Guelleh. They condemn the constitutional amendment dated April 19, 2010 by Mr. Ismail Omar Guelleh to assume a third term on April 8, 2011 and pave the way for a life presidency.

The personalities and democratic forces signatories are convinced that only the unity of the opposition on a clear and inclusive basis can trigger a popular impetus which could bring about fundamental changes to meet the aspirations of our people. They are convinced that democracy is the only way to enable the people of Djibouti out of its ordeal and take the path of national reconciliation and socio-economic progress. They have thus decided to strengthen the unity of the opposition, to coordinate their efforts and intensify the struggle for democratic change. To unify their political speeches, to consult on reflection and decision and to improve the coordination of their actions, they agreed on the establishment of a National Coordination for Democracy in Djibouti (CNDD). The personalities (whether founders or admitted later) are direct members of the CNDD and every movement (whether a founder or admitted later) is represented by two of its leaders. As part of the CNDD, personalities and founding democratic forces have adopted a political platform based around an alternative project that comes in these areas :

1 - The establishment of rule of law and democracy in which the separation of powers and political pluralism are effective ;

2 - The respect of fundamental freedoms (of expression, association in trade unions, press, demonstration, etc.) and human rights ;

3 - The implementation of a balanced economic policy in which public, private and cooperative sectors complement each other in the service of the harmonious and sustainable development in all the country’s regions and social justice ;

4- A foreign policy guided by :

- The national interest,
- Mutual respect,
- Regional, intercontinental and international cooperation
- Solidarity and friendship among peoples ;

5 - The formation of a unity transition government, involving all political forces, associations and individuals from civil society for change. The transitional government will be responsible for implementing the resolutions of the transitional charter prepared by the political, economic and social players, including :

- Matters relating to political, civic and security, especially establishing an effective decentralization and reconstruction of areas destroyed by war,
- The revision of electoral rolls, the establishment of a genuinely independent national electoral commission and the organization of free and democratic general elections under international observation.

Organizations and individuals signed solemnly invite the forces of the nation, whether political, social, cultural or economic, to join this new united impulse and contribute to the emergence of a democratic, just, fraternal and prosperous Djiboutian society.

1 As UAD (Union for Democratic Change) and CNDD share common democratic objectives, MRD remains part of UAD

Paris, 1 February 2012

On behalf of the FRUD, Mohamed Kadamy Youssouf

On behalf of the MRD Daher Ahmed Farah

For Mohamed Moussa Aïnaché, National political figure

 
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