jeudi, 17 octobre 2019
 

Djibouti : Déclaration du FRUD au forum de Londres

forum de l’opposition djiboutienne organisée à l’appel de l’UAD à Londres le 20 novembre 2010

Le FRUD, crée en Août 1991, est plus que jamais porteur d’espoir de la population Djiboutienne, opposée à la dictature et hostile au 3ème mandat présidentiel que veut briguer Ismaël Omar Guelleh, suite à la violation constitutionnelle opérée en Avril 2010.

La décision de maintenir la structure politico-militaire du FRUD en mars 2002, en dépit de l’accord signé un an auparavant, est aujourd’hui saluée par l’ensemble des forces démocratiques Djiboutiennes, comme étant d’une grande lucidité politique.

Le FRUD a été un acteur décisif de tous les changements politiques qui se sont déroulés à Djibouti, même si ses objectifs restent inaboutis, essentiellement à cause de l’importance de facteurs extérieurs et des divisions et dissidences au sein de l’organisation.

Il y a comme une relation dialectique entre la montée en puissance du FRUD et la libération des espaces démocratiques à Djibouti.

Les premiers succès du FRUD qui ont failli emporter le régime, sauvé in extremis par l’interposition de l’armée française en Février 1992, ont néanmoins obligé le régime à adopter une constitution et un quadripartisme, vite vidés de leur substance.

La deuxième avancée du FRUD a permis l’instauration d’un multipartisme en septembre 2002 qui ne conservera que l’aspect administratif.

Le renforcement actuel du FRUD est un atout important pour l’ensemble de l’opposition, pour créer un rapport de force susceptible de peser pour une alternance politique crédible.

La dispersion des forces de l’opposition est aujourd’hui le seul atout du régime qui est lui-même en proie à des divisions profondes.

Le FRUD a mené d’intenses activités pour la recherche de l’unité de l’opposition sur une base solide, seule à même de porter le coup de grâce à Ismaël Omar Guelleh et son régime. Le FRUD ne pourra se contenter de la transparence d’une élection.

Ses objectifs restent et sont toujours l’égalité des citoyens, l’égalité des communautés, l’égalité des régions. Dans le cadre d’un Etat réellement national, et pour une démocratie authentique.

Les causes du conflit se sont aggravées, et la marginalisation de l’une des 2 composantes principales s’est accrue, ce qui est susceptible de générer une crise majeure au sein de la nation et de l’Etat Djiboutien.

Les organisations internationales ont dénoncé les détériorations sur le plan des droits de l’Homme et des conditions de vie de la population.

La FIDH s’est fait l’écho des violations massives des Droits Humains en ces termes :

« L’escalade de la répression à l’encontre des populations civiles opérée à Djibouti est le reflet d’un grave recul de l’espace démocratique dans ce pays. Sous prétexte de vouloir mettre un terme à la rébellion armée qui sévit dans certaines régions, en particulier dans le Nord, l’Armée nationale Djiboutienne (AND) procède à des actes de représailles à l’encontre de la population civile perçue comme soutenant directement les rebelles : une politique de la terre brûlée, des actes de torture et de mauvais traitements, des violences sexuelles, de même que des procédures illégales de refoulement de citoyens Djiboutiens vers l’Ethiopie seraient ainsi perpétrés dans la plus complète impunité par les éléments de l’armée régulière.

Ces actes de violences s’inscrivent dans le contexte plus général d’un recul de l’espace démocratique à Djibouti et d’une atteinte quotidienne portée aux libertés individuelles. Les atteintes à la liberté d’association (notamment des partis politiques de l’opposition), les entraves aux actions menées par les défenseurs des droits de l’Homme, les atteintes aux libertés syndicales ou aux libertés d’information et d’expression sont monnaie courante. »

De son côté l’UNICEF a dans un rapport de 15 juin 2010 sur la pauvreté infantile, révélé que la majorité des enfants de Djibouti vivent dans une pauvreté « abjecte », qui les expose à des menaces de mort.

Tout le monde sait, y compris les anciens comme les nouveaux observateurs étrangers, que les élections à Djibouti sont maintenues au niveau d’une mascarade.

Les démocrates africains sont fatigués de répéter comme un leitmotiv, à l’issue de chaque scrutin, que les élections ont été frauduleuses.

L’alternance des urnes étant condamnée par le système actuel,

Le FRUD appelle encore et encore à une unité des forces patriotiques sur une plateforme politique en rupture avec des pratiques de 33 ans, pour mettre hors d’état de nuire ce régime rétrograde.

Londres, le 20/11/2010

 
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