jeudi, 23 novembre 2017
 

Djibouti : Détérioration de la situation sociale dans le pays

COMMUNIQUE DE PRESSE DE L’INTERSYNCALE UDT / UGTD

La situation sociale se détériore rapidement et dans tous les domaines en République de Djibouti où les retards dans les paiements des salaires des fonctionnaires se précisent. Outre ce contexte social ; l’intersyndicale UDT / UGTD constate avec amertume que ce qui reste des libertés collectives et individuelles ne sont pas mieux lotis et chaque jour qui passe apporte son lot des frustrations à l’arbitraire du pouvoir.

La dérive en matière d’atteinte aux droits humains et syndicaux est telle aujourd’hui qu’il n’existe plus officiellement des syndicats libres, tous remplacés par des clones fabriquées par le régime. Il en est de même des partis politiques et des associations ; dont le dernier carré est en train de se faire laminer par duplication.

Les arrestations se multiplient dans les milieux syndicaux, politiques, associatifs, universitaires (étudiants en médecine), religieux et face à l’arbitraire de ce régime les lois valent ce qu’elles valent et toute possibilité de recours est inexistante.

Le régime a progressivement obstrué toutes les voies menant au dialogue en faisant la promotion d’un partenariat social virtuel, en procédant à la création depuis plus d’une décennie des clones syndicaux en lieu et place des centrales syndicales, légales et légitimes, soutenues par des travailleurs et reconnues par les organisations syndicales internationales et le BIT.

Ainsi, l’exercice des libertés syndicales se décline pour le gouvernement en une scène ou une poignée d’alibis maquillés en syndicalistes tentent d’amuser la galerie et tromper le monde. C’est une tragédie qui risque de faire prendre une tangente dangereuse à un pays confronté à toutes sortes des difficultés avec le risque inévitable cela étant de faire exploser le couvercle.

Et pour cause :

• Depuis plus d’une décennie les dirigeants syndicaux licenciés arbitrairement pour fait grève et engagement syndical suite à la grande grève générale de Septembre 1995, le demeurent toujours malgré les engagements pris par le pouvoir à cet effet devant le BIT et les organisations syndicales internationales.

Le clonage des organisations aussi bien syndicales, politiques qu’associatives est devenu une pratique courante ancrée dans les mœurs du régime et par conséquent le sponsoring des alibis syndicaux perdurent et demeurent toujours d’une actualité brulante.

Le non respect des conventions, recommandations et résolutions du BIT s’accentue davantage.

Les licenciements abusifs et arbitraires des militants syndicaux et des défenseurs des droits humains se perpétuent.

Une pauvreté galopante qui atteint des sommets et dont les victimes qui vivent sous le seuil de niveau de vie minimale acceptable, atteignent les 70% de la population.

Des nouvelles atteintes intervenues dernièrement rendent encore plus dramatiques la situation déjà très préoccupante, à savoir :
- Confiscation du siège et expropriation extrajudiciaire de l’UDT en Octobre 2011 au profit du Ministère de la jeunesse et de sport après celui de l’UGTD bien avant alloué à son clone.

- Mesures discriminatoires renforcées à l’égard des syndicalistes ou supposés meneurs et répressions tous azimuts de toutes contestations pacifiques.

- Les remises en cause et les violations arbitraires des droits de dockers spoliés de leurs indemnités versés par un employeur international privé par le biais d’une politique d’exclusions et de répressions de plus en plus croissantes.

- Les calvaires des travailleurs du CDE (Chemin de Fer Djibouto-Ethiopien) dont les salaires sont gelés depuis près d’une année et les emplois en sursis alors que les droits et salaires de leurs collègues éthiopiens ont été préservés par leur Etat.

Tout ceci sur fond d’une impasse syndicale et sociale vieille de 16 ans et un blocage dans le dialogue et les missions de bons offices entrepris par le BIT et l’OAT.

Le régime a profité de ce contexte ainsi artificiellement crée pour dupliquer les syndicats, mettre en place un code de travail marqué par un recul des libertés, emprisonner, licencier, intimider, dégrader…… bref humilier et ostraciser tous les travailleurs suspectés de menées syndicales et corporatistes.

Avec la disparition d’un réel partenariat social, c’est toutes les opportunités d’un dialogue sain et responsable qui laisse place nette à un silence méprisant.

L’intersyndicale indignée et préoccupée au plus haut point par cette situation dramatique sur le plan social notamment, appelle l’opinion nationale Djiboutienne et en particulier les travailleurs et ses organisations syndicales qui constituent les principales victimes de prédilection de ce régime, à une vigilance accrue ainsi qu’à une mobilisation soutenue pour pouvoir endiguer résolument et à temps cette dégringolade sociale qui a tout l’air d’une descente aux enfers.

Le secrétaire Générale de l’UGTD Kamil Diraneh Harred

Le Secrétaire général de l’UDT Adan Mohamed Abdou

 
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