dimanche, 20 août 2017
 

Djibouti : Décret antiterroriste ou mesures répressives et liberticides

Déclaration universelle des droits de l’homme (Article 13) « Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat. »

Pacte de 1966 sur les droits civils et politiques (Article 12) « Quiconque se trouve légalement sur le territoire d’un Etat a le droit d’y circuler librement et d’y choisir librement sa résidence. » Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (Article 12) « Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat, sous réserve de se conformer aux règles édictées par la loi. »

Constitution Djiboutienne (Article 14) « Tous les citoyens de la République ont le droit de se déplacer et de se fixer librement sur toute l’étendue de la République. Ce droit ne peut être limité que par la loi. Nul ne peut être soumis à des mesures de sûreté, sauf dans les cas prévus par la loi. »

Pourtant, la liberté de circulation reconnue par la constitution djiboutienne ainsi que par les textes internationaux ratifiés par la république de Djibouti, a été mise sous tutelle depuis le 25 novembre 2015. C’est suite à un décret présidentiel signé le 25 novembre 2015 et composé de 5 articles dont l’essentiel du message était une réponse à « une situation exceptionnelle de risques terroriste pesant sur l’ensemble de la communauté internationale… », que les libertés fondamentales ont été mise en veilleuse. En effet, ce décret est utilisé par le pouvoir à tout bout de champ pour limiter la liberté de circulation des responsables politiques de l’opposition et même des simples citoyens voulant se rendre dans les districts. D’ailleurs, dans ce décret, il n’a jamais été fait mention d’interdiction ou de suspension de toute réunion ou manifestation à caractère politique ou associative.

Le summum de la violation de la liberté de circulation a été atteint lorsque les députés de l’opposition ainsi que le Haut Conseil de l’USN ont été stoppés, empêchés, intimidés voire violentés par les forces anti-émeute à l’entrée de la ville d’Ali-Sabieh le jeudi 3 décembre 2015 et le lendemain c’était autour de la ville de Dikhil que la délégation de l’USN, coalition de l’opposition a subi le même traitement, le vendredi 4 décembre 2015. Dans ces 2 villes pour empêcher la tenue des meetings de l’opposition, un impressionnant dispositif de sécurité a été déployé dans les rues pour dissuader la population. Les plus téméraires ont été dispersés par la force (gaz lacrymogènes, matraques, …). Certains militants de l’opposition ont été arrêtés voire violentés avant d’être relâchés.

Nous sommes plus que préoccupés par la confiscation des moyens et du personnel de l’Etat au service du parti-état au moment même où on réduit en silence la coalition de l’opposition par un musèlement sans précédent (interdiction de réunion publique, suspension de la liberté de circulation, …). Le rétrécissement de tout espace d’expression dans le pays serait un égarement qui risque de mettre en péril la paix sociale.

Le dernier communiqué du porte-parole du gouvernement daté du 8 décembre 2015 et diffusé sur les ondes radiotélévisées dont l’objectif principal était/est la disqualification, le discrédit voire le dénigrement, … de l’union l’opposition n’est pas de nature à instaurer un climat propice à la paix sociale. Il serait risqué pour ne pas dire dangereux de disqualifier et/ou de discréditer de cette manière ses adversaires politiques à quelques mois de l’élection présidentielle.

L’ODDH reste préoccupé par ces violations répétées des droits fondamentaux et cette mise entre parenthèses du respect des droits humains et de la démocratie.

L’ODDH est convaincu que la seule issue possible pour instaurer un Etat de droit respectueux des principes démocratiques et des droits de l’Homme est le respect des valeurs démocratiques et de la volonté populaire.

L’ODDH est convaincu que le recours à la force contribuera à la détérioration de la situation et empêchera l’organisation d’élections présidentielles crédibles, transparentes, apaisées et sécurisées en 2016.

L’ODDH interpelle la Communauté Nationale et Internationale sur la nécessite de faire respecter l’accord-cadre pour une sortie définitive d’une crise politique qui risque d’être préjudiciable à la nation toute entière.

L’ODDH appelle au pouvoir le respect de l’accord-cadre signé en mettant en place des reformes démocratiques pour poser les jalons d’un véritable Etat de droit

Agir pour la démocratie, la dignité et la justice Farah Abdillahi Miguil Président de l’ODDH

 
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