jeudi, 17 août 2017
 

Djibouti : Une justice expéditive au service du pouvoir

Le droit à un recours effectif devant une instance judiciaire indépendante est un droit fondamental reconnu en droit international (Article 8 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, article 2.3 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, article 6 de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, …)

Suite au massacre de Buldhuquo dans la périphérie de la banlieue de Balballa, il est toujours très difficile de donner un bilan définitif sur le nombre des morts, des disparus et des blessés tant qu’il n’y aura pas une enquête indépendante. Par ailleurs, les forces de l’ordre sont toujours entrain de procéder à une vaste opération d’arrestations ciblées sur des simples citoyens, des fonctionnaires, des cadres de l’administration, ….

Le secrétaire général de l’USN et président du RADDE, Mr Abdourahman Mohamed Guelleh et sept (7) autres personnes ont été présentés au parquet de Djibouti, le jeudi 24 décembre 2015 vers 23 heures et aussitôt placés en mandat de dépôt à la prison Centrale de Gabode. Une justice en catimini à une heure tardive de la nuit. Une 1ère en république de Djibouti.

Le samedi 26 décembre 2015, quatre (4) autres djiboutiens ont été présentés au parquet de Djibouti vers 12h et c’est vers 19h qu’ils ont quitté le tribunal pour un placement en mandat de dépôt à la prison Centrale de Gabode. Il s’agit de :

- 1. Mohamed Abdi Farah, Conseiller du Ministre de l’Intérieur
- 2. Chirdon Khaireh Chirdon, haut fonctionnaire du Secrétariat d’Etat à la Jeunesse et aux Sports, Directeur des Sports,
- 3. Abdo Daher Miguil, professeur à l’Université de Djibouti,
- 4. Abdourahman Houssein, cadre au Ministère de la Santé.

Au moment où nous mettons sous presse ce communiqué nous ignorons toujours le nombre exact des personnes détenues à Gabode ou soit dans les Arrondissements et/ou dans les brigades. Par ailleurs, la dernière liste des militants et cadres de l’USN détenus au centre de Transit de Nagad est :

- Mohamed Abdallah Salim depuis le 13 décembre 2015,
- Souleiman Omar Kawalieh depuis le 14 décembre 2015,
- Hassan Osman Allaleh depuis le 15 décembre 2015,
- Omar Abdi Farah depuis le 18 décembre 2015,
- Kadar Mohamed Egueh, Guelleh Omar Arreh, Ismael Farah Guelleh, Abdoukarim Djama Guedi, Ali Robleh Omar depuis le 21 décembre 2015.

Dernière minute : arrestation d’OMAR ALI EWADO, président de la LDDH

Nous avons appris l’arrestation d’Omar Ali Ewado, président de la LDDH, ce mardi 29 décembre par la gendarmerie. Il reste toujours en détention.

L’ODDH condamne le massacre de Buldhuquo et demande au Conseil des Droits Humains des NATIONS UNIES d’envoyer une mission d’enquête internationale visant à déterminer les responsabilités.

L’ODDH dénonce les violations répétées des droits fondamentaux et la mise entre parenthèses du respect des droits humains et de la démocratie.

L’ODDH est convaincu que la seule issue possible pour instaurer un État de droit respectueux des principes démocratiques et des droits de l’Homme est le respect des valeurs démocratiques et de la volonté populaire.

L’ODDH recommande au pouvoir de se conformer aux normes internationales ratifiées par Djibouti, aux dispositions constitutionnelles relatives à la protection des citoyens, au respect des libertés fondamentales, à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, au Pacte international relatif aux droits civils et politiques ainsi qu’à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

L’ODDH demande à la communauté internationale de s’impliquer pour renouer le fil du dialogue politique non violent à Djibouti, en vue de reformes démocratiques effectives et d’élections présidentielles libres et transparentes.

Agir pour la démocratie, la dignité et la justice

Farah Abdillahi Miguil

Président de l’ODDH

 
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