vendredi, 23 août 2019
 

DJIBOUTI : APPEL à la MOBILISATION et à L’ACTION

16 mois après s’être installé à la présidence de la République pour un 3ème mandat, malgré l’hostilité générale de la population, Ismael Omar Guelleh reste au-dessous de la barre.

Malgré le séisme provoqué par le printemps arabe qui a eu des échos à Djibouti notamment lors des manifestations sans précédentes en février 2011, le régime reste une dictature à multipartisme de façade. Les partis politiques sont paralysés, leurs cadres harcelés, leur légalité tributaire du fait de prince.

La situation politique est dans l’impasse entraînant la défection des personnalités du régime comme l’ancien ministre de l’intérieur ou l’ancien ambassadeur en France. Des chefs traditionnels lancent des cris d’alarme, tel le vizir de Tadjourah qui a appelé publiquement ses compatriotes et la communauté internationale à sauver ce pays du désastre annoncé.

L’opposition n’a eu d’autres choix jusqu’à présent que de boycotter les élections mascarades qui n’amusent même plus les chancelleries occidentales.Non seulement les listes électorales mais aussi les listes d’état civil sont toutes truquées et manipulées depuis 1977 (celles de Tadjourah et d’Obock ont été détruites pendant la guerre civile en 1992, celles de la capitale vient d’être brulées début septembre).

La situation économique est à plat, victime d’une prédation et d’une corruption institutionnalisée au profit du couple présidentiel, et au détriment du développement du pays, des acteurs économiques, des salariés et de toute la population. Nous assistons à une paupérisation de la population et à une misère sociale (3/4 de la population a besoin d’être secourue sur le plan alimentaire).

Face à cela, l’exigence pour une autre alternative grandit : la « révolution de la dignité » a atteint les rives de golfe de Tadjourah. Des manifestations massives des jeunes ont eu lieu à Tadjourah(le 1er février), à Dikhil (le 22 juillet), à Balbala (le 5 septembre), qui se sont terminées à chaque fois par de nombreuses arrestations et des brutalités policières : 70 personnes de Balbala sont toujours en prison. De dizaines de jeunes ont rejoint les rangs du FRUD depuis mi-août. L’ardeur répressive du Président ne s’est pas atténuée avec les ans, la seule carte qu’utiliseGuelleh est celle de la répression.

Arrestations quasi quotidiennes :
- des dirigeants et des cadres des partis politiques et des syndicats indépendants ;
- des défenseurs (es) des droits humains ; des civils soupçonnés de sympathie avec le FRUD. La plupart de ces personnes sont torturées.

C’est dans ce contexte que nous avons créé le 1er février 2012 la Coordination Nationale pour la Démocratie à Djibouti (CNDD), dont l’ossature est formée du FRUD et du MRD, et d’une personnalité de la société civile. La CNDD est aussi soutenue par d’autres forces politiques et des personnalités qui ne sont pas signataires. Aucune prétention à représenter toute l’opposition. Raison pour laquelle, nous lançons un appel à l’unité de toutes les forces politiques et sociales qui luttent pour le changement du régime autour d’une charte de transition.

Appel aussi à la mobilisation de toutes les couches et catégories sociales de la population djiboutienne pour mettre un terme à ce régime qui n’a que trop durer et « dégager » Guelleh.

Le FRUD s’adresse aussi à tous les peuples de la Corne d’Afrique pour qu’ils se concentrent sur les voies et moyens pour sortir cette région des crises ininterrompues auxquelles elle est confrontée depuis un demi-siècle par les dialogues.

Puisse les changements intervenus dernièrement dans la région (décès du 1er ministre éthiopien, élection du nouveau président en Somalie et les négociations annoncées entre le régime éthiopien et l’Ogaden National Liberation Front) enclencher une dynamique de paix et des résolutions pacifiques des conflits !

Pour un forum social de la Corne d’Afrique qui servira de lieu de discussion et de dialogue entre forces politiques, sociales, associatives et culturelles.

 
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